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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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La bande Dessinée aujourd'hui

mercredi 30 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Oui :
La bande dessinée aujourd’hui ne traverse pas que des chemins de roses et je laisserai un de ces jours Joe Staline, qui m’a promis de sortir de sa retraite, vous dire ce qu’il pense de certains albums récents et surtout de certains auteurs définitivement sclérosés qui continuent inlassablement de répéter les mêmes choses, ad nauseum.

Par contre, il se passe quelque chose en ce moment de bien intéressant :
j’ai l’impression que ces jours-ci le sang neuf arrive (qui l’eu cru ?) de dessinateurs qui, si ils faisaient « un vrai métier », seraient déjà à la retraite ou profiteraient de leur « carte vermeille » pour visiter le Péloponèse.

C’est ainsi que Margerin ayant enfin accepté son âge, donc celui de son personnage, est redevenu l’auteur drôle mais avant tout intimiste qu’il était à ses débuts.
C’est ainsi que Bilal ayant été au bout de son système, magnifique, a fait un album différent qui n’est ni tout à fait de la bande dessinée traditionnelle ni tout à fait ce qu’il faisait jusqu’à récemment. L’album s’appelle « ANIMAL Z» et c’est une splendeur visuelle que je n’ai pas encore lu : je me le garde pour les vacances.
Je suis comme ça, quand je reçois ou quand j’achète une pile de livres, je garde souvent celui qui sent le meilleur pour plus tard, ce qui est un peu du masochisme car je commence par ceux qui me semblent les plus faibles, ce qui au fond est idiot.

Et c’est ainsi surtout que j’ai vu chez Philippe Druillet une toile inachevée (il n’y a que lui qui croit qu’elle est inachevée), qui donne l’impression d’avoir été réalisée par Francis Bacon qui aurait couché avec Gericault pour avoir un bâtard qui ferait du Druillet nouvelle manière. Il a trouvé une manière de peindre ses démons qui ne rejoint pas le raffinement de Gustave Doré qu’il aime tant, mais plutôt la folie simplificatrice de Kubin ou de Redon ou des esquisses de Gustave Moreau qui furent toujours bien supérieures à ses toiles, ce dont Moreau souffrait.

En tout cas, ce quasi vieillard (je peux le dire, nous avons le même âge) est définitivement moderne et il me semble être, pour l’instant, le premier peintre important du troisième millénaire. Cela arrive, puisque rappelons le, c’est à 60 ans passé que Charles Laughton fit son premier et unique film « La nuit du chasseur ».

Dans ce tableau, il y a tout le talent de Druillet mais aussi toutes les souffrances et toutes les difficultés qu’il a traversées comme tout un chacun, avec le temps qui passe et la vie qui se délite.

Mais il a la chance d’être un artiste égotiste et égoïste qui profite de tout, même de lui-même, et de ses interrogations voire de ses malheurs, il a tiré une manière nouvelle, un art nouveau.

On reparlera bientôt je pense du Druillet nouveau et non plus comme un grand maître du passé qui  bouleversa la bande dessinée en son temps.