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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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UN MORT A L’HOTEL KORYO de James Church

mardi 31 août 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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Révélation pour moi que le roman de James Church, « Un Mort à l’Hôtel Koryo » dans la collection Points Policier.

 

Je connais un peu la Corée y ayant travaillé pour acheter les droits de films coréens, dans une autre vie où je faisais de la distribution de films, et puis James Church, je cite, dos de couverture : « James Church est le pseudonyme d’un ancien agent des services de renseignements de l’Ouest, qui a passé une grande partie de sa carrière en Asie », me fait découvrir ce que j’ai toujours rêvé : aller en Corée du Nord.

 

Quand je me balladais entre Séoul et Pusan mais parfois plus loin pour voir des endroits que j’avais déjà vus dans les films, c’est mon défaut, les endroits ne m’intéressent que parce que je les ai vus au cinéma et c’est au travers des metteurs en scène que je les découvre pour voir ensuite qu’ils sont moins bien ou mieux ou différents, je rêvais de franchir la frontière de Corée du Nord, un des rares pays hors du temps qui vivait encore à la manière communiste ancienne.

 

Le voyage je l’ai fait mentalement maintenant grâce à ce livre formidable avec l’enquête de l’inspecteur O. qui essaye d’être un bon policier et qui se trouve pris dans une machination politique complexe, autour de trafics frontaliers, et qui essaye de faire son métier le mieux possible sans argent, sans budget, dans un bureau minable, avec des moyens minables. Il est policier malgré tout et fait avec ce qu’il a.

 

La grisaille et le côté terne et l’humour, avec ces vieux trains yougoslaves qui n’en peuvent plus et c’est peut-être pour cela qu’on les a donnés au coréens, sont constants, et comme je l’avais constaté en Corée du Sud, les coréens du Nord malgré la séparation par la Joint Security Area, sont bien les mêmes que les coréens enjoués que j’ai rencontrés au sud, simplement ils attendent, quelque chose, pour redevenir vivants ou du moins en attendant essayent de l’être le plus possible.

 

En tout cas voici un roman policier ou d’espionnage, on choisira la manière dont on l’aborde, qui fait extraordinairement le point sur l’état de la Corée du Nord où sans doute l’auteur, espion, s’est déjà rendu et qui semble inimaginable, impensable, incongru dans le monde où nous vivons, lisse et où on cache tout ce qui dépasse sous le tapis, comme la poussière et les miettes, plus extraordinaire encore et plus hors du temps que l’était l’ex-Yougoslavie de Tito.

 

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