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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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L’ENIGME DITKO (8)

mercredi 23 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

 

8ème PARTIE

 

« A Ditko Act 3 » fait suite à « A Ditko Act 2 », il n’y a pas de « A Ditko Act 1 » : nous sommes chez Ditko, il fait ce qu’il veut. Dans « A Ditko Act 3 », il y a déjà l’annonce du « A Ditko Act 4 » et on retrouve « Miss Eerie » qui revient avec un dessin simple barré de traits noirs : comme les barreaux d’une prison. Elle enquête avec la police, digne fille de son père flic, mais on ne l’a pas engagé car c’était une femme, et elle découvre que les voleurs de bijoux sont le chat et le rat… Déformation de la tête de l’héroïne qui devient une gargouille quand elle attaque les méchants… Suit une brève fable sur l’inutilité des héros et des sentiments héroïques, puis une très jolie histoire, « Négotiator » : un ange femme contre la force démoniaque du chaos incarné, et l’homme, faible, au milieu. Puis une histoire complètement bêta, où deux imbéciles heureux deviennent « Fan-Man & Fan-Boy ». Puis une histoire encore autour du comic book avec deux jeunes loups qui travaillent dans une maison d’édition, et se trouvent projetés dans une jungle magique, ça s’appelle « The Cape »… et c’est à suivre. Quand ? Nous sommes chez Ditko, on verra. Suivent les « Droodles » habituels, obsessionnels.

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Mais la grande nouvelle du jour, c’est l’édition enfin, et on attend la suite avec les autres personnages de Ditko pour DC, qui ne saurait tarder, d’une édition complète de « The Creeper », un des personnages les plus inquiétants de Steve Ditko, une espèce de « Tarzan » urbain d’opéra avec un slip vert et une cape qui ressemble à un poulpe, attachée au cou du héros, il a les cheveux verts, comme son slip, et des chaussons bordés de fourrure, rouges, assortis à ses gants et à ladite cape.

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« The Creeper » n’a pas duré longtemps, il est né en mars / avril 1968, dans « Showcase », et en mai 68 – on frémit : Ditko, heureusement pour lui, ne savait sans doute pas qu’il y avait alors la révolution en France –

puis dans son propre magazine « Beware the Creeper » qui aura sept numéros seulement et dont les restes, cela n’a sans doute pas marché, paraîtront plus tard. Il y a aussi un inédit de choix : la dernière aventure du « Creeper » : j’y reviens. La préface est de Steve Niles, l’auteur de « 30 Days of Night », comics maintenant célèbre suite à son adaptation au cinéma, il est malin : citant l’influence évidente de Ditko sur Frank Miller et sa « philosophie », mais aussi sur Alan Moore puisque « Rorschach » est directement issu de Ditko, ou plutôt de son personnage pour Charlton : « The Question ». On sait que dans un premier temps les « Watchmen » devaient être la récupération et le recyclage des héros de Charlton, et donc essentiellement de Ditko, qui appartenaient désormais à DC, et c’est en cours de route que les instances dirigeantes décidèrent d’abandonner les références à la mythologie « charltonnienne ». « Rorschach » en est un beau reste. Le héros c’est n’importe quoi, un présentateur télé qui a dit qu’on était trop doux avec les criminels et qui a été viré, il devient le super héros précité, avec le costume très étrange que j’ai déjà décrit. Ajouter un savant fou qui va introduire un transporteur moléculaire dans une blessure du Creeper qui a été poignardé, et qui lui permet désormais de se transformer instantanément de présentateur télé en Creeper, et vous aurez réalisé la folie furieuse du propos « ditkoïde » dans ces histoires formidables, ici très bien réimprimées, sur le même papier et avec les mêmes couleurs qu’à l’origine.

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Dommage qu’il y ait quelques planches que Ditko n’a pas dessinées, dûes à Jack Sparling, car l’encrage, quand il n’est pas de lui, est de Mike Royer :

extrêmement fidèle à son dessin.

 

Les méchants font partie de la cohorte habituelle : il y a des bandits en costumes qui ressemblent à des hommes d’affaires, des zazous, un homme sans visage et même un méchant ridicule, en T-shirt à manches longues et collants verts avec une cape et un masque de catcheur : un adolescent qui a trop lu de super héros, « The Fire Fly », qui porte sur le torse un logo « FF », référence évidente et ironique aux « Fantastic Four ».

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Mais le plus précieux pour les fans de la première heure, c’est donc l’histoire que pratiquement personne n’a jamais lue, qui date du début de « Creeper » et qui devait paraître dans « Showcase », quand le magazine s’est arrêté, et qui parut donc dans « Cancelled comic Cavalcade » tiré à trente cinq exemplaires. On y rencontrera le méchant « Dr Storme » qui a des côtés « Dr Strange ».

C’est une merveille.

 

On y revient demain.

 

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