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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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J.X. WILLIAMS RESSUCITE

dimanche 5 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

1ère Partie

La nouvelle cinéphilie m’inquiète un peu car elle a tendance à devenir de plus en plus lacunaire.

Un amateur de Argento ne regardera jamais de films de Dreyer et un amateur de Tsui Hark n’ira jamais voir du côté de Kenneth Anger, c’est comme ça.

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N’empêche que les choses existent et que, grâce aux efforts d’un certain nombre de dingos comme Jean-Emmanuel Deluxe et de Noël Lawrence, on a maintenant un gros dossier qui s’appelle « J.X. Williams, les dossiers interdits » publié par « Camion Noir » et un DVD qui s’appelle « Peep Show » édité par Serious Publishing qui permet de faire le point sur ce météor qui justement est un cousin de Kenneth Anger.

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Mais je préfère vous renvoyer à la préface que j’ai faite pour le livre et qui suit ce texte afin que vous en sachiez davantage sur ce petit maître tout d’un coup ressuscité et qui plus est encensé, je le souligne dans mon texte, de son vivant, ce qui est bien.

Il n’y a rien de plus terrible que d’attendre que les gens soient morts pour parler d’eux et je me souviens d’un article dithyrambique sur Jean Yanne dans « Libération » le lendemain de sa mort, alors que le journal avait de son vivant toujours craché sur lui.

Je vous laisse avec mon intro.

Sachez d’abord que je vous ai menti.

Sur le DVD « J.X Williams, auteur, pornographe, racketteur ».

Edité par Serious publishing, je vous ai dit pour vous faire saliver :

Est-il un fou mythomane ?

Ou un visionnaire oublié qui inventa le « Nouvel Hollywood » et ses audaces sexués ?

Personnellement, je penche pour la première solution, mais Scorsese ou Bogdanovich pour la seconde. Qui croire : eux, bien sûr.

C’était pour vous attirer : j’avais créé ainsi une fausse polémique, d’abord parce qu’il y a plein d’autres admirateurs de J.X Williams et par exemple une influence évidente de son œuvre sur celle du Brian de Palma des débuts, et sans doute sur William Friedkin à qui il faudra que je pose la question un jour, surtout dans ses dernières œuvres où il ne s’embarrasse plus de respecter une narration qu’il connait mieux que personne et va vers des hallucinations très JXWilliamssiennes :

voir l’épisode 200 de « Les Experts ».

Mais il n’y a pas de fumée sans feu.

La suite demain.

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MEDINA "LES DRAX" de Dufaux et Elghorri

samedi 4 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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Une histoire « à la Alien », un dessin vaguement otomesque, au départ je me méfiais de « Médina », premier volume d’une trilogie dûe à Dufaux et Elghorri, « Les Drax ».

J’avais tort, c’est très bien et j’attends avec impatience la suite.

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Est-ce que Médina succombera aux terribles Drax ?

J’avoue que voilà une trilogie qui me tient déjà en haleine.

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PRINCE VAILLANT FOREVER

vendredi 3 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Voici « The Definitive Prince Vaillant Companion »,

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le livre était déjà paru, il est ici complété et vient s’ajouter à la ressortie enfin chez Fantagraphics de l’intégrale de « Prince Vaillant » avec les « vraies couleurs » qui seraient, selon ce qu’on m’a dit, l’édition que nous avons toujours attendue.

Après la préface de Bradbury qui n’est jamais meilleure que quand il parle de ses nostalgies de jeunesse, tout est extraordinaire.

Depuis les essais refusés par Hal Foster pour ses continuateurs, de Wallace Wood, de Gray Morrow ou de Russ Maning (ils étaient trop illustratifs et pas assez raconteurs pour son goût), il choisit John Cullen Murphy, et il avait raison.

Il y a d’autres essais encore, ceux qui aboutirent plus tard à une œuvre que je ne discuterais pas ici car je la trouve infiniment discutable, le nouveau « Prince Vaillant » de Gary Gianni et de Schultz.

J’ai bien aimé l’essai de Vess et l’essai de cet inconnu, pour moi, qu’est Grindberg.

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Que dire de « Prince Vaillant » que je n’ai pas déjà dit? que d’autres n’ont pas déjà dit ?

Que c’est une des bandes dessinées les plus définitives du monde, une des seules, une des rares qu’on peut lire et relire sans cesse, qu’il y a un travail incroyable de la couleur car Foster, pour des tas de choses, comme les nuages, mais pas seulement, faisait directement à la couleur des choses qu’il n’esquissait pas au trait.

C’est pour cela qu’il faut lire absolument Le Prince et les couleurs telles qu’elles ont été prévues par Foster et non dans les innombrables rééditions recolorisées qui sont des monstruosités.

Oui, il vient de l’école de Brangwyn et de Howard Pyle surtout, oui il admirait James Branch Cabell et Lord Dunsany dont on retrouve un peu les émerveillements médiévaux dans son œuvre.

Oui le « Prince Vaillant » de Murphy, toujours inédit en France, vaut largement d’être lu à son tour, d’abord parce que Foster faisait les crayonnés, ensuite parce qu’il continuait à raconter la suite de l’histoire et qu’il y a par exemple l’incroyable texte dans une image qui apparaît sur la fin au bout de quarante ans et qui est signé « H.F. » (Hal Foster) pour la première fois, à propos d’une scène de ménage entre le héros et son épouse :
Aleta : « décidément « Prince Vaillant » ne comprendra jamais rien aux femmes ».

Ce n’est pas de la bande dessinée stricto sensu puisqu’il y a le texte sous l’image, d’autres ont essayé et parfois ont réussi depuis, comme Gillon ou Salinas, mais comme on veut des bulles désormais, ça n’a jamais marché, beaucoup de gens passent ainsi à côté de « Prince Vaillant », ils ont tort, c’est du grand romanesque.

C’est d’ailleurs plusieurs œuvres différentes qui se succèdent : ça commence comme une fresque médiévale épique à la Pyle, donc, avec des démons et des sortilèges, une histoire de Table Ronde et on évolue progressivement vers le « soap opera ».

Quand les enfants apparaissent, ce ne sont d’ailleurs plus parfois que des scènes domestiques où j’imagine plutôt que Robert Taylor, Rock Hudson et Doris Day.

Intéressant aussi les textes de et sur J. Cullen Murphy : le fait qu’il fut découvert par Norman Rockwell qui lui trouva parmi ses premiers travaux, et vous en verrez des images, une petite nouvelle à illustrer :

« Les Tueurs » dûe à Ernest Hemingway.

J’ai été content d’apprendre au passage que Matt Dillon est le descendant d’Alex Raymond. C’est aussi important pour moi que de savoir que Grace Kelly avait eu pour parrain Milton Caniff.

Et puis surtout on apprend des tonnes de choses sur Foster qui décidément n’était pas comme tout le monde.

S’il a choisi la bande dessinée, c’est parce qu’il aimait chasser et pêcher et toute sa vie il fit passer la pêche et la chasse bien avant la bande dessinée, n’hésitant pas à arrêter une planche pour partir traquer la palombe (ou l’équivalent local : je ne sais pas s’il y avait des palombes dans son coin).

Quand il parle, il parle surtout des odeurs, on comprend mieux que dans ses bandes dessinées quand ses héros déambulent, se promènent dans la nature, son obsession bucolique intimiste est de trouver un visuel qui fonctionne sans les parfums de la nature, car la bande dessinée n’a jamais été en Odorama, quoique, je me souviens d’une ou deux bandes dessinées en Odorama, plus tard, underground, de Jay Lynch entre autres je crois.

A noter pour la petite histoire, qu’il n’existe plus d’édition actuellement de l’autre chef-d’œuvre court de Foster, « La vie de Bernadette », écrite par le Prix Nobel de Littérature, auteur de science fiction précurseur, Franz Werfel, qui avait été enquêter sur Bernadette Soubirou sur place et qui est une bien belle chose.

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C’est chez Fantagraphics qui fait décidément en ce moment les plus beaux livres de bandes dessinées du monde.

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ULTIME RAZZIA

jeudi 2 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Le dernier catalogue « Ultime Razzia » est une merveille.

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On y découvre nombre de romans populaires dont personne sans doute n’a jamais entendu parlé depuis leur sortie comme « Le Bouton d’Email » de Léonce Prache, des tonnes de polars populaires d’aventures ou policiers voire fantastiques et sexy, et surtout il y a la reproduction d’un certain nombre de couvertures, pour la plupart dûes à des artistes totalement inconnus qui fleurent bon le pulp à la française.

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A cause des titres j’aimerais bien lire « Crime sous 4 volts » ou « Echec à la cocaïne ».

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LES FRUITS SANGLANTS

mercredi 1 décembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

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Tout Junji Ito est paru chez Tonkam et vous devez vous jeter dessus même (et surtout) si vous n’aimez pas le manga car le dessin ultra classique, joli, romantique et assez occidentalisé de Ito fait merveille sur des histoires d’horreur atroces.

Dans les générations actuelles, avec le provocateur Maruo, il fait partie de ceux que je conseille toujours aux gens qui n’aiment pas le manga.

Il est à part.

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L’histoire principale, «Les Fruits Sanglants », qui donne son titre au volume raconte des adolescents qui ont un accident de voiture lors d'une virée à la campagne et l’histoire atroce qui suit, avec ces enfants monstrueux et ces fruits rouges est horrible parce que le dessin de Ito est joli, il est même par moment mièvre, ce qui augmente curieusement l’horreur du propos dans des proportions exponentielles.

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Lisez ce recueil de nouvelles si vous ne connaissez pas Ito et forcément vous aurez envie ensuite de tout lire, ma série préférée étant l’incontournable histoire de chevelure devenue folle et d’enfants escargot qui s’appelle « Spirale ».

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