×
L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

Liste des billets

Mes dix règles d'écritures, d'Elmore Léonard

lundi 25 mai 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Aux éditions Rivages / noir.

Les éditions Rivages, le meilleur éditeur de polars français, le seul chez qui tout est constamment intéressant, ont envoyé à leurs amis, j’ai la chance d’en faire partie, un petit ouvrage éblouissant qui s’appelle « Mes dix règles d’écriture » de Elmore Léonard, maître du western et du polar, qui est de plus illustré, ça ne mange pas de pain, de manière très british, par un nommé Joe Ciardello,

Leonard_defaultbody

suivi d’un catalogue exhaustif de la collection Rivages / noir, dû à François Guerif : j’aime bien la manière dont il a regroupé les titres par thème car certains de ses choix ne sont pas évidents, ce qui m’a obligé à reconsidérer certains livres autrement.

Ecrivain de polars et de westerns, Elmore Léonard fait donc partie de ceux qu’il appelle lui-même les écrivains invisibles, c’est-à-dire ceux qui veulent donner l’impression que l’histoire se raconte toute seule.

Ses conseils ne sont donc destinés qu’à ce type d’écrivains, comme le souligne le bon Elmore.

Et chaque maxime est un régal, pour les lecteurs qui comprendront comment le roman se fabrique et surtout pour les auteurs qui veulent aller voir sous le capot et régler le gicleur de leurs pensées. Je vous en donne un exemple (règle 3) :
« N’utilisez jamais d’autre verbe que « dire » pour accompagner les dialogues ». Ce à quoi, à la page suivante, Elmore Léonard répond par :
« Le dialogue appartient au personnage ; le verbe, c’est l’auteur qui vient mettre son grain de sel. Cependant « dit-il » est infiniment moins intrusif que « grogna-t-il’, « haleta-t-il », « avertit-il » ou « mentit-il ». J’ai trouvé un jour un dialogue de Mary McCarthy qui se terminait par « admonesta-t-elle », et j’ai dû interrompre ma lecture pour aller consulter le dictionnaire ».

Le plus rigolo étant sans doute qu’en plus de ses conseils, Elmore Léonard prend grand soin de parler d’autres écrivains qui font absolument le contraire que ce qu’il préconise et à qui cela a totalement réussi comme Tom Wolfe.

Il dit ici comment il faut éviter les prologues, pour aussitôt enclencher sur son admiration d'un grand prologue de Steinbeck dans « Tendre Jeudi », qui justement se sert de prologues pour dire à peu près la même chose que lui, même si au bout du compte l’écriture est tout sauf invisible.

Vous ne pouvez pas acheter ce livre, je ne sais pas comment vous pouvez devenir un ami de Rivages pour l’avoir, demandez à votre libraire, peut-être aura-t-il une piste.

 

Commentaires (1)