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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Les bandes dessinées que vous n'avez pas lues mais que vous devez absolument "rattraper"

mardi 19 mai 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

« Vestiges du Monde »

de Aleksandar Zograf à l’Association – n° 2 de la collection Espôlette

On écrira un jour un livre sur l’Association qui ressemblera à celui sur « Métal Hurlant » avec l’utopie du début, les déconvenues, les malentendus, ceux qui n’étaient pas contents, ceux qui sont partis et les best-sellers qui soudain ont créé un chemin d’inégalités inévitables.

A sa tête, il y a Jean-Christophe Menu qui a de mon arrogance et de ma mauvaise foi mais n’a commis qu’une seule erreur, celle de ne pas toujours parler en son nom propre mais au nom de l’Association, d’où certaines dissensions avec des auteurs d’importance comme Sfar qui aimait des choses qu’il n’aimait pas et vice-versa. Mais l’histoire est éternelle, c’est celle de tous ces groupes nés dans la joie, la bonne humeur et la camaraderie, qui se retrouvent soudain dans le monde réel... C’est celle du batteur qui a remplacé Ringo ou d’un autre batteur qui n’a jamais pardonné à Dick Rivers de l’avoir viré des « Chats Sauvages », mais à qui cela n’a pas trop mal réussi puisqu’il est devenu maire de Cannes.

J’aime beaucoup certains livres de l’Association, pas tous, mais j’aime par exemple la manière dont ils récupèrent le patrimoine et dedans les choses vitales comme Forest ou Schlingo, nous en reparlerons.

J’aime aussi le fait qu’ils aient réussi ce que j’ai raté il y a trente ans : imposer des livres qui ne soient pas pour enfants baveurs et qui ressemblent à de vrais livres et non à des albums pour les tous-petits.

Je ne leur ferais qu’un reproche, peut-être inévitable financièrement quand ils se sont lancés car ils n’avaient pas mon inconscience absolue, c’est d’avoir fait peu de couleurs, ce qui d’un autre côté les a démarqué de la bande dessinée classique, mais en cela je suis aussi d’accord avec Mokéït qui disait quelque part qu’alors qu’ils avaient promis de changer le fond et la forme, ils avaient plus changé le fond que la forme et que le meilleur livre qu’aurait dû publier l’Association, c’était un Eberoni paru aux Humanos dans l’indifférence générale, l’admirable « John & Betty ». Son dessin se dissolvait pour ne plus être que de l’eau et des couleurs délayées sur la fin, son chef-d’œuvre, jamais réédité, jamais égalé.

C’est pour cela que j’ai regardé avec une attention particulière l’ouvrage « Vestiges du Monde », parce qu’il était en couleurs et je vous en parlerai demain.

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