×
L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

Liste des billets

La bibliothèque de Bebel - 1ère partie

lundi 30 novembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je sais, le jeu de mots est idiot, mais ma bibliothèque ressemble sans doute davantage par son éclectisme et ses goûts trop divers, à celle que j’imagine chez Jean-Paul Belmondo plutôt qu’à celle de Borges (je ne parle évidemment pas ici du vrai Belmondo que je ne connais pas, mais du personnage de cinéma excessif (chez de Broca)), car je mélange tout, passant aisément de la Vespa à Odilon Redon.

J’ai accumulé près de 40 000 volumes auxquels je n’ai plus accès depuis maintenant une vingtaine d’années, pour la plupart des ouvrages oubliés de moi-même. Changeant de vie souvent, changeant de femme et ayant par malchance des endroits où je pouvais entreposer : certaines caisses sont restées fermées depuis mon adolescence, chez ma mère, pour d’autres, depuis « Métal Hurlant » puis « Les Enfants du Rock », puis chance, si on peut dire, j’ai traversé un grand trou noir et arrêté d’accumuler mais je m’y suis remis à la fin du dernier millénaire, quand j’ai ressuscité.

Actuellement je disperse.

Non façon puzzle, comme Raoul, ce que j’avais fait pour ma collection d’affiches en vente à Drouot où je me suis fait engueuler par nombre d’amateurs puisque j’avais fait des lots invraisemblables, où ils ne voulaient qu’une affiche ou deux et devaient se colleter les autres : j’avais pensé leur faire plaisir : ils voulaient, non pas des cartons entiers d’affiches, mais les films précis qu’ils aimaient.

Ils n’étaient pas collectionneurs, ce dont je les félicite. Car moi-même je ne suis pas vraiment un collectionneur. Il m’est arrivé d’arrêter des séries quand elles étaient mauvaises, il m’est arrivé aussi en ayant complété certaines, de découvrir que la moitié des titres ne m’intéressait pas et que je n’avais pas besoin de garder du 1 au 99.

Et quand je trouve un beau livre comme l’édition des années 1990 de « Le Morte d’Arthur » de Aubrey Beardsley, bien imprimée, avec quelques planches supplémentaires inédites, je me débarrasse de la première édition en 2 volumes, ce que certains bibliophiles fétichistes considèreront comme un grand sacrilège.

Fin de cet aparté car je ne suis pas unique en mon genre. Je connais un grand nombre de gens qui, autour de la cinquantaine, ou de la soixantaine, soudain, parce que l’heure tourne et qu’on se sait pas éternel (j’espère cependant l’être), nettoient leurs bibliothèques, leurs murs, et leur tête aussi.

Comme j’ai donné accès à mes enfants à peu près tout, ils ont fait leur choix mais je sais aussi qu’il y a des domaines, comme la cuisine cannibale, pour lesquels ils risquent de ne pas se passionner : il n’y a que deux ou trois livres intéressants. Les recettes sont difficiles à exécuter et pour cause.

Je trie donc et je retrie sans cesse et je redécouvre évidemment à l’occasion des merveilles. De cela, je vous reparlerai.

La suite demain.

Commentaires (1)