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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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La bibliothèque de Bebel - 9ème partie

lundi 15 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je vous ai déjà parlé du formidable numéro du Nouvel Observateur qui annonçait en « Une », « Barbarella, Satanik and co » par André Fermigier et Michel Cournot, au moment où la bande dessinée devint soudain un art majeur pour tout le monde et pas seulement pour les fans purs et durs, c’est ce qui est arrivé au manga depuis, et c’est bizarrement ce qui arrive maintenant parcimonieusement à quelques créateurs de bandes dessinées qui sont mis dans la lumière pour un temps plus ou moins long, voir Sfar ou Winchluss dans « les jeunes », voir Bilal en tête du peloton soudain pour ceux qui achètent la bande dessinée comme un art, devant Moebius et devant Druillet, mais pour le reste la bande dessinée désormais semble avoir quasi disparue des magazines, sinon dans quelques rubriques spécialisées : et plus d’émissions de télé et jamais plus d’articles de fond, c’est la misère.

Je réalise soudain, qu’en France en tout cas, tout commença avec le phénomène « Astérix » qui fut à la fois économique et social et que ensuite, tout s’enchaîna.
Sachant que l’autre évènement majeur fut « Barbarella », d’abord dans « V Magazine » puis chez Losfeld, puis avec sa traduction au cinéma avec Jane Fonda.

Aujourd’hui quand sort un film des « X-Men » ou des « Fantastic Four », pratiquement personne n’est capable de faire le nécessaire article pourtant, sur la bande dessinée elle-même, née il y a une trentaine d’années et donc des siècles : les journalistes désormais sont sans culture et se contentent souvent de recopier le dossier de presse, et personne (les critiques de cinéma ne sont pas forcément des lecteurs de bandes dessinées) ne sait parler sérieusement de la trahison plus ou moins heureuse, parfois nécessaire de ladite œuvre d’origine.

De plus, les récents mouvements capitalistiques autour de DC et de Marvel ne me disent rien de bon, puisqu’on a l’impression que désormais les bandes dessinées elles-mêmes qui se vendent de moins en moins (je parle ici des comic books essentiellement, les recueils se vendant un peu mieux), ne sont plus que la promotion d’un éventuel merchandising et d’un film possible, pour le meilleur et pour le pire.

Voilà donc, pour revenir à peu près à la même époque (ce Nouvel Observateur paru le 19 avril 1967), que je retrouve le supplément du New York Times du 2 mai 1971 avec en couverture « Le Sergent Rock » de Joe Kubert et l’accroche « Bweeeeow ! Whraaam ! Comic Books become relevant ».

Après cette une, est annoncé un article en page 32 qui effectivement rendrait nostalgique si je ne l’étais pas déjà.

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On y retrouve sous la plume d’un nommé Saul Braun, grand reporter de l’époque, la photo d’un jeune Stan Lee barbu et d’un Carmine Infantino avec cigare représentant, l’un Marvel et l’autre DC, qui se tiraient alors une bourre.
On était dans une période Stone / Beatles, c’est-à-dire qu’on s’entretuait pour savoir si l’on préférait DC Comics
avec Kubert et ses histoires de guerre, Nick Cardy alors omniprésent en couverture et le jeune prodige Neal Adams qui était en train de bouleverser les codes, et d’un autre côté Marvel qui, avec « Spiderman » surtout, était devenu culte chez les étudiants, avec Jack Kirby, pour les « Fantastic Four » qui était alors peut-être, après « Superman », la bande dessinée la plus populaire, et avec Jim Steranko qui se tirait la bourre avec Neal Adams dans la redéfinition graphique du comic book, ce qui, comme pour Neal Adams, ne dura qu’un temps.
Steranko arrêta d’un coup, Neal Adams, lui, fut en quelque sorte ostracisé progressivement puisqu’il défendit les auteurs, le droit d’auteur et demanda à ce qu’on rende aux dessinateurs leurs originaux, ce qui forcément le fit mal voir des grandes compagnies, l’homme était têtu et c’est grâce à lui que longtemps après, les descendants de l’auteur de « Superman » ont touché quelques picaillons, mais je pense que cela a considérablement nui à sa carrière.

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Stan Lee qui à ce moment là a un look greenwich village intello tout à fait conscient et assumé, dit que les kids veulent des histoires qui parlent de leur temps et que les adultes se sont remis à lire de la bande dessinée mais qu’ils veulent que ladite bande dessinée soit « relevant », c’est-à-dire inscrite dans les problèmes du temps,
Infantino est fier que le scénariste Dennis O’Neil utilise « Green Lantern » pour parler du racisme : l’explication suit en quelques images de Neal Adams, avec le vieux noir SDF qui parle à Green Lantern :
« j’ai lu beaucoup de choses sur vous… comment vous avez travaillé pour les peaux bleues…et comment sur une planète quelque part, vous avez aidé les peaux oranges…et ce que vous avez fait pour les peaux pourpres !
Mais il y a source de peau dont vous ne vous êtes jamais préoccupé !
Image suivante, les peaux noires !
Je voudrais savoir comment ça se fait !
Pouvez-vous répondre à ça Monsieur Green Lantern ? »

Juste après, DC ira plus loin encore puisque Green Lantern découvrira que Bucky, son compagnon, est un junkie, et le comic code authority, bâti à une époque pour empêcher les enfants d’être perturbés par des comic books excessifs, fut mis enfin à mal, il était temps, par la revendication d’un public adulte.
Stan Lee comme Infantino étaient fiers d’être lus dans les universités,
la bande dessinée à ce moment là était définitivement « in ».

Il y a même une rencontre assez rigolote avec John Goldwater, le Président de « Archie Comics » qui est quand même une bande dessinée qui n’avait pas bougée du tout
et qui réussit à dire que lui aussi était « relevant » puisque les enfants lisent « Archie », ce qui était la preuve qu’ils lisent quelque chose. C’est donc pédagogique.

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Je ne vais pas tout vous raconter, il faudrait que quelqu’un, un jour, réédite l’article qui fait 11 pages en caractères serrés et qui finit sur une apologie par Infantino de la nouvelle série de Kirby, « The New Gods », sa tétralogie quasi wagnérienne qui fut un formidable succès puis s’écroula, en disant que le maître qui avait d’abord bouleversé Marvel et qui maintenant était arrivé chez DC, était lu par les étudiants de Yale qui faisaient des versions audio pour la radio de l’université.

L’auteur de l’article va plus loin encore dans sa conclusion en disant que les livres de Kirby sont une tentative consciente pour montrer aux adultes l’intérieur de la tête des « kids » (c’est l’époque où commence, en Amérique comme en France, le culte de la jeunesse qui a forcément raison) et que chez Kirby les collages et les influences de la drogue culture permettront aux adultes de prendre en marche enfin le tournant de la contre culture et de comprendre ce qui se passe, soudain.

Oui, des moments comme ça, il n’y en a pas eu beaucoup.


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La bibliothèque de Bebel - 8ème partie

vendredi 12 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je retombe, comment avais-je pu l’oublier vu son aspect étrange ? un petit pavé oblong, extrêmement épais, édité par Pressibus, sur :
« Le Catalogue encyclopédique des Bandes Horizontales Françaises dans la Presse Adulte de 1946 à 1975 ».

 

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Je n’avais pas remarqué à la première lecture qu’ils n’ont pas tenu compte des bandes verticales (leur format est horizontal) de France Soir par exemple, et c’est dommage, il y a
dans « Le Crime ne paie pas », mais pas seulement, de très étranges choses et d’autres journaux qui utilisaient ce format.
J’ai par exemple retrouvé, paru en février 1952 dans « Maroc Demain », l’adaptation par Guy Laflotte, dessinée par Jean Boullet, du film « Le Spectre de Frankenstein ».
Ce qui me donne à penser qu’il faudrait aussi aller fouiller du côté des journaux d’Outre- Mer ou des restes en ce temps-là de notre empire d’Extrême Orient.

Ils ont été nombreux, sous la coordination de Alain Beyrand, à collaborer à ce livre majeur édité à propos d’un Salon d’Angoulême, à ses tout débuts, qui va de Jean Ache (ah ! Arabelle !) à Zel, plus quelques pages d’inconnus fort talentueux qui n’ont pas signés.

L’un deux, dans ces inconnus, à propos d’une bande dessinée qui s’appelle « Lucile » (il serait également l’auteur de « La Pantoufle Géva » !), pourrait bien être le formidable Novi.
Trois autres inconnus sont des bandes anglaises,
elles me disent quelque chose, il faudra que je demande à Thomassian.

Il y a bien sûr Arnal dont on aimerait bien revoir un jour les bandes quotidiennes de «Pif le Chien » et surtout de « Clopinet » : le dessin était plus joli, elles parurent dans l’Humanité ou l’Humanité Dimanche.

 

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Il y a Jean-Henri Bader qui fit de jolies bandes dessinées coquines dans « Ici Paris », encore mieux que les très charmantes pin-up inspirées par Al Capp de Jean David qui parurent à Lyon.

J’avais oublié qu’il y eu près de 10 000 bandes de « Max l’explorateur » de Bara, j’avais oublié Barbe Rousse, formidable dessinateur humoristique gentil, j’avais oublié certaines bandes dessinées coquines de Bellus, le très beau « Chéri Bibi » de Bernad : il avait la folie de Gaston Leroux.
Mais aussi Daniel Billon, ce grand sous estimé que Forest essaya de mettre en lumière. Dommage qu’il lui ait demandé pour « Barbarella », de copier son trait :
il aurait pu faire quelque chose d’un peu différent, et sans doute de formidable.

 

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J’avais oublié « Signé Furax » de Henri Blanc et tous les autres dont le charmant Blondeau que je lisais petit dans « Mickey », quand il adaptait « Helvegor du Fleuve Bleu » de Rosny Ainé.

Il faudra que j’y revienne puisque je vois à la seconde, et je n’en suis qu’à la page 125, qu’on retrouve Rémi Bourlès, auteur de « Bob Mallard » et collaborateur régulier des éditions Artima, avec une très naïve et forcément passionnante adaptation de « Le Monde Perdu » de Sir Arthur Conan Doyle.

 

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Tout ce que je dis là peut paraître minimaliste, c’est parce que je préfère que vous regardiez les images, on y reviendra.

Oui décidément, c’est un livre vital qu’il faudra bien un jour rééditer et compléter.
Que fait Angoulême ?

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La bibliothèque de Bebel - 7ème partie

jeudi 11 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Ca y est, je l’ai retrouvé le livre indispensable que je croyais n’avoir jamais acquis, sur la bande dessinée portugaise, qui s’appelle « Le Portugal en Bulles – Un siècle et demi de bandes dessinées » dû à Joäo Paulo Paiva Boléo et à Carlos Banderas Pinheiro, et édité par le centre de la bande dessinée belge à propos d’une expo qu’à ce moment là j’avais raté, en 2000.

Le livre est sublime, un de ces jours j’y reviendrai, mais faites-moi confiance, si vous le trouvez, il faut vous jeter dessus car on découvre là tout un continent oublié de la bande dessinée européenne.

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La bibliothèque de Bebel - 6ème partie

mercredi 10 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Il y a tous ces dessinateurs que nous ne connaissons pas et à propos desquels nous avons bien tort.

En fouillant mes caisses, je retrouve des bandes dessinées dont j’ignore tout et où je me dis que décidément nous n’avons pas encore fini le tour du monde.
Ainsi, de l’étonnante revue italienne « Skorpio » qui mélangeait rééditions et œuvres originales, avec des trucs assez classiques mais surprenants comme « Gli Avventurieri » dessiné avec compétence par Gomez Sierra et écrit par Robin Wood.
C’est là aussi qu’on a découvert Enrique Breccia bien avant la France, mais j’ai un faible pour la belle histoire « La Caccia » écrit par Ricardo Ferrari et dessinée par Oscar Capristo, en noir et blanc, qui anticipe sur les expériences d’Eduardo Risso et qui est une merveille : indiens shamans et oiseaux qui voient tout.
Je me demande ce qu’est devenu l’auteur.

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Dans un autre album retrouvé chez Xenia Edizioni, « Capolavori del Terrore », il y a une adaptation d’Edgar Poe et de « La Chute de la Maison Usher », dessinée par Luca Rossi qui s’avère, davantage que Enrique Breccia, être le vrai disciple d’Alberto Breccia.

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Et enfin venons-en à une série plus récente, dont j’ai retrouvé la collection, « Brendon », elle fait partie des séries sans fin, éditée par « La » Bonelli, la belle maison d’édition de Sergio Bonelli. En France nous avons des albums que personne ne lit mais que les italiens nous envient, car ils sont grands et en couleurs, et moi j’envie les italiens qui ont des magazines comme « Nathan Never », « Tex » ou « Dylan Dog », qui permettent à des dessinateurs de se faire la main puis de dessiner de grandes séries, avec parfois l’inconvénient de l’avantage : l’obligation de fournir beaucoup de planches leur procure une grande habileté mais fait parfois que leur trait se ferme et ils cessent d’évoluer, problème de la surproduction.
C’est chez Bonelli que l’on trouve désormais certains dessinateurs qui eurent leur heure de gloire dans la bande dessinée classique comme Esteban Maroto qui a plutôt bien évolué, et c’est surtout chez Bonelli qu’on retrouve Giuseppe Franzella qui travaille sur « Brendon », qui est jeune, puisqu’il est né en 1972 à Palerme.

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Il a un beau dessin, gothique, mais qui en même temps va à l’essentiel, un peu comme Frank Robbins avec lequel il n’a rien à voir.
Presque tout ce que j’ai lu de lui valait le jus.

Je me permets de vous montrer une page très évidemment inspirée par « Elektra », période Frank Miller, je trouve sa fausse « Elektra » à la fois plus sexy et en même temps plus dangereuse que celle des américains, et beaucoup plus convaincante.

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Voilà l’avantage qu’il y a à fouiller dans des caisses sans fin pour redécouvrir un jour, comme si c’était un cadeau qu’on s’était envoyé à soi-même par-delà le temps, des choses qu’on a ignorées en les accumulant et qui tout d’un coup sont révélations.

D’autant que j’oublie à la seconde un ou deux autres dessinateurs extraordinaires qui ont travaillés pour Bonelli, entre autres pour « Dylan Dog » ou « Nathan Never », et qui depuis ont disparus des radars, peut-être parce qu’ils ne produisaient pas assez vite et que je n’ai pas vu ressurgir ailleurs.

On y reviendra.

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La bibliothèque de Bebel - 5ème partie

mardi 9 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je retrouve l’édition originale du « Golem » de Gustav Meyrink illustré par Hugo Steiner- Prag.

Je ne vous parlerai pas trop cette fois de Meyrink, cet étrange personnage, regard fiévreux à la Carlo Molino, dont la vie fut fort bousculée suite à son dédain affiché de la Kultur allemande qui lui attira vite l’antipathie des nazis : ce sont ses livres en premier qu’ils brûlèrent, parce qu’il avait choisi comme premier sujet la légende du Rabi Lowe.
Il y eut ses duels frivoles (il était un grand coureur de jupons), les persécutions dont il fut l’objet et son séjour en prison pour fraude.

De lui Thomas Mann disait dans « Tonio Kröger » :
« Je connais un banquier, un business man aux cheveux gris qui a le don d’écrire des histoires, il fait ça quand il a le temps et son travail est souvent excellent. Malgré ses facilités, il n’a pas très bonne réputation car il a fait de la prison, il le méritait ».
En vérité, c’est la prison où il était enfermé et son expérience de la prison, qui ont fait naître son œuvre et c’est en prison, avant de se retrouver, autre lieu d’isolement, dans un sanatorium, qu’il entreprit sa conversion à toutes sortes de mysticismes :
Il alla chercher partout et surtout dans les cercles ésotériques qui alors florissaient à Berlin et à Vienne.
Il accoucha de son œuvre au sanatorium, alors que contrairement à ce que pensait Thomas Mann, il avait été innocenté après son séjour en prison car il rencontra le beau-frère de Kubin, qui le poussa à écrire des histoires.
C’est d’ailleurs à Kubin qu’il demanda d’illustrer « Le Golem », qu’il mit trop d’années à écrire.
Kubin perdit patience au bout de deux ans et utilisa ses illustrations pour « Le Golem » dans son roman « Die andere Seite », paru chez nous sous le nom de « L’Autre Côté ».
Par chance, il rencontra alors Hugo Steiner-Prag qui d’ailleurs inspira le directeur artistique de Murnau pour « Nosferatu », Grau, c’est lui qui l’a dit.

Hugo Steiner-Prag est né à Prague en 1890 et il mourut à New York en septembre 1945, il s’était enfui, à l’ascension des nazis.
Regardez ces images, elles sont éblouissantes et une grande partie de l’Expressionnisme allemand vient de là. Car que ce soit « Faust », « Nosferatu » ou « Le Cabinet du Docteur Caligari », tout était d’abord dessiné, souvent en bois gravé, ou à la manière charbonneuse de Steiner-Prag.


Le travail essentiel du metteur en scène, ce n’est aucunement diminuer son talent, au contraire, c’était de rendre vivante ces impossibles visions.

Voici quelques images de Steiner-Prag et puisque vous avez été sage, voici quelques images aussi de Kubin et de « L’Autre Côté ».

 

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Sept cavaliers Tome 2 - Le prix du sang

lundi 8 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "


Voici enfin la suite de ce qui fut sans doute la meilleure série d’aventures et de fantastique de l’an passé.

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Pour ceux qui s’intéressent à d’autres domaines, disons que nous sommes dans le film « Mongol », le magnifique film épique de ce grand metteur en scène mésestimé qu’est Sergei Bodrov, mais aussi un peu chez Buzatti, avec cette adaptation d’un roman de Jean Raspail, ce grand oublié des histoires de la littérature récente.
Jacques Terpan a fait un travail d’adaptation, je me répète, admirable.
C’est donc la suite, et nos sept cavaliers ne seront bientôt plus que six, comme ils vont aux marches de l’empire découvrirent que tout a changé et que peut-être l’empire est mort.

On attend avec impatience le tome 3, c’est vraiment un des rares chefs-d’œuvre de la bande dessinée française contemporaine et moi qui n’aime pas les séries qui s’étirent à l’infini, je suis presque malheureux qu’il y aura le tome 3 et puis ça s’arrêtera.

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Questionnaire de Prout - suite

vendredi 5 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Encore une réponse à mon questionnaire de Prout.

Voici donc une partie du texte de M. Canard. L’intégralité du texte est sur son blog : http://ca-minteresse-pas.over-blog.com/

Comment êtes-vous devenu libraire, il y a combien de temps et est-ce que ça vous amuse toujours et quel est votre spécificité, l’orgueil n’étant pas interdit ?

Je suis devenu libraire par hasard. Après avoir péniblement décroché une licence de Lettres Modernes, j'ai vu arriver à grand pas le terme de mon pionnicat et donc de ma source de revenus (à cette époque le salaire d'un temps plein de pion permettait de vivre - chichement). Comme je venais de passer sept ans coincé entre les élèves, les profs et l'administration scolaire, dans des établissements très différents, je savais à quel point je ne voulais pas devenir enseignant. Or, que faire d'autre avec une licence de Lettres Modernes, un des diplômes les plus inutiles du monde ?
J'aimais lire, et il y a avait à Bordeaux III un IUT de bonne réputation qui délivrait en un an un diplôme professionnel de libraire. J'ai tenté le concours d'entrée, j'ai été reçu, et hop, c'était parti. En assistant au premier cours, j'ignorais si libraire était un métier d'avenir, combien c'était payé, quelles étaient les conditions de travail, si je pourrais trouver facilement du boulot. Difficile de parler de vocation, hein ?

J'ai débuté le samedi 19 décembre 1998, ça va donc faire 11 ans.
Le terme "amusant" est assez surprenant de mon point de vue. Travailler n'est pas "amusant", quoi qu'on fasse. Le travail, même consenti (et pour qui l'est-il ?), est un asservissement.
Disons "passionnant", plutôt. Ça a commencé à l'être quand je suis arrivé dans un rayon BD / SF. Mais au moment où j'écris ces lignes, je dirais de mon métier qu'il est devenu fastidieux, fatiguant aussi bien physiquement que nerveusement, et pour ajouter un troisième f, futile.

Quant à ma spécificité... Je suis spécialisé en SF, Fantasy et Fantastique, et je commence à toucher un peu ma bille en BD. Je travaille dans une immense librairie générale dont chaque rayon est (presque) aussi profond que celui d'une librairie spécialisée. Donc, quand un client s'adresse à moi, il a affaire à quelqu'un qui sait de quoi il parle (ça, c'est pour l'orgueil autorisé), contrairement à lui, la plupart du temps. Je ne peux donc pas laisser parler ma passion, mais plutôt cerner le besoin ou l'envie de mon interlocuteur et y répondre au mieux. Même si ça consiste à lui vendre le tome 10 des Blondes. J'imagine que si je travaillais dans une petite librairie spécialisée, je pourrais vendre Fin de chaîne (la meilleure BD sur la bêtise auto-destructrice de l'espèce humaine) à toute personne qui passerait la porte du magasin. Pas là où j'opère. Là, je dois rester à l'affut pour repérer les gens , curieux, éveillés et de bon goût qui sauront se laisser séduire par ces dindons. Et ça, oui, c'est amusant.


Questionnaire de Prout

jeudi 4 février 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Ca y est, j’ai la première réponse à mon questionnaire de Prout.

C’est un ex-libraire qui s’y colle mais pour moi ça compte car personnellement je me considérerais toujours comme un ex-brocanteur (même si je ne le fus que quelques mois), et comme un ex-libraire (même si je ne le fus que l’espace d’une année, une année et demie).

Voici donc le texte de Xavier :

Je suis devenu libraire sur le tas, dans une petite librairie indépendante rennaise (Critic). J'y suis resté six ans. Je suis ensuite devenu responsable BD/SF d'une grosse librairie rennaise (Le Forum Privat), rachetée par une grosse chaîne que je ne nommerai pas, parce que je ne cautionne pas, mais pas du tout, sa macabre évolution. Ce métier m'amuserait encore s'il existait toujours dans ces grands groupes... en librairie indépendante, pas de problème pour remettre le couvert...

Le client : en fait, une cliente fan de SF, adorable. Elle revient tous les deux mois de Conakry ; c'est une dame d'une cinquantaine d'années qui visiblement adore mes conseils et tous les deux mois rapporte chez elle pour quelques centaines d'euros de livres achetés après une bonne heure de discussion. C'est souvent ainsi que ça se passe avec mes meilleurs clients. On discute pendant un bon moment et au final, le client se retrouve avec une pile dans les bras. Quant à une anecdote autour d'un livre : A la sortie du roman de Flynn, Effelheim, trouvant la couverture d'une laideur absolue, j'en ai réalisé une alternative, avec l'aide d'une amie caissière... il a très bien marché (les petits lapins sont vendeurs, qu'on se le dise), la couverture alternative a circulé sur le net, et j'ai même eu un prof de com qui m'a demandé l'autorisation d'utiliser ma couverture pour l'étudier avec ses élèves...

Pour les livres que l'on vend beaucoup, oui, il y en a et effectivement d'autres qu'on ne parvient pas à vendre, parfos pour d'obscures raisons. Comme je suis éclectique, je me suis rarement cantonné à vendre quelques livres. Mais bon, j'ai cartonné des romans comme L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde, Une Porte sur l'été de Robert Heinlein, La Terre Sauvage de Julia Verlanger, Gagner la guerre de Jaworski, le déchronologue de Beauverger, Spin de RCW... à l'inverse, j'arrive pas à vendre du Gene Wolfe, malgré des millions d'essais, du Steven Erickson, du Fritz Leiber (le cycle des épées)... je dois mal m'y prendre pour ceux-là^^

Sur une île désert, j'emporterais La Terre Sauvage de Julia Verlanger...

Le livre de cette année, hum, allez : Le déchronologue de Stéphane Beauverger aux éditions La Volte.
Je n'attends pas de livre en particulier...

Le livre ne va pas mourir, je n'y crois pas une seconde. Mais si c'était le cas, oui, ça me ferait de la peine...
Accessoirement, je me positionne pour l'e-book. A mon sens, il s'agit plus d'un support de complément qu'un support de remplacement
...

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