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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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A PROPOS DE DEUX LIVRES QUE J’AI FAILLI NE JAMAIS FINIR…

vendredi 23 juillet 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Trop de livres.

 

Il paraît trop de livres et forcément au bout de quelques pages, si comme moi on a la chance d’en recevoir beaucoup ou, si comme moi à une autre époque on en achète beaucoup, on ne peut pas tout lire. Ceux qu’on achète c’est plus simple, puisqu’en lisant quelques lignes au début et souvent trois à la fin, on sait à peu près où on va.

 

Ceux qu’on reçoit, c’est différent. Puisque c’est quelque chose auquel on n’était pas préparé. Et plus la pile augmente, plus on en râte.

 

Je m’explique : on regarde la couverture, si elle est laide on se méfie, pas trop quand même puisque souvent les couvertures, surtout pour les ouvrages de fantasy, n’ont rien à voir avec le contenu. Tant mieux ou tant pis.

 

On n’est plus à l’époque où on achetait les livres de poche américains à cause de la couverture et où éventuellement on découvrait que le contenu était aussi bien, voire mieux.

 

C’est ainsi que si je n’avais pas reçu « La Colonie des Ténèbres » de Jérôme Bucy, paru en thriller chez Belfond, je l’aurais pas ouvert.

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Et c’est ainsi que l’ayant ouvert, j’ai failli le refermer aussi sec car cette histoire écologique d’amis des chauves-souris me semblait trop bien pensante. Heureusement j’avais lu au dos que l’auteur était vétérinaire, qu’il avait une licence d’histoire, j’avais vu sur la photo qu’il avait une drôle de tête et qu’il avait également été l’heureux récipiendaire de prix totalement aberrants comme « Le Goéland Masqué » en 2003, le prix « Yves Jibeau » en 2009, année où il reçut également le prix de « La ville de Mauves sur Loire ». Ce qui m’a interpellé.

 

Et puis, comme je n’avais rien d’autre sous la main, heureusement j’étais en déplacement, me rendant jusqu’en banlieue, dans le 9-3, là où j’abrite mes livres ou plutôt là où mes livres m’abritent, après l’avoir lâché je l’ai repris.

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Et bien sachez que je n’ai pas regretté car ce roman un peu terne, mais au sens où certains romans d’espionnage que j’adore étaient ternes également, car ils parlaient doucement, disant cependant des choses passionnantes, j’ai été ravi.

 

Ce n’est pas le plus grand livre du monde, cette histoire de chauves-souris malades, d’amis des chauves-souris, qui mélange l’espionnage (Berlin Est dans les années 60), une société anonyme qui pourrait exister : une énorme boîte qui a fait beaucoup pour l’industrie chimique et donc contre la nature et qui décide en gros en changeant de nom, et en s’appelant « Naturalis », de changer son image et de devenir écologique sans par ailleurs ne rien changer dans ses pratiques.

 

J’aime bien les personnages principaux, Andersen Olchansky, alter ego de l’auteur sans doute qui adore les chiroptères (les chauves-souris), j’aime bien la jeune femme qu’il croise à un moment, en Province, et la différence entre ce qui se passe ici et là-bas : on déambule davantage en Province, on réfléchit et on parle plus lentement. Elle s’appelle Ephémère.

 

J’aime bien le livre en somme et maintenant je lirai Jérôme Bucy chaque fois que l’occasion se présentera.

 

Pire encore, j’ai failli refermer aussi sec « Métro 2033 » de Dmitry Glukhovsky aux éditions l’Atalante. Un énorme pavé.

 

Quand j’ai commencé à lire cette histoire de métro d’après la fin du monde où tout le monde s’est réfugié dans différentes stations, les néo-nazis, les néo-staliniens, ailleurs les mutants et à l’extérieur un monde détruit qu’il vaut mieux éviter. Et au milieu un adolescent qui doit partir pour un grand voyage, devenir lui-même. Artyom… Au bout de dix pages, j’ai eu l’impression d’être dans un « Fleuve noir » de la grande époque. J’ai arrêté.

 

Dès que j’ai eu fini « La Colonie des Ténèbres », comme je n’avais encore une fois rien d’autres sous la main, je m’y suis remis et j’ai adoré.

 

Oui c’est un pavé de plus de six cent pages. Mais oui aussi c’est nécessaire, car c’est une grande fresque digne de la science fiction classique américaine des années 50 avec un petit charme slave en plus, et c’est peut-être parce que c’est un roman russe qu’il prend autant son temps et autant de pages mais il se passe beaucoup de choses.

 

J’avais eu tort en gros de penser que c’était un nouveau « Nightwatch » : une espèce de « Matrix » russe dont on voyait les ficelles mais qui se lit bien.

 

Et je me suis retrouvé devant un grand roman d’après, d’après le cataclysme, avec des personnages extraordinairement attachants.

 

Ah ! les Chasseurs, Ah ! les Trackers, et surtout une ou plusieurs énigmes dont la résolution ne règle rien, ou plutôt ne règlerait rien si Artyom, comme d’autres adolescents qui n’ont pas encore trouvé leurs voies, ne se sous-estimait pas. Car peut-être qu’Artyom peut sauver l’humanité.

 

Jetez-vous dessus.

 

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