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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Message dans une bouteille (7)

jeudi 19 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Vieux hoord’hur, tu parles de Leclerc, c’est drôle, je le connaissais à peine et je l’ai croisé un peu plus longuement. L’homme est intéressant, il a sa vision de la BD mais je pense qu’il est parmi les grands surfaciers, celui qui fait le plus d’efforts pour la promouvoir et pas toujours les livres les plus évidents contrairement à ce qu’on pourrait croire.

Quant au piratage pour la BD qui existe déjà un petit peu et qui va grandir, ça me fait peur car tellement d’auteurs crient misère et n’arrivent jamais à récupérer le minimum garanti de l’avance de leurs livres n’ayant plus de pré-publication et que ces types qui sont déjà au SMIC ou en dessous risquent de se retrouver obliger d’entrer à la poste et de dessiner la nuit ce qui serait quand même dommage.

Cher Pedro Morais, quoi ! Il existe vraiment un livre sur la BD portugaise ? Je vais me jeter dessus et je vous en reparlerai. Pour l’instant, je ne le trouve pas.

Cher Gilles Poussin, sur la réédition Glénat des Naufragés du Temps, j’en pense beaucoup de bien et un tout petit peu de mal.
Beaucoup de bien car elle est cohérente, car je trouve les couvertures de Paul superbes et unifiant l’ensemble, beaucoup de bien parce que je pense que tous les préfaciers de Topor à Fred, à Forest en passant par votre serviteur, montrent de multiples facettes du Gillon qui est un animal dur à cerner, beaucoup de bien car il y a une grande cohérence dans les couleurs et que je trouve qu’elles sont bien, un peu trop maronnasses à mon goût mais avec une légèreté qui laisse sa trace au trait pour une fois, même si, en ce qui concerne les tous premiers albums, je préfère les premières versions Hachette (avant les Humanos donc) où ces couleurs criardes et pop qui à un moment furent aimées puis honnis, me semblent à nouveau pouvoir revenir dans l’œil du cyclone et j’espère qu’un de ces jours Glénat nous donnera un
« back to the seventies remix» avec les premiers albums avec les couleurs d’origine : si Paul lit ça, il va vouloir me tuer.

D’accord avec Bungalow Bill pour dire que les blogs sont éphémères mais la manière dont Warren Ellis, par exemple, en a tiré ensuite des livres, ce que j’aimerais bien faire un jour, me paraît une autre manière en les remaniant quelque peu, en les réorganisant et en tenant compte des réponses des internautes, de les faire survivre, car il est vrai que quand je lis le blog sur les DVD de Bertrand Tavernier par exemple, j’aurais envie un de ces jours qu’il me réunisse tout ça sur papier afin de pouvoir le compulser de temps en temps. Et puis quand Mad Max arrivera et que la fin du monde aura eu lieu, les livres papier seront peut-être engorgés d’eau devenus éponges mais il n’y aura qu’à les sécher, tandis que pour les blogs on aura du mal.

Et mon vieux Gilles, pour revenir à Houellebecq qui a beaucoup fait parler, c’est vrai que pour s’y retrouver entre la jungle de la critique, celle des distributeurs qui croient ou qui ne croient pas à un film, c’est difficile.
En fait, il faut se fier à son instinct et je me souviens d’avoir vu une affiche dans un café avec trois mecs qui tenaient des chopes de bière, ça s’appelait « Une bringue d’enfer » et il y avait un jeune acteur qui s’appelait Kevin Costner. En fait, c’était
« Fandango », un magnifique film de Kevin Reynolds et mon petit doigt m’a dit que si la major le sortait l’été, c’est qu’ils ne savaient pas quoi en faire et que donc c’était peut-être un bon film. Il y a donc des moyens tordus, parfois, d’échapper aux diktats des distributeurs et des critiques. En fait, il faut suivre son instinct et quand on a la carte qui permet d’aller d’une salle à l’autre, on peut après le film qu’on voulait aller voir, aller jeter un œil au suivant, au cas où, on ne sait jamais.

Il m’est arrivé ainsi de faire dans des multiplex, je n’y vais plus guère car cela m’oppresse, des essais, en allant voir aussi tous les films qui, je le pensais, n’avaient aucun intérêt pour moi : j’ai eu une ou deux bonnes surprises.

Et oui cher Henri Belbéoch, je pense qu’on se reverra à Saint Malo pour reparler de gravures introuvables et d’artistes improbables.