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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Ceux qui ont la carte

jeudi 23 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Dans le jargon du cinéma, on dit qu’un metteur en scène a la carte quand il profite du triangle d’or critique formé en gros par « Le Monde », « Les Inrockuptibles » et « Les Cahiers du cinéma » auxquels on peut ajouter quelques « Technikart ».
Des metteurs en scène qui, quoiqu’ils fassent, sont toujours révérés.

L’idée en fut créée dans « Les Cahiers du cinéma » et il est vrai qu’en revoyant les premiers films de Richard Fleischer, très bien présentés, et j’en parlerais ailleurs, par Tavernier, Corneau et Nicolas Saada, je me suis dit qu’il y avait peu de choses à jeter chez le Fleischer. Ils avaient raison même si les studios leur imposaient les sujets, les metteurs en scène de Hollywood étaient bien des auteurs à la création d’auteurs qui n’en sont pas ou à peine, ou plutôt en surface surtout.

Et les successeurs aux « Cahiers du Cinéma » et dans la grande presse des « Cahiers du Cinéma » (j’ai toujours profité positif qui en dépit de son bordel et de ses véhémences a été plus fidèle même si souvent moins fulgurant dans ses choix, aux bons metteurs en scène malgré quelques erreurs : c’est normal. C’était la guerre entre les deux), les critiques qui ont succédé à cette génération sont naïfs.

C’est pareil, j’ai assisté à des tournages où le metteur en scène était totalement absent et remplacé par un autre qui n’avait pas signé.

Vous aimeriez bien savoir de quels films je parle ?

Je n’ai pas encore retrouver mes griffes et je ne vous le dirais pas aujourd’hui.

La critique paresseuse encense systématiquement certains et en ignore d’autres, ne voyant souvent pas les films jusqu’au bout :
ah ! combien j’en ai vu se lever en projection de presse au bout d’une demie heure et raconter ensuite que le film ne tenait pas la route jusqu’à la fin. Les spectateurs, eux, qui payent leur place et qui restent jusqu’au bout sont comme moi, parfois déçus par un metteur en scène qu’ils avaient adoré jusqu’alors, comme je le suis parfois par certains auteurs de bandes dessinées, par certains auteurs de romans et je vous dirais ailleurs tout le mal que je pense du dernier livre de Mo Hayder, auteur de polars que par ailleurs j’adore.

Je ne suis pas allé voir en salles le dernier David Lynch, je l’ai vu après en DVD, j’ai été content de plein de choses mais la fin qui n’en finissait pas m’a horriblement déçue.

Je ne suis pas allé voir en salles le dernier Tim Burton, je l’ai vu en DVD depuis, mais là j’ai l’impression que j’aurais pu m’en passer, totalement.

Attention, il ne faut pas non plus faire le contraire des autres systématiquement et il y a des metteurs en scène survivalistes extraordinaires que j’ai négligé un moment car j’avais l’impression qu’ils avaient fini leur oeuvre,
comme Almodovar ou Woody Allen, et qui après un ou deux films que je regarde quand même un jour ou l’autre, à la télé ou en DVD, arrivent toujours à refaire surface avec un film qui me sidère et me fait penser que décidément, ils sont toujours « là ».

Voir l’exemple des derniers Woody où il aborde des sujets nouveaux avec une sécheresse de narration et un côté béhavioriste, laissant plus d’équivoque dans ses personnages et abordant d’autres sujets : on dirait un jeune metteur en scène.

Cela me ramène d’ailleurs à avant hier, quand je vous parlais des experts Friedkin car cela dégonfle aussi quelques baudruches, nombre de grands metteurs en scène que j’aime se sont retrouvés à faire des séries télé, Walter Hill m’a refait en gros en un ou deux épisodes télé, des films qu’il m’avait déjà donnés, et Tarantino qui ne me dira peut-être plus « bonjour » s’il lit cette rubrique, a fait deux épisodes des « Experts » un peu paresseux, genre « L’Enterré vivant », charmants mais pas nécessaires.

Et si vous me dites maintenant que vous n’aimez pas « Les Experts », que vous voulez le Friedkin isolé (ce que d’ailleurs l’éditeur vous donnera sans doute), je vous dirais que vous avez tort car toute la série est excellente, surtout « Les Experts à Las Vegas » donc, mais n’empêche qu’après l’épisode de Friedkin, l’histoire et particulièrement le personnage de Gary Dourdan, a un peu de mal à retomber sur ses pieds après, car quand on atteint le ciel ou plutôt l’enfer et qu’on retourne sur terre ensuite, on est toujours déçu.

PS : Immense est mon regret d’avoir fait un peu trop tôt avec Carazet, l’émission « Destination séries » où au bout de quelques temps, nous n’avions plus grand-chose à dire, devant sans cesse à en revenir à quelques classiques et,
Pouah !,
souvent à « Star Trek ».
Ah ! si nous avions tenu quelques années de plus et si la personne qui avait succédée à Michel Toulouze avait eu un peu plus de lucidité ou de nez, nous serions encore là aujourd’hui pour vous parler chaque semaine d’une série extraordinaire diffusée en France ou crime abject, qui ne l’est pas, car c’est dans les séries télé désormais que la plupart du temps cela se passe.

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