×
L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

Liste des billets

A PROPOS DE JEAN BOULLET, DE FRANCIS LACASSIN ET DE CLAUDE MOLITERNI (1ère partie)

mardi 30 juin 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

J’ai retrouvé un grand nombre d’archives de Jean Boullet, admirable précurseur dans tous les domaines. Il y a par exemple le premier fascicule oblong de pin-up de Brenot, en hauteur, étroit, dédicacé par Brenot à Boullet. Il le remerciait d’avoir été le premier à s’intéresser à son travail. J’espère en faire quelque chose un jour car il a été, à l’égal de quelques autres comme Robert Benayoun, un des grands précurseurs qui ont ouvert bien des portes aux générations suivantes.

J’ai retrouvé aussi dans ses archives son projet de livre sur le plagiat dans l’art, incomplet hélas. Je cherche désespérément (je crois l’avoir) la photo d’un tableau qu’il avait vu dans un musée écossais où – sidération, comme aurait dit Charlie Schlingo – on voyait Charlot avec sa canne courbée, sa petite moustache, son pantalon bouffant, son chapeau rond ; sauf que le tableau avait été fait bien avant que Charlot n’existe, ce qui donne à penser que Chaplin s’en était inspiré.
Voilà ce que l’on perd dans une partie de la mémoire collective quand des choses inappréciables, tout autant que sans intérêt quelque part, s’en vont avec ceux qui les savent.

L’année dernière a été cruelle puisque nous ont quittés : Francis Lacassin, grand amateur de milliers de choses, grand découvreur ou redécouvreur de merveilles innombrables, sans lui à jamais oubliées peut-être (mais que je n’ai pas connu), et puis il y a eu Claude Moliterni.

Claude Moliterni, je l’avais perdu de vue, suite à un malentendu idiot, vieux de 25 ans, qui s’est réglé en deux secondes. Nous nous sommes retrouvés à Lucca, l’an dernier.
Lui, dont on disait qu’il était un dilettante, était fou de joie quand je lui ai fait savoir que j’avais retrouvé deux ouvrages de fond, à tirage confidentiel, sur la bande dessinée philippine et mexicaine, que j’avais en double : ils manquaient à sa collection.
Tout le monde a voulu voir en lui un bateleur. Il en était un formidable! Comment autrement aurait-il réussi à associer bande dessinée et figuration narrative et à forcer les portes du Louvre ? Comment aurait-il réussi à monter cet incroyable voyage à New York qui vit débarquer toute la bande dessinée française chez les américains ? Comment aurait-il réussi avec ses conférences régulières au musée des Arts décoratifs, son influence sur Lucca avec les formidables Rinaldo Traini et Claudio Bertieri, à en faire le festival le plus stylé du monde en bande dessinée ? Il a d’ailleurs depuis perdu un peu de son charme et de son éclat et n’a jamais eu d’équivalent, ni dans la qualité graphique visuelle de l’ensemble - y compris de la signalétique du festival qui était un enchantement - ni dans la qualité incroyable des conférences, ni dans l’érudition des intervenants.

Demain la suite.

Commentaires (1)