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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Les années Creepy, 3è partie

dimanche 26 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Dans le tome 2 (numéros 6 à 10 de Creepy), il y a des couvertures de Frazetta encore, Roy Krenkel avec une ou deux planches justement : quelle perte pour la bande dessinée qu’il n’en ait pas fait plus, mais apparemment l’éditeur des EC Comics, William Gaines, ne savait même pas qu’il existait, ce qu’il a dit il n’y a pas si longtemps dans des interviews tardives.

Un autre qu’on avait aperçu dans les EC mais qui entre temps avait pris son envol, c’est l’immense formaliste Alex Toth,
et John Severin lui aussi maître des EC surtout dans les récits historiques et de guerre et qui continue à œuvrer malgré son grand âge puisqu’il vient de faire un « Bat Lash » dont je vous parlerais une autre fois : il est aujourd’hui le meilleur dessinateur de westerns du monde avec Gir.

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Il y a même quelques pages signées Jay Taycee. Les officionado que nous sommes reconnaitront sous ce pseudonyme mon dessinateur préféré des EC justement, qui avait pris ce pseudo je ne sais pour quelle raison, Johnny Craig, et Walace Wood qui nous refit en gros son chef-d’œuvre absolu pour les EC « My World » sous un autre titre et avec une autre fin, ça s’appelait « Overworked », deux autobiographies étranges.

Et progressivement, on vit apparaître des dessinateurs des générations suivantes comme le maître de « Dardevil » le très bousculé et bousculant Gene Colan et l’immense Steve Ditko, le créateur de « Spiderman » et « Docteur Strange » qui se mit tout à coup au lavis avec son talent étrange et si particulier, aboutissant à une imagerie que je ne n’oublierai jamais.
Je viens de relire toutes ces histoires et la bonne nouvelle c’est qu’elles tiennent la route et qu’elles sont toujours magnifiques.

La mauvaise c’est que cela me donne la nostalgie et je ne suis pas le seul, du temps où, grâce aux magazines, les dessinateurs pouvaient faire des histoires courtes, choses qui ont pratiquement disparues avec les magazines puisque nous sommes constamment confrontés désormais aux albums de 48 à 64 pages alors même que la distance courte est idéale pour certains créateurs et pour certaines histoires.

J’en ai parlé avec pas mal de dessinateurs lors d’un festival à Aubenas où Claude Moliterni que j’aime bien citer pour le faire revivre à chaque fois, m’avait invité. C’était avec Annie Goetzinger et Michel Blanc-Dumont et tous les deux regrettaient ce temps pas si lointain où on pouvait faire des histoires courtes.

La bonne nouvelle donc c’est que vous pouvez, même si vous n’êtes pas de la génération « Creepy », découvrir tout cela aujourd’hui.

C’est de là que vient avec les EC toute une imagerie d’horreur, relayée par Stephen King, Wes Craven, Romero et les autres, qui font désormais notre manne quotidienne : il est nécessaire parfois de revenir aux origines.

PS : Au fait, je ne vous ai pas dit, si vous ne connaissez ni les EC Comics, ni « Creepy », ni son cousin « Eerie », de quoi il s’agit vraiment : d’histoires d’horreur très noires qui, à l’exemple de celles d’Edgar Poe ou de Bradbury, choisissent une chute parfois drôle si l’on aime l’humour noir, toujours sanglante et soudaine au bout de 8 pages.

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