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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Allan Dwan chez Carlotta enfin - 2ème partie

mercredi 31 mars 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Cela a commencé avec les cassettes vidéo puis les laser discs et les DVD, et maintenant on peut récupérer sur la toile des films par petits bouts ou en totalité qu’on a jamais imaginé pouvoir voir un jour.

On achetait aussi tous les livres possibles, soldés si possible, histoire de glaner quelques informations : elles étaient rares et nous nous les transmettions ensuite, c’était une société secrète.

Maintenant quand vous achetez un coffret de DVD comme l’admirable « Coffret Allan Dwan » où il y a 7 des 10 films produits par Bénédict Bogeaus et réalisés par Allan Dwan à la toute fin de sa carrière ou presque, il y a tout : des copies neuves mieux que toutes celles que nous avons vues et plein de suppléments, si riches qu’on n’a plus besoin d’un livre sur Allan Dwan : tout est sur le DVD.

Dans ce « Coffret Allan Dwan », il y a des interviews des quelques acteurs encore vivants qui l’ont croisé à un moment : tous apparemment l’adoraient, tous se souvenaient qu’il avait été un des maîtres absolus du cinéma muet (on lui doit certains des plus beaux Fairbanks et des plus beaux Gloria Swanson), mais celui qui surtout habite ce coffret c’est Peter Bogdanovich.

Peter Bogdanovich l’a interviewé chez lui avec le son mais sans les images, Allan Dwan est déjà âgé mais avait encore toute sa tête.

Dwan qui avait été un immense metteur en scène dont l’étoile avait pâlie dès l’apparition du parlant et qui pourtant avait continué à tourner jusqu’à la fin des années 60, vivant dans le dénuement, lui qui avait brassé des millions et paraît-il possédait un canyon entier à Beverly Hills. Il habitait chez sa femme de ménage.

Bogdanovich continua à le voir jusqu’à sa mort et semble n’en être pas encore tout à fait revenu. Comme s’il avait connu dieu pendant un moment.

Et c’est vrai qu’il avait croisé dieu, un des dieux du cinéma, le plus discret, le plus caché mais pas le moins important : un des plus grands en somme et un des plus discrets à tous les sens du mots, un des plus secrets aussi car sa mise en scène est si fluide, si parfaite qu’on ne la voit pas.

Elle est, un point c’est tout.

Il est donc un des plus grands.

Même si, mais c’est une autre histoire, j’aime aussi les formalistes, les déformateurs, ceux où la mise en scène est tout, particulièrement quand elle est folle et nous oblige à regarder le monde autrement comme au travers d’un miroir déformant, d’un regard enfiévré ou malade.

Entre la mise en scène parfaite qui se confond avec l’histoire et un regard disons expressionniste, il n’y a pas à choisir : 2 arts différents en somme.

La suite demain.

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