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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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"King of Nekropolis" de Zezels, pour l'instant le meilleur album du nouveau millénaire - 1ère partie

jeudi 25 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je triche.

Zezelj est encore un secret bien gardé, il oeuvra pendant le millénaire précédent mais il, on peut l’espérer, va enfin être révélé car il correspond pile aux temps passionnants que nous vivons désormais : il n’était par exemple pas dans les indispensables de l’année à Angoulême et il est édité depuis des années par ce formidable éditeur qu’est Mosquito (1 ter rue des Sablons – 38120 St Egrève – email : mosquito.editions@wanadoo.frwww.editionsmosquito.com).

Ce n’est certes pas un gamin. Il est né à Zagreb, en Croatie, dans une période troublée, et a été publié dès la fin des années 80.

Là-bas d’abord, puis ensuite en Italie où il travailla pour Amnesty International et pour la télévision italienne et Federico Fellini que je cite, le remarqua immédiatement : « je suis fasciné par les perspectives menaçantes et fantomatiques de Zezelj et par la manière dont il utilise les histoires et les personnages pour exprimer une mélancolie générale et une destinée forcément fatale pour les personnages ».

Depuis, il a continué à œuvrer, régulièrement.

Je suis tombé en même temps sur son dernier ouvrage américain, un beau bouquin paru chez Vertigo, écrit par Kevin Baker, excellent romancier, auteur de « Dreamland » (un bon livre encore inédit chez nous), encensé par le New York Times et qui, espérons le, en collaborant avec Zezelj aidera à mettre celui-ci sur la carte, pour l’Amérique, des dessinateurs importants.

Ca s’appelle « Luna Park ».

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Kevin Baker comme tout bon scénariste, c’est en quelque sorte mis au service de Zezelj et de ses obsessions. « Luna Park », c’est presque la même histoire et la même thématique que « King of Nekropolis », le chef-d’œuvre que je vous somme d’acheter immédiatement.

Les obsessions de Zezelj c’est un monde en guerre, sale, où les héros sont forcément paumés mais peuvent cependant trouver la rédemption, moments fugaces, dans l’amour.

Avant que l’anthropie ne les enfouisse et ne les écrase à nouveau.

Son dessin élégant, minimaliste, est digne des grands argentins des années 80, d’Alberto Breccia surtout, mais il est définitivement du troisième millénaire car il raconte, en nous faisant croire que c’est de la science fiction, ce qui se passe tous les jours, dans notre monde explosé.

Tous ses héros se ressemblent, leur passé les poursuit : dans le cas de « King of Nekropolis », c’est un soldat américain qui revient de guerre en Irak, comme tous les personnages de Zezelj, il essaye de survivre et de vivre et devient détective, un détective à la Chandler ou à la Hammet, qui sait que le monde est pourri, qu’il n’y a rien à espérer, mais qui cependant essaye de faire quelque chose.

Comme presque tous les personnages de Zezelj aussi, mélange de folie dû aux traumatismes passés et aux abus de substances interdites, il ne sait pas très bien comment reconnaître le réel du virtuel, parfois il hallucine, parfois aussi des souvenirs terribles resurgissent et se superposent à la réalité, parfois la réalité est si violente qu’il ne sait plus s’il la rêve ou s’il la voit.

La suite demain.

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