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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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L'Autre Pinter

jeudi 17 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Depuis toujours, on sait que les artistes migrent.

Avant, parce qu’ils avaient un souverain qui voulait bien leur faire peindre une église ou qui les payait pour ne rien faire. Au XXème siècle pour des raisons diverses, économiques ou politiques. Ainsi, tous ces italiens, tous ces espagnols, tous ces argentins, dont par exemple Kurt Caesar, immense dessinateur, mais dont le définitivement fasciste « Roman il legionario » le fit rayer des listes, et même des dictionnaires après-guerre en Italie. Jusqu’à ce qu’une maison d’extrême gauche, enfin, réédite l’œuvre en question qui est superbe et qui a fini sa carrière en Angleterre et pour « Fleetway ».

L’espagnol Marco est surtout connu en France pour son « Kalar ». C’est le pays où il a eu le plus de succès, tout comme l’italien Devi, qui restera pour toujours l’auteur en France donc, et à Lyon, du « Petit Duc ».

Et il y eut aussi dans l’illustration deux artistes, Ferenc Pinter, qui fit pendant son enfance l’aller-retour entre l’Italie et Budapest suite à quelques drames familiaux, et Karel Thole, né à Bussum près d’Amsterdam, qui firent leur carrière en Italie, auxquels la librairie « Little Nemo » à Turin a consacré successivement deux très beaux livres.

Le premier, sur ses illustrations pour Maigret où il s’est payé le luxe de refaire deux fois les couvertures de tous les romans de Maigret, de manière magique et totalement différente, et dont je vous reparlerai, et le deuxième « Ferenc Pinter », à petit tirage, dont j’espère vous pouvez encore le trouver en vous adressant vite à
« Little Nemo » (www.littlenemo.it).

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Si tout n’est pas à sauver chez Karel Thole car certaines couvertures de « Urania » me semble un peu maniérées, pratiquement tout est beau chez Pinter, immense illustrateur et beaucoup plus que cela d’ailleurs, comme en France René Gruau.

Dans le livre, vous trouverez d’innombrables illustrations pour des romanciers sérieux comme Cesare Pavese, qui valent sur des sujets proches Andrew Wyeth, des illustrations définitivement différentes les unes des autres car il se posait chaque fois la question de l’homme qu’il illustrait : Steinbeck, Faulkner, Fitzgerald, Gogol ou Schnitzler par exemple.

Il change de technique aussi souvent que cela lui paraît nécessaire, et va d’un minimalisme extrêmement gonflé à des peintures très abouties qui ne sont pas, parfois, et c’est aussi le cas de Thole, sans rappeler le meilleur Bacon.

Il va d’œuvres purement figuratives à des compositions quasi abstraites. Il peut faire des affiches très simples quasi démonstratives ou une couverture pour « Hamlet » que je vais vous montrer bien sûr et qui me semble être la plus belle illustration de Shakespeare que j’ai vue de ma vie et dieu sait qu’il y en a eut.

C’est un émerveillement constant, et mon seul regret est que nous n’ayons pas eu la chance de connaître davantage, en France, Pinter, qui est un des illustrateurs, que dis-je, un des artistes les plus importants du XXème siècle.

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L'Art de Noel Sickles

mercredi 16 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Enfin, joliment préfacé par Jim Steranko, voici un livre sur l’ensemble de l’œuvre de Noel Sickles qui s’appelle « Scorchy Smith and the art of Noel Sickles ».

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Pour ceux qui auraient tout raté, rappelons que Noel Sickles inventa, avec « Scorchy Smith », la manière impressionniste de dessiner dont sont issus Milton Caniff (son ami et collègue d’atelier), Hugo Pratt, Alex Toth et les autres.

Il y a dans l’album l’intégrale de « Scorchy Smith », et on le voit évoluer constamment, même quand il a trouvé le style qui fit le succès de bien d’autres dessinateurs (j’oubliais Frank Robbins : son meilleur disciple de mon point de vue) mais il avait la bougeotte. Dès qu’il trouva son style en bande dessinée (c’est vrai qu’il était moins intéressé par les histoires que Caniff), il partit vers l’illustration et ne cessa jamais sa vie durant d’évoluer. Il y a les images de guerre puis sa longue collaboration au plus prestigieux des magazines illustrés d’alors, le « Saturday Evening Post ».

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L’étendue de sa palette est sidérante d’images fouillées qu’on pourrait attribuer à Robert Fawcett, à des quasi esquisses, minimalistes, voir son adaptation de « Le vieil homme et la mer » (Hemingway ne voulait pas qu’on l’illustre, il a fallu que Sickles lui montre les dessins pour qu’il dise oui).

Constamment, toute sa vie durant, il a été novateur.

J’ai la chance d’avoir quelques dessins de lui. Un qui ressemble à du Breccia, mais c’est avant Breccia, un extrêmement fouillé qui montre l’armée allemande en déroute qui emmène des œuvres d’art, tandis que dans l’autre sens une grande décapotable ramène un officier sur le front de l’Atlantique. L’œuvre est à la gouache, en couleurs, et à un format très inférieur à celui de la parution. Je ne connais qu’un autre artiste qui a osé ça parfois avec le même résultat détonnant (il faut un sacré contrôle), c’est Moebius.

A la fin de sa vie et comme les grands hebdos passaient à la photo, il a eu la chance, comme beaucoup d’autres grands illustrateurs, de se retrouver à « Sélection du Reader’s Digest » où il fit là aussi des merveilles, et au « Club du livre de sélection », comme Briggs ou Lynd Ward. Et il continua de faire des choses passionnantes en se basant sur les deux couleurs d’appoint « à plat » qui étaient la norme dans
« Sélection ».

Que de merveilles ai-je ainsi découvert étant jeune dans la production de
« Sélection » : mensuels, albums des jeunes, livres condensés, qui m’ont influencés durablement, et qui furent en fait ma principale source de réflexion artistique : je m’en suis rendu compte après tout, mais ceci est une autre histoire.

En tout cas, achetez absolument le bouquin sur Sickles qui est peut-être, avec Moebius donc, et avec de Lucca en Italie, un des trois artistes « mineurs » qui ont pris le plus de risques dans leur carrière, et qui ont suivi le plus de chemins différents, en arrivant à pratiquement dans toutes ces tentatives, à se recréer toujours semblables et toujours différents.

Ce livre là est peut-être le livre d’art le plus important de l’année sur un immense dessinateur, un immense illustrateur et un grand peintre aussi sur le tard.

Achetez le et passez votre vie dedans, surtout si vous êtes dessinateur, car vous y apprendrez des milliers de choses.

Le livre est édité par Idea & Design Works Publishing.

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Sexyrama

mardi 15 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Sexyrama : L’Immagine della donna nelle copertine dei periodici dal 1969 al 1979, de Roberto Baldazzini

Je vous traduis le sous-titre de « Sexyrama » : « l’Image de la femme sur les couvertures des magazines dans la période de 1960 à 1979 ».

Voilà un livre de fous qui va chercher les revues sexys, italiennes ou traduites en Italie, avec quelques ajouts : les revues hebdomadaires et mensuelles, y compris de mode, les revues politiques mêmes, à condition qu’elles aient mis en couverture une femme si possible un peu déshabillée, en tout cas sexy.

Ce livre est une merveille absolue qui contient des centaines d’images, toutes plus suggestives les unes que les autres et il est dû à Roberto Baldazzini.

Oui, le Roberto Baldazzini, merveilleux « artiste atone » comme le dit si bien Moebius, peu connu en France puisque ses œuvres érotiques transgenres sont publiées à la Musardine, et n’intéressent que quelques pervers dont je suis. Dommage, car si on les considère comme des œuvres de science fiction, elles pourraient intéresser tout le monde.

C’est pour moi le plus grand dessinateur italien, avec Tanino Liberatore, et je compte vous le prouver bientôt en collaborant avec lui. Décidément, l’homme est habité par son sujet, la femme, car vous verrez qu’il a collectionné de manière maniaque des centaines de revues que vous n’aurez pas besoin de chercher, vous avez l’essentiel : les couvertures qui, souvent, principe commercial bien connu, étaient la partie la plus aguichante du magazine.

« Sexyrama » est édité par Coniglio Editore (www.coniglioeditore.it).

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Sous la plage et sur la mer - la Beauté

lundi 14 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Le Laguna Art Museum a eu la bonne idée de sortir enfin le livre définitif « Heart and Torch – Rick Griffin’s Transcendence » sur Rick Griffin, que vous connaissez forcément, soit parce que vous avez été un peu psyché et que vous avez vu ses premiers posters à San Francisco pour des groupes qui débutaient, comme « Jimi Hendrix Experience », le « Grateful Dead » ou « The Doors ». Je cite, cela vient du dos de couverture, Ray Manzarek des « Doors » qui disait : « Rick Griffin. Un génie. Comment un terrien a-t-il pu nous donner de telles visions ? Oh, je sais – le LSD. Son poster de San Francisco pour les Doors est le meilleur poster psychédélique qu’il ait jamais
fait ».

Si vous ne connaissez pas cette période de son œuvre, vous connaissez forcément la suivante, quand il collabora avec Crumb et les autres à « Zap Comics ».

Mais ce que vous risquez d’ignorer, c’est la meilleure période de son œuvre, le final, quand il se convertit au Christianisme et illustra, de manière magnifique et terrible, avec une violence visuelle qui seyait bien au texte, « L’Evangile selon Saint Jean ».

Il y a presque tout cela dans ce livre superbe, avec en plus des tonnes de photos du beau surfeur qu’était Rick Griffin et qui nous quitta trop tôt, ayant ingurgité trop de cochonneries peut-être, à 47 ans, en août 1991, en Californie bien sûr, dans un accident de moto.

Et je dirai, pour être plus pointu, que si on veut le comparer à la musique surf, le surf qu’il aimait tant, ce serait à la chanson écrite par Dennis Wilson en collaboration avec son complice du moment Charles Manson sur une face B des Beach Boys dont j’oublie le titre à la seconde, puis au disque solo, oublié mais inoubliable de Dennis Wilson justement : la face sombre du surf qui eut son équivalent romanesque dans le polar avec Kem Nunn.

Là-aussi, je ne vous en dirai pas plus, préférant vous montrer quelques images.

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Aaron Douglas, prince de l'art nègre

vendredi 11 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Quand j’étais jeune et que j’ai découvert New-York, j’allais souvent à Harlem. Apparemment on était deux parmi les blancs avec un photographe américain, que tout le monde connaissait là-bas.

J’étais un imbécile heureux qui n’hésitait pas à aller voir le film à l’Apollo pour ne pas rater le concours qui suivait de jeunes chanteurs, la plupart se faisant jeter au bout de deux secondes sous les huées de la salle et au bout de quelquefois deux gros blacks me gardaient ma place. De toute manière, quand je me précipitais chez un disquaire local et que je frémissais avec l’apparition des premiers maxi 45 tours version longue de Earth Wind & Fire, ils ont bien compris que j’étais de la maison.

Aujourd’hui je n’oserais plus, les temps ont changé, plus de drogue certes, mais aussi parce que l’on sentirait ma peur. J’ai une famille : cela me rend vincible (juste pour dire qu’avant j’étais invincible un peu comme Jean Lefebvre dans le film « Un idiot à Paris » de Serge Korber). Et il m’arrivait aussi d’aller visiter les églises locales et divers monuments historiques. Et c’est là que j’ai découvert Aaron Douglas.

Il y a eu effectivement, avant que Moses qui, au nom de l’autorité portuaire, avait tous les pouvoirs pour faire traverser la ville par ces autoroutes gigantesques, et avant que Harlem, et plus tard le Bronx, et plus tard les autres quartiers périphériques, ne soient détruits dans leur intégrité par les autoroutes droites qu’ils destinaient au Dieu Automobile et qui partageaient soudain les quartiers en deux, les voisins ne pouvant plus jamais se parler, une « Harlem Renaissance » tout à fait extraordinaire. Certains de ces artistes sont connus de ceux qui connaissent, comme Tanner, très grand peintre. Mais pour moi (et il n’y avait pour l’instant sur lui qu’un tout petit ouvrage pas bien riche), le plus grand était Aaron Douglas qui avait inventé un style entre Music Hall, silhouettes découpées et peinture, presque unique, faisant des fresques, des tableaux et bien sûr des couvertures de disques que je ne vous décrirai pas : je préfère vous les montrer.

C’était admirable et il lui arriva même, pour la petite histoire, de travailler sur un livre que je n’ai jamais trouvé, sur New York, par Paul Morand. Le livre s’appelait
« Charleston » et était consacré (cela tombait bien ou plutôt mal) au « Strange Fruit » de Billie Holiday, sauf que le lynchage avait lieu sur la Riviera, entre soldats américains, un G.I. noir ayant eu le malheur de se mettre à la colle avec une blanche.

Aaron Douglas, pour vous dire quelque chose, c’est à la fois les simplifications du théâtre d’ombres d’Henri Rivière, mais aussi un peu de Paul Colin. En fait ce n’est aucun des deux, c’est Aaron Douglas, maître des silhouettes de couleurs, extraordinaire prince de la suggestion.

Mais je ne veux pas vous parler davantage de Aaron Douglas, vous n’avez qu’à acheter le livre, vital, car c’est un des plus grands artistes de la première partie du XXème siècle, l’égal sur les sujets sociaux de Fernand Léger par exemple, et quelqu’un qu’il faudra bien qu’on découvre un jour en France.

À l’époque, je le dis ailleurs, il y avait deux sortes de peintres importants en Amérique : les régionalistes et les citadins. Parmi les citadins, on connaît surtout Réginald Marsh ou Hopper, et il faudra absolument rajouter dans la liste Aaron Douglas qui est maintenant édité comme « African American Modernist » comme on dit, mais aussi limité par cela même.

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Sa carrière fut longue et belle et lui permit, d’une part, de voir des tournants importants de l’histoire, puisqu’il naquit en 1899 et vécut jusqu’en 1970. On pourrait dire, pour simplifier aussi, qu’il était cubiste ou Art Déco, mais ce serait vraiment simplifier.

Il est juste Aaron Douglas.

Le livre est édité par Susan Earle.

PS 1 : Peu de gens ont suggéré autant à partir d’images aussi simples, mais il a des ancêtres : depuis les masques Dogon et même avant, n’est-ce pas cela même la source de l’Art nègre qui a définitivement bouleversé l’Art en général au XXème siècle, juste après le premier rapprochement artistique important qui fut au temps de l’Art nouveau, le Japonisme.

PS 2 : Pour ceux que mon titre choquerait, disons simplement que je suis extrêmement las de ce politiquement correct qui nous oblige à appeler les choses de manière détournée, et que l’Art nègre, c’est l’Art nègre.

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Fils Unique, le livre que je n'ai pas pu finir

jeudi 10 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

de Jack Ketchum aux éditions Bragelonne

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« Fils Unique » est le troisième livre de Jack Ketchum, après l’incroyable « Une fille comme les autres » et l’aussi incroyable et aussi terrifiant « Morte Saison ».

Cet ancien secrétaire de Henri Miller a publié onze romans et trois films qui devraient en sortir, qui risquent d’être des abominations et des films insupportables au sens propre car il décrit de manière froide, circonstanciée, un peu détachée, mais extrêmement précise, des violences domestiques et répétitives qui constituent en gros l’essentiel des ouvrages en question ; un peu comme au cinéma le méconnu Douglas Buck.

Dans le cas de « Fils Unique », j’avoue que j’ai arrêté à un moment, car quand j’ai vu la manière dont la justice se retournait contre les victimes dans cette histoire de pédophilie et d’inceste et qu’il n’y avait pour eux aucune sortie, ni dans la loi, ni hors la loi, cela a été trop.

J’ai fini les deux Ketchum précédents pourtant, mais sans être spécialement une petite nature, disons que ce genre de voyage aux enfers me bouleverse trop et que je n’en ai peut-être pas besoin en ce moment.

Si vous avez aimé « La dernière maison sur la gauche » et « Salo », c’est pour vous.

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Une BD pour tout savoir sur un pays

mercredi 9 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

La première bande dessinée qui vient d’un pays dont on ignore tout culturellement est toujours passionnante, puisqu’au travers des différences culturelles, de l’humour par exemple qui est toujours différent, certains pays sont « Tongue-in-Cheek », certains pays ont un humour bien scatologique, d’autres (les chinois) ont un humour très proche du nôtre, et rient des mêmes blagues idiotes que nous où ils remplacent les belges par les japonais.

Ce n’est pas toujours vrai car certains livres ne vous donnent que peu d’infos, lorgnant vers une BD mondialiste, recopiant tristement le comic book ou le manga, perdant leur singularité qui les rend universels.

Et c’est pour cela que mon émerveillement est grand devant le pavé édité par L’Association, « Bitterkomix », consacré à un journal underground sud-africain et dont je ne vous raconterai rien ou presque, puisque Jean-Christophe Menu le fait admirablement dans la préface.

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Sachez simplement que là-bas, ils ont l’équivalent de la ligne claire mais aussi de ses dérivés plus sombres à la manière de Burns. Ils ont du psychédélique pur qui n’aurait pas déparé les affiches de Woodstock, du graphisme moderne, manière intimiste, voire nombriliste, des dessinateurs malhabiles mais qui ont des choses à dire. Et ce pavé invraisemblable nous permet en gros de découvrir l’Afrique du Sud, à propos de laquelle j’ai une anecdote : je fréquentais un peu James Brown à l’époque où il a décidé d’aller chanter au Cap. Tout le monde lui disait que c’était une mauvaise idée, lui pensait que les sud-africains, surtout les noirs, avaient bien droit à James Brown.

Il y est allé. C’était encore l’Apartheid, il a eu droit à un des premiers concerts intégrés, donc il avait raison. Le boycott culturel n’est pas toujours une solution, sinon chez des gens qui parlent sans savoir.

En tout cas, jetez-vous sur « Bitterkomix » dont je vous montre quelques images pour vous appâter.

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Eifelheim

mardi 8 septembre 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

de Michael Flynn aux éditions Robert Laffont – Collection Ailleurs et Demain

Le meilleur livre de science fiction de l’année dernière ?

C’est encore un de ces romans impurs dont Gérard Klein, ces temps-ci, a le secret.

Il est en plus formidablement traduit par Jean-Daniel Brèque et, pour vous la faire courte, je vous dirai que ce roman, qui n’a pas eu Hugo en 2007 mais qui l’aurait mérité, renouant avec la grande science fiction théologique des années 60/70, dans une histoire paradoxale de rencontres de ET’s au Moyen Age, dans un monde d’inquisitions où être extraterrestre n’est pas facile et où communiquer avec les extraterrestres sent forcément le soufre.

Je n’aime guère la science fiction historique en général, mais j’ai bien l’impression qu’ici, le nommé Michael Flynn renoue aussi avec le grand fantastique historique, à la manière d’écrivains aussi considérables que Léo Perutz.