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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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GIG

vendredi 2 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

De James Lovegrove aux éditions Griffes d’Encre

« GIG » de James Lovegrove est une très belle surprise à côté de laquelle j’ai failli passer, puisqu’il s’agit d’un récit aux limites de la science fiction et du fantastique mais qui devient fantastique si le lecteur le décide – vous comprendrez mieux en le lisant – et surtout il s’agit d’une histoire racontée tête-bêche en deux versions, celle d’une fan qui court après une rock star et qui croit savoir pourquoi, et celle d’une rock star qui erre dans l’attente d’une fan et qui sait pourquoi.

Deux destins croisés qui s’auto-manipulent mais là où ça devient formidable, c’est que cette histoire qui se passe dans un futur tout à fait immédiat, guère différent de notre présent mais très inventif dans le détail, n’est pas la même suivant qu’on commence par le point de vue de la fan, Kim, ou si l’on commence par le point de vue du garçon, Mik.

Je ne vous en dirais pas plus, sinon que ayant commencé par le point de vue de la fan puis fini par celui du rocker, j’ai eu envie, aussitôt l’œuvre achevée, de recommencer dans l’autre sens mais il est trop tard et les préfaces qui nous engagent à choisir, ce n’est pas sans conséquences, de commencer par une version ou par l’autre, ont raison.

C’est un livre quasi oulipien puisque suivant la manière dont on l’attaque, on ne lit pas tout à fait le même livre et il reste dans le récit, ponctué pourtant de plein de détails d’informations, quelques trous et quelques détails qui font que chacun peut lire l’histoire qu’il veut sans que cela soit une  afféterie de style mais bien plutôt une participation de tout un chacun.

Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher cette excellente lecture.

J’avais déjà repéré James Lovegrove mais ça y est, maintenant j’y suis attaché, il est, dans la nouvelle génération, un des auteurs les plus intéressants et prend en gros le relais au niveau du mélange de littératures générales et de littératures de genres (dieu que je déteste ce terme), de gens comme Lucius Shepard.

L’éditeur Griffes d’Encre a d’ailleurs eu la bonne idée de lui donner une couverture qui ne fera pas fuir les amateurs de littérature générale si par hasard ils tombent dessus. J’espère qu’elle ne fera pas fuir non plus, puisque vous avez souvent un goût épouvantable en manière visuelle, les amateurs de science fiction et de fantastique.