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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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DE KILL BABY KILL A GENERATION KILL (3è partie)

mercredi 24 juin 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

« Génération Kill » - c’est drôle qu’on doive en revenir à Coppola - me fait aussi penser à ce grand moment de cinéma que fut le film de guerre « Patton » de Franklin J. Schaffner, film que Richard Nixon adorait, mais qui fut aussi encensé par les pacifistes et le magazine Rolling Stone, visionné en même temps à La Maison Blanche et dans les raouts hippies en plein air. C’était pour Nixon le portrait d’un « Patton » séduisant, hors du commun, hors du temps, qui connaissait l’histoire et qui voulait réinventer l’art de la bataille, comme au temps des romains, faisant de la guerre le but ultime d’une vie, tandis que nos chers chevelus y voyaient un exemple absolu de mégalomanie voire de folie, tant le scénario était équivoque et intelligent.

Mais les temps ont changé. Avant on voyait les chefs souvent, et les hommes qui leur obéissaient mais nous ne sommes plus à l’époque de « Patton ». On voit de tous côtés des soldats comme dans les films de Samuel Fuller, hommes ballotés entre des ordres contradictoires, subissant des drames d’autant plus dérisoires, qu’ils ne savent pas pourquoi ils sont là.

« Génération Kill » n’est pas la meilleure série de l’année, c’est un des plus grands films de guerre de tous les temps.

Normal d’ailleurs que cela nécessite un long film de….. heures (ce qu’est quelque part une série télé) car nos opinions sont biaisées par les médias qui à force de nous couvrir de couches d’informations diverses, contradictoires, fragmentaires, commentées de manière tendancieuse, de nous montrer ce qu’on veut bien nous montrer - que cela soit les télés américaines ou celles de « l’empire du mal », avec forcément l’envie de nous convaincre en remontant les images - font qu’on ne pourra plus jamais faire un film de guerre elliptique. Il y a trop de points de vue différents. Il faudra revenir à la manière de John Dos Passos ou de certains John Brunner du début : aucune conclusion à tirer de l’accumulation sinon une vague nausée devant tant de bruit et de fureur, ou alors prendre des destins individuels et les suivre comme dans l’admirable documentaire de Ken Burn, « The War », qui bizarrement fait 12 h 15 mn.