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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Le suicide de la France

jeudi 3 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

de Jacques Vergès et Bernard Debré aux éditions Olbia

Sorti en 2002, passé relativement inaperçu (les réseaux fonctionnent quand on ne dit pas ce que les autres veulent entendre), « Le Suicide de la France », livre d’entretien entre Jacques Vergès et Bernard Debré, donc des opposés. Le sulfureux Vergès, qui défend les pires criminels, qui fut communiste, et le fils de Michel Debré, qui rêva un moment de faire supprimer ledit Vergès, parlent de l’état du monde, de la francophonie et du néo-colonialisme bien pensant.

Ils sont hélas d’accord surtout face à l’abrutissement général et à ce qu’on appelle
« l’opinion commune ». Je ne peux hélas qu’abonder dans leur sens, car quand on me parle des chinois et qu’on ne comprend pas pourquoi ils font ceci ou cela, j’ai envie de leur dire, comme moi, qui ai bien dû passer entre Hong-Kong et la Chine trois ans de ma vie au total, qu’ils ne comprennent rien aux chinois. Et que vouloir les comprendre sans connaître ni leur culture, ni leur civilisation, ni leur manière de penser, est une imbécilité.

Du côté de Vergès et Debré, ils parlent surtout de l’Afrique et ce qu’ils disent est lumineux. Ce n’est pas une lecture ardue, contrairement à ce que vous pourriez croire, et c’est un livre qui réveille et qui surtout nous rappelle qu’au début du siècle, on pouvait insulter les autres, être polémiste ou polémique, dire les plus grandes horreurs sur les gens et que cela se passait fort bien. Mais que par contre, si on employait l’insulte, on utilisait moins la calomnie de notre état « orwellien », puisque nous vivons réellement au pays du « Meilleur des Mondes » et de « 1984 » désormais.

Le livre est paru chez Olbia / Idées qui en a peut-être encore des exemplaires.

C’est vrai que nous manquent désormais Léon Bloy et autres invectiveurs, dans un monde où on est quand même arrivé à ce que le triste sir qui, maintenant, a gravé les échelons de la nomenclatura du côté de Radio France, Philippe Val ayant viré siné, a dû faire se retourner le professeur Choron dans sa tombe plus d’une fois.

Je le vois d’ici, dire pendant qu’il se remue dans son cercueil : « je suis vivant, grâce à ça, merci ».

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