×
L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

Liste des billets

Deep Depp - 1ère partie

mercredi 30 décembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Au jeu des 7 familles, dans la famille Johnny Depp, je prends le demi-frère, Daniel Depp.

J’ai testé sur mon épouse, la photo au dos, en lui demandant de quel acteur célèbre cet homme pouvait-il être le frère : elle m’a répondu John Malkovich. Ca se tenait.

Mais en fait c’est bien le demi-frère de Johnny Depp avec qui il travaille parfois comme producteur ou comme scénariste.

C’est la tendance en ce moment à Hollywood pour quelques auteurs qui ont quelque chose à dire et n’en peuvent plus d’être rabotés par le système hollywoodien et ne voulant pas comme les générations précédentes, se retrouver un jour, devenus médiocres, un verre à la main, contemplant la piscine gigantesque où l’eau tiède clapote, en se demandant comment ils en sont arrivés là.

Parmi ces écrivains de talent, je vous ai déjà dit que certains choisissaient les séries télé. Lui choisit, comme Richard Price qui est revenu au roman même si depuis il est passé à la série télé, le roman donc, et peut ainsi, légèreté du roman qui n’a pas le problème de budget par rapport au cinéma et interlocuteurs moins multiples, aller au bout de ses idées.

Il dit qu’il passe désormais son temps entre les Etats-Unis et la France et je le vois bien aller de l’un (les Etats-Unis) où il doit travailler avec des gens qu’il connait, à la France où personne ne le connait et où il est tranquille pour réfléchir.

Son livre s’appelle « Les Losers d’Hollywood », en anglais « Loser’s town », qui me paraît être un bien meilleur titre et j’adore les deux citations qu’il met en exergue qui résument bien l’ouvrage :

« Je suis venu à Los Angeles dans les années trente, pendant la grande crise, parce qu’on y trouvait encore du boulot. L.A est une ville de losers, et ce, depuis toujours. On peut réussir ici même quand on n’est capable de rien ailleurs ». (Robert Mitchum)

« Se comporter dans la vie en se prenant pour un cow-boy ne pose guère de problèmes, jusqu’au jour où on rencontre quelqu’un qui se prend pour un indien ». (Kinky Friedman)

DeepDepp_defaultbody

Par contre la note de l’auteur :

« « Ils » ne sont pas ces « ils »-là.
« Elle » ou « lui » n’est pas « vous ».
Toute ressemblance dans ce récit avec des personnes existant ou ayant existé serait purement fortuite et l’auteur n’y verrait qu’un témoignage de son génie
».

me semble totalement mensongère mais très maligne, car moi qui ai fréquenté le Los Angeles des années 70 et 80, et recroisé là-bas la bande du « National Lampoon » pas encore célèbre à l’époque où ils faisaient de la radio à New York et où certains traduisirent « Heavy Metal »  en même temps qu’ils faisaient le « National Lampoon ».
Il y avait John Bellushi, Dan Ackroyd et quand je vais au Château Marmont, j’aime bien prendre le bungalow numéro 2 ou numéro 3, je ne sais plus, où il est mort, qui est encore plein, curieusement, de bonnes vibrations.

Daniel Depp en parle, d’ailleurs avec humour, car il est vrai que cet endroit très vivant est devenu un cimetière merveilleux.

De ce monde là, des mystères qui entourèrent ces années là et les suivantes : à l’époque, De Niro habitait à l’année au Château Marmont, on croisait River Phoenix au Viper Room mais avant la fameuse boîte qui avait une minuscule boîte ultra privée qui s’appelait « Up on the Rox », nous étions quelques-uns grâce au producteur de « The Mamas and the Papas », Lou Adler, son propriétaire, à en avoir la clef. Si le club était bondé avec une queue infinie qui attendait patiemment son tour devant, il fallait avoir sa clé pour aller au-dessus.

Je me souviens d’un soir où j’y suis allé.

Nous étions trois, tout seuls, à une table au bout Warren Betty, à une autre Barbra Streisand, et la troisième, moi : je suis redescendu parmi les gens.

Et je peux vous dire qu’il y a plein d’info véritables au travers de ces pages sur cette époque et sur, entre autres, les financiers très particuliers qui furent aux sources de quelques-uns des plus grands  films des années 70/80 justement.

Le livre, je l’ai commencé avec beaucoup de réserve  car les histoires de détectives privés « à la Chandler », j’ai l’impression d’en avoir déjà lues beaucoup, d’autant que tout a été dit par Altman dans « The Long Goodbye », avec l’immense scénariste qu’était Leigh Brackett qui était aux origines puisqu’il avait collaboré avec Howard Hawks depuis le début et avec le couple Lauren Bacall et continue jusqu’à  « Rio
Lobo » en gros.

Et dans ce film de Altman, elle avait immergé le détective classique dans le Hollywood dégénéré d’hier qui annonçait déjà le Hollywood plus dégénéré encore d’aujourd’hui mais moins rigolo.

C’est un peu ce que fait Depp à sa manière, son héros a des valeurs mais autour de lui on ne sait plus ce que ça veut dire.

Et puis je me suis fait attraper et j’ai passé une formidable nuit, blanche, ce qui au bout du compte est le but d’un livre noir.

La suite demain.

Commentaires (1)