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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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La onzième vague (RKO)

jeudi 8 octobre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet"

Cela fait maintenant six ans que cela dure, depuis la première vague en septembre 2003 et les éditions Montparnasse viennent de sortir leur onzième vague, c’est-à-dire que nous avons dépassé les cent films, il y a infiniment peu de perte, ce qui est extraordinaire, et infiniment peu de films qui dépassent 1h20 / 1h25 malgré leur densité, ce qui est également extraordinaire à l’aune actuelle, d’autant que ce ne sont pas des films bavards comme la plupart des films actuels.

Cette onzième vague, je vous en parlerai au fur et à mesure, en commençant par ceux que je n’ai pas eu besoin de revoir ou que je n’ai pu m’empêcher de revoir tout de suite.

J’ai un défaut, j’ai toujours préféré, c’est comme ça, Laurel et Hardy à Chaplin et W.C. Fields aux Marx Brothers, ce qui fait que je n’ai pas revu « La Pêche au Trésor » dont je me souviens seulement (évidemment que Groucho est bien mais leur humour ne me fait pas toujours rire et Harpo m’horripile) comme d’une des premières apparitions de Marylin Monroe.

De même et pour la même raison, je n’ai pas voulu revoir ce remake inavoué et admirable d’une nouvelle de Maupassant qu’est l’incontournable « La Chevauchée Fantastique » de John Ford avec John Carradine, qui reste peut-être le meilleur Doc Holliday de tous les temps avec Val Kilmer dans « Tombstone » de Costamos et Victor Mature chez Ford encore.

Je n’ai pas eu besoin non plus, car je le connais par cœur, de revoir « La Grande Farandole » avec Fred Astaire et Ginger Rogers, qui est une merveille et en plus une mise en abîme puisque nos deux génies de la danse (il fallait que Ginger ait du génie elle aussi pour arriver à suivre Fred), jouent ici le destin de deux autres danseurs prodigieux, que sans cela on aurait déjà oublié, Vernon et Irène Castle.

On s’en fout que le metteur en scène ne soit que H.C. Potter, l’important c’est que Fred est comme d’habitude sublime.

Je n’ai pas connu Fred Astaire mais j’ai un peu connu Michael Jackson et j’ai été fasciné par leurs destins parallèles, par la manière dont, pour nous donner l’impression que la vie était belle et facile et que tout était simple, ils se mettaient les pieds en sang et étaient d’une exigence prodigieuse avec eux-mêmes.

Les aberrations de la vie de Michael, on les connaît maintenant, très exagérées d’ailleurs. Celles de Fred on les connaît moins car il paraît qu’avec sa femme (c’était un homme fidèle), Adèle, tous les flics du coin les connaissaient et les  prévenaient dès qu’il y avait un accident mortel car ils allaient voir les cadavres à la morgue.

Je ne crois pas qu’il y avait là quelque chose de vicieux ou même de morbide : leur obsession était la vie, et donc la mort.

On pourrait évoquer aussi Bubsy Burkeley, ivrogne triste et malheureux qui passait sa vie dans sa baignoire bouillante et qui ne sortait de là pour nous donner ses admirables chorégraphies musicales. Pour nous apporter du bonheur, martyrs de nos joies qui paient un prix trop lourd.

Mais je n’ai pas pu m’empêcher de revoir « Les Chasses du Comte Zaroff » de Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel avec Merian Cooper comme co-producteur : la bande de « King Kong » en somme. Nous sommes d’ailleurs dans les décors de « King Kong » avec l’actrice qui séduisait le roi Kong, Fray Wray, Joel McCrea dans l’un de ses premiers grands rôles et Leslie Banks, formidable, en fou furieux qui chasse le plus dangereux des gibiers.

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C’est un film magique tourné par un des metteurs en scène de « King Kong » justement, qui a été refait mille fois avec d’innombrables chasses à l’homme par d’autres hommes, mais jamais aussi bien à part peut-être l’incroyable et totalement barré « La Proie Nue » de Cornel Wilde, qui était aussi bien et où en plus on apprenait la cuisine cannibale.

C’est un film obligatoire si vous ne l’avez pas vu, un des plus beaux films du monde.

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