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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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La chute des anges dans l'Ouest

vendredi 9 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

L’an dernier, il est sorti quand même quelques bons westerns qui ne se voulaient pas le tombeau du genre (prétention de Eastwood qui a d’immenses qualités mais aussi quelques défauts aussi grandioses d’ailleurs) mais plutôt son revival.

Il y a eu « 3.10 pour Yuma » de James Mangold, qui s’avéra être un excellent buddy movie, et qui n’avait pas grand chose à voir avec le film de John Sturges, homonyme mais qui était agréable.

Il y a eu, partant lui aussi dans tous les sens, mais avec des moments admirables,
« L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » de Andrew Dominik, avec sûrement la meilleure prestation de Brad Pitt qui, chaque fois qu’il se retrouve en face de son frère dans le film (sublime Sam Shepard qui exprime tout en ne disant pratiquement rien), doit se mettre à niveau et y arrive. Et le petit frère de Ben Affleck, Casey Affleck, fait un numéro éblouissant.

N’empêche que le meilleur des trois westerns, passé inaperçu, et qui à ma connaissance est sorti directement en vidéo, c’est « Seraphim Falls », avec Liam Neeson et Pierce Brosnan, que vous devrez vous procurer en vidéo, mais cela vaut le coup, vous le regarderez plusieurs fois.

C’est un western sauvage et symbolique à la manière de « La dernière chasse » de Richard Brooks ou des films d’Anthony Mann avec James Stewart, où deux monstres tout à fait semblables (ici les deux acteurs précités), se poursuivent pour s’entretuer, subissant des conditions extrêmes, des blessures innombrables jusqu’à l’affrontement final.

C’est un grand western panthéiste où la nature est reine, dû à un inconnu pour moi jusque là, David Von Ancken, et c’est un chef-d’œuvre absolu, sans doute aussi à cause de la conviction des acteurs en question, car comme le dit dans un des suppléments, pour une fois utiles, Liam Neeson : pour deux petits gamins de Dublin qui s’étaient croisés enfants, c’était leur rêve de jouer un jour dans un western. Ils ont réussi, non pas donc un western postmoderne, mais un grand western classique hors du temps, un chef-d’œuvre absolu.

PS : Liam Neeson, presque personne ne discute sa stature, mais Pierce Brosnan qui souffre d’être joli garçon et qui avec lucidité, a mis fin au cercle infernal en arrêtant d’être James Bond, fait ces temps-ci un sans faute continuel dans ses choix de carrière, entre le rigolo « Matador », le superbe « Un américain bien tranquille » de Philip Noyce qui enterre, il faut l’avouer, le médiocre Manckievicz (Ah ! ça fait du bien de le dire) et, il est décidément un des acteurs les plus passionnants d’aujourd’hui.

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