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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Pour une histoire de la BD féminine qui a toujours existé

dimanche 9 août 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Tout le monde croit que la bande dessinée féminine est née en gros avec Bretecher, Annie Goetzinger puis Marjane Satrapi.

Rien de plus faux, puisqu’au Portugal, je vous en parlerai un de ces jours, il y avait de magnifiques journaux de bandes dessinées pour tout publics, garçons et filles, dirigés par des femmes et où l’ensemble des auteurs était dessinatrices.

Il y a, nous en parlerons une autre fois, toute une école italienne qui n’est pas née d’hier mais d’avant-hier, même si c’est aujourd’hui qu’il y en a le plus. Mon seul reproche serait qu’elles dessinent à peu près comme les hommes, aussi bien d’ailleurs, mais ce n’est pas ce que j’attends d’elles.

Et puis en Amérique, il y a eu à l’Age d’Or du comic strip, un grand nombre de dessinatrices de qualité, idem quand est arrivé le comic book.

Je vous ai déjà parlé de Ramona Fradon, mais mes deux préférées, car l’art imitait la vie, étaient d’une beauté époustouflante et ressemblaient à leurs personnages. C’est d’une part Gladys Knight, qui racontait des histoires de shopping, et où tous les costumes féminins étaient sublimes et où les hommes étaient volontairement réduits à des silhouettes robotiques. C’est aussi le cas de Tarpe Milles, qui elle aussi était d’une grande beauté et qui s’est pris pour modèle dans la plupart de ses histoires.

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Elle voulait faire de la mode, elle voulait faire de la sculpture, elle finit par faire « Miss Fury » qui commença à paraître dans « Sunday Funnies » le 10 octobre 1942. Elle en fit d’abord un comic strip, qui devint un comic book. Le reste de sa vie est très bien raconté dans la préface de Trina Robbins dans l’excellent livre qui recueille « Miss Fury # 1-3 », publié par Pure Imagination.

Vous verrez que le dessin est plein de qualités avec une attention particulière à la mode bien sûr, mais aussi une autre manière, quand vous lirez l’histoire, d’aborder les super héros, très différente des hommes, puisque par exemple Miss Fury, qui va sauver un gamin d’un savant fou, ne va pas en faire son side-kick mais l’adopter : ce sera un enfant qui mènera une vie normale.
Vous remarquerez aussi que le strip était découpé de telle manière qu’il faisait automatiquement deux pages de comic book, ce qui permettait de passer d’un support à l’autre facilement, en changeant la case titre.

Ah oui, j’oubliais un point important : Tarpe Mills avait une manière très particulière de dessiner les cheveux de ses héroïnes.

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