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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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L'image mystère était un piège

lundi 22 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Pendant trois semaines (en réalité ça a été plus long), vous avez vu des images extraites de « The Romaunt of the Rose » (« Le Roman de la Rose » tel qu’on l’a anglicisé), publié par Chatto & Windus en 1946. De belles peintures au traité étrange puisque la page de garde par exemple est une image préraphaélite ou presque, avec un côté hyperréaliste : visage de femme définitivement fifties.

Dans le même livre, il y a une image que vous avez vue, qui semble surgir d’un jeu vidéo avec ce personnage fait de globules flottantes et volantes, et d’autres portraits à la fois rigoureux et floraux qu’on pourrait imaginer comme un mélange de « l’Ophélie » de Millais et du « Christina’s World » de Andrew Wyeth.

Mais là où ça devient très étonnant, c’est que le même auteur a également illustré en 1926 pour Duckwurth, le beau roman de W.H. Hudson « Green Mansions » (« Vertes Demeures »), l’histoire de cette jeune fille qui a été élevée parmi les oiseaux et qui est l’équivalent féminin de « Tarzan » quelque part et de « Mowgli » surtout et du « Petit Prince ».

Ce sont des bois gravés forts et simples, extrêmement rigoureux, extrêmement prenants, qui valent presque ceux de Rockwell Kent et de Lynd Ward mais qui en même temps pourraient être d’aujourd’hui dans leur rigueur et leur somptuosité parfois baroque.

Je vous en ai montré un dessin.

L’autre image que vous avez vue est extraite de « The Conquest of Mexico » publié par Chatto & Windus en 1922 où là, dessinée d’une manière plus dramatique mais avec force et détails, une conquête du Mexique qui pourrait être le mariage, décidément avec lui on ne sait jamais où situer les choses, de W. H. Robinson et de Geoff Darrow dans l’accumulation, mais cela ne suffirait pas à le définir tant son dessin est singulier et personnel.

Or, ces trois œuvres sont dûes au même homme qui s’appelle Keith Anderson et pas la peine d’aller chercher sur Wikipédia : je m’y suis amusé.

Ah les homonymes ! Il n’a rien à voir donc avec l’artiste reggae qui s’appelle et qui signe Bob Andy, rien à voir non plus avec le héros du sitcom « Good Times », ni bien sûr surtout avec le chanteur contemporain country du même nom.

Jim Vadeboncoeur me confirme : c’est bien le même artiste mystérieux, même pour lui, cela voudrait dire qu’il y a eu dans les années 20 à 40, un dessinateur aussi singulièrement diverse que Moebius qui lui aussi a su mélanger tous les styles et toutes les influences pour en tirer quelque chose de neuf.

Je suis content car pour une fois mon artiste mystère coïncide avec un mystère véritable.

 

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