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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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LE MYSTERE JOE STALINE

mercredi 30 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

 

J’ai très bien connu Joe Staline. Je lui ai même quelquefois emprunté son nom. Je n’étais pas le seul : d’autres, que ce soit Manœuvre ou Cornillon par exemple, ont parfois signés Joe Staline quand il voulait se dissimuler.

 

Mais le gros de la prose de Joe Staline est évidemment dû au vrai Joe Staline qui d’ailleurs ne mâchait pas ses mots envers moi quand, de son point de vue, je faisais des erreurs éditoriales ou esthétiques.

 

Nos chemins ont fini par se séparer définitivement, il s’est retiré quelque part dans la Creuse, pas loin de l’endroit où on a tourné « Tous les matins du monde », il vit comme un reclus et refuse désormais d’écrire.

 

Or, quelle n’a pas été ma surprise de voir qu’un nouveau un Joe Staline qui signe « Jo », s’était glissé sur internet sur un site appelé « Le Culte du Cargo », sympathiquement réactionnaire.

 

Cela me fait penser au « vrai » Joe Staline, à qui on faisait le même reproche et qui disait, parmi ses fortes maximes : « les avions à réaction avancent plus vite que les avions à hélice ».

 

Pour la petite histoire « Le Culte du Cargo » me fait penser à Serge Gainsbourg. Un jour nous parlions ensemble chez lui, après un déjeuner trop arrosé comme d’habitude, de mon poète préféré, José-Maria de Hérédia et de son poème magnifique « Les Conquérants ». Serge a rigolé et il m’a demandé si j’avais écouté sa chanson « Le Culte du Cargo » sur le concept album « Mélody Nelson ». Je lui ai dit que oui. Il m’a demandé si j’avais remarqué quelque chose. Je lui ai dit que non. Alors il est allé chercher son édition de Hérédia, « Les Trophées », il l’a ouverte à « Les Conquérants » et, en même temps m’a sorti les paroles du « Culte du Cargo » : il avait utilisé le poème en changeant les mots mais en laissant la musicalité, et aussi le sens à la fois différent et proche. C’était un travail prodigieux. Il m’a expliqué que s’il s’identifiait à Hérédia, c’est que lui aussi était un métèque qui parlait parfaitement le français, et il semblait secrètement content que cette chanson magnifique ne soit pas devenue un tube. Pour une fois il était vraiment maudit ce qui, dans l’au-delà, doit toujours ne pas lui déplaire.