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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Mad Dogs de James Grady

vendredi 22 janvier 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Aux éditions Rivages Thriller

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Il y a une belle tradition qui remonte loin, à Diogène et dans d’autres mythologies à d’autres idiots qui avaient toujours raison. Elle passe par la création du roman policier moderne : Sherlock Holmes a des côtés pour le moins loufoques, et puis il y a le Père Brown de Chesterton dont la logique est aussi imparable qu’illogique et les enquêtes de Borges et Bioy Casares de Don Isidro Parodi, où seuls les fous ont raison.

 

Il y a une vingtaine d’années, ce fut l’extraordinaire Le Labyrinthe aux Olives de Eduardo Mendoza où on sortait carrément un fou de l’asile pour lui faire mener une enquête. C’était basé sur une histoire vraie.

Une des premières choses qui le choquait, dans le monde extérieur, était le fait qu’il y avait dans l’avion, des sacs où il était dit que l’on devait vomir et il était le seul passager à faire l’effort par politesse de régurgiter dans ce sachet de papier, s’étonnant que les autres n’obéissent pas aux injonctions, pourtant claires.

 

C’est maintenant James Grady qui s’y colle avec Mad Dogs, en Rivages Thriller.

James Grady, depuis Les Six Jours du Condor, a toujours fait dans le thriller paranoïaque documenté, où les catastrophes sont souvent déclenchées par un méchant dérangé, nazi ou autres, comme Lawrence Olivier dans le Condor.

 

Avec Mad Dogs, il atteint un sommet puisque ce sont cinq anciens de la CIA devenus fous comme des lièvres de mars qui vont se trouver face à un problème insurmontable. Ils devront s’évader de l’asile pour résoudre leur problème.

L’ennui, c’est qu’ils n’ont plus de médicaments et qu’ils savent qu’ils vont, à un moment ou à un autre et cela leur arrive plusieurs fois, péter les plombs et que dans au maximum une semaine, ils seront à nouveau dans l’incapacité d’agir.

Ça ne les empêche pas d’avancer, d’utiliser tous leurs souvenirs d’anciens combattants, toutes les ruses qu’ils ont appris dans tous les conflits sales du monde, pour la CIA justement ou d’autres organismes beaucoup plus secrets, et beaucoup plus dangereux, et ils remonteront jusqu’à l’Agence pour découvrir qui leur en veut, et qui a tué leur psychiatre au moment où celui-ci allait partir, appelé à de plus hautes fonctions.

 

Je ne vais pas vous raconter l’histoire mais comme le disent, au dos, Lehane et Pelecanos : c’est un roman définitivement rock’n roll, qui d’ailleurs cite beaucoup de musiques, particulièrement Springsteen, et un fou comme eux, Brian Wilson entre autres, en espérant savoir comment lui tirer le meilleur parti de leur folie.

 

C’est un livre dévastateur et drôle, impossible à lâcher avant la dernière ligne.

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