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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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POETES DE L'IMAGINAIRE. Aux Editions "Terre de Brume"

mardi 21 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

2ème Partie

Le chapitre cinq de « Poètes de l’Imaginaire » est consacré aux esprits de la nature venus du cabinet des fées, de Perrault donc, de Madame D’Aulnois ou de Madame Leprince de Beaumont, et il est bien que l’on cite ici hors de France ce merveilleux poète fantastique sur les esprits de la nature que fut Lord Dunsany à qui Lovecraft, encore une fois, doit beaucoup.

On y retrouvera les coupables habituels mais aussi Georges Rodenbach, le petit frénétique Philothée O’Neddy, les oubliés totals ou totaux, je ne sais pas comment on dit, comme Charles Dovalle ou Louis Bouilhet, François Coppé ou Maurice Rollinat ou Léon Dierx et Théophile Gautier.

J’ai découvert là l’étrange Jean Rameau et ses poèmes fantasques :

« Leurs corps ont pourri là comme une chose impure.

La source s’est tarie. Et, sous les mornes cieux,

On voit à peine un trou verdâtre qui suppure,

Comme un œil de vieillard pleurant, silencieux ».

Puis viennent les fééries chrétiennes bien expliquées au travers de films comme « Le ciel peut attendre » ou « Les ailes du désir » : il y en eut tant à Hollywood.

Les mêmes auteurs encore plus Verhaeren ou Sully Prudhomme, avec un curieux poème d’un inconnu encore pour moi Vincenslas Dupont qui fut publié de manière posthume en 1889 /

« Et puis, en souriant, elle entre dans la tombe.

J’entends murmurer le sable pur de l’onde,

La branche s’agiter au baiser du zéphyr,

A la femme mon cœur demandait un sourire ».


La deuxième partie est consacrée aux Fantaisies et Fantasmagories, ce que l’auteur appelle « La Transfiction ».

Là-aussi l’auteur balaye large en disant que cela regroupe des œuvres qui oublient tout souci de vraisemblance du « Philémon » de Fred au « Alice » de Carroll en passant par « Roger Rabbit ».

Le chapitre un, « Le Crépuscule des Dieux », raconte en gros que la deuxième révolution industrielle donne soudain un coup de vieux aux dieux d’avant et ces poèmes sont des adieux à des divinités auxquelles on ne croit plus.

Ici les mêmes coupables toujours mais aussi Ephraïm Mikhaël, il y a Charles Cros avec un texte extrait de son tout entier merveilleux « Le Collier de Griffes », Léon Dierx.

Le chapitre deux donne la parole aux « Allégories, fables et paraboles » et là l’auteur, finement, nous dit que l’allégorie a toujours été là, voir « Le Roman de la Rose », mais que malgré l’arrivée de l’âge industriel son principe métaphorique persiste, voir « La Peau de Chagrin » d’Honoré de Balzac, et plus tard Julien Gracq même coupable toujours.

Puis viennent « Les allégories intimes » dans le chapitre trois, les précédentes parlaient de la condition de l’homme, ici on parlera de destins individuels à la manière du « Grand Meaulnes » ou du « Portrait de Dorian Gray ».

Et l’on retrouve Théodore de Banville et les mêmes toujours qui décidément ont souvent emprunté la route jaune de Dorothée, loin du Kansas.

Puis viennent « Les Paysages Intérieurs », on n’est même plus dans l’individuel, on est dans le moment fugace d’un état d’âme de l’individu.

Avec les mêmes toujours bien sûr mais aussi Armand Silvestre.

Le chapitre cinq est consacré aux désirs fous, aux rêveries chimériques, avec les mêmes dont beaucoup de Baudelaire mais aussi des oubliés toujours comme Jean Lahor ou Joseph Lenoir.

Le chapitre six est consacré aux visions et forcément mis sous l’égide de Rimbaud : « je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant » et comme il est agréable de voir citer dans le genre Philippe K. Dick à côté des « Champs de Maldoror ».

Puis vient le chapitre sept sur l’Etrange avec ce qu’on peut appeler des visions décalées d’une réalité qui soudain nous perturbe et devient horreur. Ici l’auteur rapproche les diaboliques de Barbey d’Aurevilly et David Lynch.

Le chapitre huit est consacré au Grotesque, celui de Bosch ou de Goya en peinture, celui de « L’Homme qui rit » de Victor Hugo ou de « Festin Nu » de William Burroughs en littérature et n’oublie pas Tim Burton.

Les mêmes coupables encore dont Jean Rameau et surtout le poète humoriste noir Xavier Forneret :

« Quand il n’était pas grand, on lui avait dit :

Si tu as faim, mange une de tes mains ».

La suite demain.