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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Qu'est-ce que je fous sur internet ? 3è partie

mercredi 8 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Dans la critique de bandes dessinées donc, il y a d’une part la grande presse où dans l’ensemble, plus fort est le tirage et meilleur est le livre. On ne peut pas dire qu’il s’agisse de critique, c’est d’ailleurs pareil souvent pour le cinéma ou la télévision, mais on salue le phénomène, le chiffre d’affaires, le succès ou l’échec, commerciaux, et accessoirement on dit quelques mots sur ce que cela raconte.

D’autre part, dans les hebdo, mensuels et revues spécialisées, on dirait que tout le monde a été sommé soudain par lettre recommandée de choisir son camp.
Il y a donc ceux qui ne défendent que la bande dessinée populaire dans son contenu, même si l’aspect universel des 48 pages cartonnées à la Astérix ou à la Tintin est devenu majoritaire. Les livres ne sont jamais critiqués vraiment d’ailleurs. Simplement vaguement résumés.

Il y a d’autre part les tenants d’une « nouvelle bande dessinée » qui ne saluent que les ouvrages en noir et blanc, souples, genre « l’Association » et le plus souvent dûs d’ailleurs, à d’autres éditeurs que « l’Association », clones habiles ou dérivés paresseux, parfois initiés, ce qui complique les choses, par des dissidents de ladite « Association »

L’an dernier, une revue que j’aime bien par ailleurs, consacrée aux Beaux Arts, a fait un numéro spécial sur la bande dessinée qui réussissait, tordant l’histoire pour qu’elle rentre bien dans les clous, à aller chercher des auteurs des années 80 comme Charles Burns, des auteurs des années 90 comme Chris Ware et très peu d’auteurs surgis depuis l’an 2000 pour parler de la bande dessinée du troisième millénaire.

D’un autre côté, je n’ai pas « la » solution, c’est pour ça que je dis toujours « je » : par humilité. Quelqu’un d’autre peut avoir une autre vision du problème et donc la solution, du moins je l’espère. Il y a bien deux ou trois revues spécialisées même si leur nombre diminue sans cesse, qui parlent de toute la bande dessinée pour nous aider à faire des choix parmi des milliers de livres qui déferlent sur nous mais ils aiment des choses si contradictoires, qu’on ne peut pas les croire sur tout.

Redisons le cependant une fois pour toute :
on a le droit de tout aimer, quelque soit le genre, le format et le public visé. Ce qui compte, écrivez le cent fois pour ne pas l’oublier, c’est le résultat et la réussite à l’intérieur du carcan qu’on s’est volontairement ou involontairement imposés.

En ce qui me concerne, je sais que c’est mal vu, je prends autant de soins à feuilleter avant de les acquérir éventuellement, les ouvrages de Soleil Productions que ceux de Casterman : on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.
Maintenant pour dire presque le contraire de ce qui précède, je dirais qu’il est quand même heureux qu’il y ait une amorce de critique de bande dessinée pour aider certains à s’y retrouver un peu, lorsqu’ils vivent loin des libraires compétents, il y en a quand même beaucoup qui résistent, afin de se retrouver dans l’avalanche bariolée qui sans cesse sur nous déferle. Et à la radio, il y a quelques émissions admirables comme « Mauvais Genre » et à la télé il y parfois quelques documentaires tout à fait formidables comme un je me souviens il y a deux ans sur Moebius, qui faisait parfaitement le tour de son œuvre et auquel j’avais volontairement refusé de participer, sournois, pour voir tout ce que dirait les autres et être ainsi spectateur curieux au regard neuf et non intervenant.
Mais, la critique télé, c’est l’enfer, comme dans la grande presse en général.

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