×
L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

Liste des billets

La bibliothèque de Bebel : Bob Oksner for ever

jeudi 22 avril 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

En triant dans mes piles et en tombant sur une collection de pop magazine, ces comic books publiés par Artima dans les années 70, tout en couleurs sur le modèle américain et qui hélas ne durèrent pas longtemps et qui sont désormais recherchés par les fans de super héros pour « Aquaman », « Flash », « Atom » ou « Monde Futur », il y avait bien d’autres merveilles comme « Glop » sur lequel je reviendrai, comme « Bomba », le plus con des sous tarzan peut-être comme « Foxie Magazine », comme l’admirable « Bib et Zette » de Sheldon Mayer, cette grande série sur laquelle il faudra également que je revienne, et puis surtout il y avait, je l’avais totalement oublié et apparemment la série eut du succès puisqu’il y eut au moins six numéros (je les ai et je les ai donnés à mes filles), « Stanley » de Bob Oksner.

Je ne peux m’empêcher de vous citer intégralement le début du numéro 4 de « Stanley » : « Ceci est l’histoire d’un petit garçon, Stanley, et de son animal domestique, Mouche.

La bête de Stanley, Mouche, est très gentil et en compagnie de deux gnomes Schnitzel et Shaugnessy, ils forment une bande joyeuse et vivent tous ensemble dans la chambre de Stanley. Bien sûr les parents de Stanley n’ont jamais vu les amis de leur petit garçon… D’ailleurs, s’ils les voyaient, ils n’y croiraient pas ! Voici qu’aujourd’hui, dans ce groupe heureux et uni, une complication va naître… En effet, le fils de Mouche, un hippie notoire arrive du lycée et veut vérifier le bien fondé du proverbe TEL PERE TEL FILS ».

L’histoire s’appelle donc « TEL PERE TEL FILS ».

Le dessin est comique mais réaliste en même temps, à la manière de Bob Lubbers quand il faisait des strips avec Al Capp (« Long Sam ») et avec quelque chose de Ketcham et de son « Dennis La Menace ».

Les histoires sont très bien et elles ont pris une formidable patine seventies.

C’est ainsi que dans le numéro 1, il y a une jupe à pompons portée sur un collant verdâtre avec des bottes blanches très Nancy Sinatra qui feraient des jalouses aujourd’hui.

C’est joli, c’est charmant, c’est un peu « La famille Adams » en dégénérée, et je réalise soudain que Bob Oksner nous a quitté en 2007 dans une indifférence quasi générale.

Il avait pourtant eu une longue et belle carrière puisque né en 1916, il est mort bien récemment en 2007.

Il débuta dans les années 40 seulement faisant du super héros dès 1943 : dessinant « Marvel Boy » pour Timely qui ne s’appelait pas encore Marvel, et puis il commença à dessiner des comics strips d’humour et de cœur comme, dès 1947, « Miss Cairo Jones ».

C’est donc Sheldon Mayer qui le fit rentrer chez DC.

Et il fut avant tout pour toute une génération le dessinateur de « Les Aventures de Dean Martin et Jerry Lewis » qui deviendront plus tard « Les Aventures de Jerry Lewis » chez DC.

Il y a aussi fait de très amusantes aventures de Bob Hope, l’histoire d’une secrétaire affriolante « Dobie Gillis », le plus rare des petits formats Artima à ma connaissance, paru à l’époque de Big Boss dont je ne connais qu’un seul numéro.

Comme il était bon dans la caricature ressemblante, après Lewis et Bob Hope, il fit « Pat Boone » dans les années 50, un comics strip basé sur le premier sitcom à succès de la télévision américaine, « I love Lucy », avec Lucille Ball et son compagnon Daisy Arnez.

A l’époque de « Stanley » et son monstre, il dessinait une autre série formidable avec une très jolie fille dont le partenaire était un gorille gigantesque, « Angel and the Ape ».

Il a donc fait du super héros mais on s’en fiche, ce n’était pas son point fort, et il a aussi remplacé Gus Edson sur l’excellent comic strip « Dondi » puis pris sa retraite en 1986.

Une courte carrière en somme pour une longue vie.

C’est un des dessinateurs les plus charmants du monde si vous êtes franco-belge et que vous aimez « Will », poétique, réaliste et comique à la fois, si vous aimez Peyo, vous devez définitivement vous mettre à Bob Oksner, à commencer donc par Stanley et son monstre.

Il fait partie de ces grands maîtres qu’on a totalement occulté parce qu’il faisait essentiellement du comic book et que dans le comic book on regarda toujours, surtout et avant tout les super héros, et puis parce qu’au milieu des années 60, le moment où on produisit le plus, on était obsédé par « Flash » ou les « Fantastic Four ».

Cela ne l’empêchait pas de se vendre et d’avoir du succès en Amérique.

Je sens d’ailleurs venir un prochain recours en grâce.

C’est comme quand on achetait il y a dix ans les bandes dessinées dites « romantiques » de Romita ou de Buscema qu’ils faisaient en parallèle avec leurs super héros habituels, à l’époque ça n’intéressait personne, maintenant les romances comics sont à la mode, c’est donc quelque chose à trouver maintenant, pendant que le secret est encore secret.

 

Biblio13-4_defaultbody
Biblio13_defaultbody
Biblio13-2_defaultbody
Commentaires (1)