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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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La mondaine - 2ème partie

vendredi 7 mai 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

La suite raconte la manière dont pendant longtemps, entre bordels, prostituées de la rue et « mondaines », ce qui n’avait pas le même sens qu’aujourd’hui : une mondaine était plutôt « une femme de petite vertue », ce que ma mère appelait « une femme en cheveux » et je me souviens, quand j’étais petit, qu’elle était scandalisée par les femmes qui ne portaient pas de chapeau pour se rendre à l’église ou « en visite ».

Allez, je vais vous commenter l’iconographie (le livre vous le lirez avant moi : il est trop riche comme certains gâteaux, crème et beurre, provinciaux qu’on ne peut pas finir).

On y voit un catalogue de tarifs de 1915, de bordel : ils appliquaient à leur manière la révolution industrielle, quelques photos et quelques dessins « olé olé » vendus sous le comptoir, d’autres, autorisés, on y gommait les poils pubiens ce qui a duré jusqu’aux années 60, avec les revues naturistes.

On notera que de tout temps, il y eut hypocrisie, car nombreux étaient les hommes politiques et les notables qui allaient au bordel, des édiles qui proclament pour ne pas perdre leur électorat de « grenouilles de benitiers », qu’il fallait les fermer.

Les rapports de police secrets mais bien utiles qui parfois pour obtenir quelque chose des habitués qui avaient une « position sociale » utile, décrivent en détails les maisons closes, les perversions dans certains endroits, dans certains lieux.

Il y avait celui qui se prenait pour un pirate avec une esclave, celui qui voulait assister à son propre enterrement, on croise Céline, derrière une vitre sans teint qui vient assister aux ébats de son amie Elizabeth Graig à qui il a dédié son roman « Voyage au bout de la Nuit ».

Il y a le magnifique décor du Chabanais, un mélange de « 1001 nuits » et d’art nouveau, mais j’en passe, il y a tant de choses, pendant l’Occupation où les affaires continuèrent : on découvre qu’il y avait une Allemagne à deux vitesses qui interdisait les bordels en Allemagne, mais qui les organisait dans les pays occupés.

Ensuite vint la fermeture des maisons closes par Marthe Richard, une histoire compliquée puisque cette espionne n’avait, semble-t-il, pas hésité à donner son corps au service de la France et eut un destin à peu près contraire à celui de son homologue Mata Hari, qui à la fin de la guerre de 14 sera fusillée, tandis que Marthe sera glorifiée.

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Les maisons closes seront remplacées par les filles de rues, on remarquera l’apparition du « groupe des vicieux » qui utilisa les journaux pour se retrouver et qui préfigura les échangistes, les rapports entre drogue et prostitution, la manière dont les maisons closes qui, comme certains bars de Pigalle « fixaient » le banditisme, selon ce que m’avait raconté un jour un policier haut placé qui se plaignait de la fermeture de certains endroits où ces messieurs et ces dames avaient leurs habitudes et qui amena la police à devoir chercher ailleurs et pour les putes essentiellement, dans des « salons de massage ».

Ensuite vient une période que l’on connait mieux, les années 50/60 avec, mais je vais vite, les revues sexy maintenant plus ou moins tolérées.

L’iconographie change, des photos non plus artistiques mais factuelles, de prostituées au travail ou procédant à leurs ablutions, il y aura Pompidou et l’affaire Markovic, j’étais à l’université et je me souviens avoir vu des photos truquées du couple présidentiel, évidemment des faux mais que, révolution aidant, nous considérions comme forcément vraies.

Après 68, ce sera la libération sexuelle, une culture différente s’installe avec des guides imprimés que l’on peut acheter pour connaître comme dans le guide Michelin les meilleures tables en quelque sorte.

Je me souviens de mon copain Alain Pancard qui passait les putes en notes de frais.

Puis vint Marc Dorcel, le roi du porno chic, auteur des musiques de ses films, de l’arrivée du gay sur les rayons de ce que vont devenir les sex shops, jusqu’alors tout était interdit l’homosexualité davantage que le reste, et l’arrivée en parallèle des femmes à la police judiciaire.

On passe ensuite aux années 80 et au minitel rose. J’ai un ancien ami que j’ai perdu de vue qui a fait fortune dans ce domaine : il fut un des premiers à y croire.

Le monde changeait. On voit surgir le premier supermarché du sexe, il change encore plus avec une femme à la tête de la Brigade de Répression du Proxénétisme et puis on est hier matin, avec les années 90, l’import / export de prostituées, le retour de Mme Claude qui avait déjà été évoquée et qui me fait penser aux vacances que j’ai passé il y a longtemps avec Heidi Fleiss.
Très franchement, même si elle était très bien entourée, je ne me suis jamais aperçu à l’époque qu’elle était, comme on dit, une mère maquerelle.

Et on est aujourd’hui, on évoque la naissance du « Queen » avec les « Drag Queen ».

Il y a des tas de choses que vous avez lues dans les journaux, effet d’annonce et oublié le lendemain, qui sont ici bien mises dans l’ordre, si bien qu’on a une géographie utile du Paris libertin et de ce monde parallèle qui cohabite avec le monde normal, comme dans les romans de science fiction, les univers parallèles.

Mais je n’ai plus envie de vous parler du livre, magnifique, mais d’autres choses. Je suis passé à Noël devant un grand magasin, tôt, j’étais fatigué : j’ai remarqué dans des vitrines, éclairées de manière fluorescente, des mannequins de femmes rigides portant des sous-vêtements délurés qui apparaissaient phosphorescents sous la lumière noire.
Je me suis demandé un moment, pas encore réveillé, si on n’avait ouvert le plus grand des grands sex shop du monde et puis non, c’était les vitrines de Noël dudit magasin, là où quand j’étais petit j’allais voir des rennes et leurs chariots et le Père Noël, et des petits lutins qui inlassablement fabriquaient des jouets.

Et tout d’un coup j’ai pensé aux policiers qui doivent gérer ce monde « interlope » qui a changé, devenu libéral, les prostituées venues d’un peu partout, quasi esclaves, des femmes tristes ou affamées qui se prostituent occasionnellement, et d’autre part des affiches dans le métro, pour des produits de grande consommation qu’on aurait interdit pour pornographie il y a vingt ans seulement.

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Etrange monde, avec bientôt au point le cyber sex, à deux vitesses, morales.
D’un côté, la liberté pour tout un chacun de faire ce qu’il veut, c’est le côté révolutionnaire, rose, idyllique, et de l’autre, comme toujours, la misère humaine, des filles qui grelottent sous la pluie le long d’autoroutes glauques quelque part dans le sud de l’Italie sans qu’aucune voiture ne s’arrête.

D’un côté la révolution sexuelle, notre corps nous appartient, et d’autre part, l’âge industrieux des corps qui n’appartiennent plus à leurs propriétaires.

Décidément le livre de Véronique Willemin me laisse rêveur car comme certains space opera, il m’a fait décoller, partir vers ailleurs, penser à d’autres choses : à « la chose » comme on disait avant.

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Commentaires (2)

La mondaine - 1ère partie

jeudi 6 mai 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

de Véronique Willemin

éditions Hoebeke

 Je suis un peu embarassé car le prodigieux ouvrage de Véronique Willemin, « La Mondaine – Histoires et Archives de la police des mœurs » aux éditions Hoëbeke, il est tellement riche que je n’avance pas beaucoup dedans.

Si vous aimez les secrets sordides, les bassesses et les mauvais côtés des grands de ce monde, en savoir plus sur depuis le Moyen Age jusqu’à nos jours, sur l’étrange cohabitation qu’il y eut aux deux bouts de la chaine chez les très pauvres de « la Cour des Miracles » et les nobles, avec au milieu, absents en somme, et se livrant à moins de perversions, faute d’imagination peut-être, ou simplement parce qu’ils étaient heureux comme ça, les paysans ou les bourgeois qui n’avaient pas besoin du frisson ultime nécessaire aux nantis blasés, ni la nécessité comme les miséreux d’aider à assouvir lesdites pulsions.

Si, en gros, et même si vous le niez, vous lisez les journaux « people » et ses ragots sordides, vous êtes des enfants de La Mondaine ou plutôt de la légende de La Mondaine.

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La Mondaine, c’est l’histoire de cette police qui fut créée un jour « pour observer, surveiller et parfois dénoncer le comportement des acteurs de la société de tous les milieux », même si plus tard cela a été assimilé à la traque de la prostitution qui d’ailleurs pouvait croiser tous les milieux précités.
Car dans ce livre avec une iconographie fabuleuse sur laquelle je reviendrai, avec l’aide de Guy Parent, Chef de la Brigade de Répression du Proxénétisme aujourd’hui, qui dit des choses bien intéressantes en préface, et des origines c’est-à-dire en gros depuis le Moyen Age en passant par tous les rois, débauchés ou puritains, et en traversant la Révolution (période illustrée par quelques très belles images, entre autres, de sublimes dessins d’Achille Devéria, licencieux et magnifiques), la création des bordels et l’apparition des photos légères et par ce qui fut, avant La Mondaine, la Police des Mœurs, on arrive enfin au cœur du sujet, en passant la création de La Brigade Mondaine.

Ah ! ces beaux messieurs tous à moustaches et avec melons sur la tête !
La Brigade Mondaine, je le savais déjà mais dans ce livre c’est beaucoup plus clair, c’est donc l’ancienne Brigade des Mœurs qui deviendra en 1975 la Brigade des Stupéfiants et du Proxénétisme.

Il y a tout, des coupures de presse de quotidiens sur les scandales provoqués par ladite Brigade Mondaine qui parfois n’hésitait pas à embarquer de pauvres innocents qui avaient le tort de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, il y a des cartes postales coquines consacrées aux comédiennes qui, on le sait depuis Shakespeare, pratiquent aussi, il faut bien vivre, le plus vieux métier du monde, quelques images interdites et quelques images autorisées du début du siècle et la photo de l’œil que portait au revers les policiers de La Mondaine copiant le logo de l’agent détective privé Pinkerton, un œil ouvert avec en-dessous la mention « Nous ne dormons jamais » - «  We never sleep » - j’apprends, et nous n’en sommes qu’à la page 60, que cet œil que les policiers de La Mondaine portait au revers leur permettait d’entrer dans les endroits les plus sélects et les plus fermés du fait de leur fonction et que c’est de là que vient l’expression « Entrer à l’œil ».

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La suite une autre fois car de ce livre doucement je me délecte.

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La bibliothèque de Bebel - 14ème partie

mercredi 5 mai 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Si vous êtes dessinateur, vous connaissez peut-être, mais si vous ne l’êtes pas et même si l’idée de dessiner vous est jamais venue, vous devriez pourtant de temps en temps jeter un œil sur les ouvrages consacrés à l’art du dessin.

Il y en a de merveilleux.

Pas ceux qui vous apprennent à dessiner à la manière de Marvel, ou de DC Comics, ou des mangas, c’est-à-dire à la manière de quelqu’un d’autre, mais ceux qui tout simplement essayent de vous apprendre le dessin, classique.

Pas Burne Hogarth qui voudrait vous faire dessiner comme lui, ce qui n’est pas forcément une bonne idée, mais quelques dessinateurs extraordinaires comme Fritz Willis ou Andrew Loomis dont les livres sont aussi, en dehors des pages très techniques sur la silhouette et les proportions, des recueils de merveilleux dessins qui donnent à rêver.

Je vous parle de Loomis dont j’ai presque tous les livres, je les aime pour leur beauté pure, cela m’a amené parfois à acheter dans d’autres pays de nouvelles éditions et à voir que hors la France, Loomis régnait toujours.

Ce grand dessinateur est collectionné par nombres d’amateurs de pin-up, car il aimait dessiner les femmes nues et le faisait mieux que personne et il est souvent réédité.

C’est ainsi que je retrouve « Das Figürliche Zeichnen » publié dans les années 60 à Zürich et qui doit se trouver sur internet, qui est un très joli recueil consacré à la figure féminine par Loomis.

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Et c’est ainsi que je retrouve une édition japonaise, là je serais plus embêté pour vous lire l’éditeur, en tout cas c’est la traduction de « Drawing the head and hands » édité à Tokyo par l’éditeur américain Charles Tuttle, il doit donc y avoir également une édition américaine.

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Si vous aimez le dessin mais aussi l’« americana », des coiffures qu’on imaginerait plus aujourd’hui, des visages qui semblent désormais avoir disparus et surtout si vous aimez les belles femmes, vêtues ou dévêtues, je vous en montre quelques exemples, vous ne pourrez plus vous passer de Loomis désormais, vous pouvez aller voir sur Amazon, mais vous pouvez aussi fouiller ici ou là car il m’arrive d’en trouver à deux ou trois euros qui trainent chez les bouquinistes et sur les marchés.

Il y a d’autres « How to Draw » que je vous conseillerai un jour et dont j’ai toujours pensé que la plupart d’entre eux ne pourraient pas vous apprendre à dessiner, il y en a même de carrément escrocs, dûs à des maîtres qui font semblant d’oublier leur génie et qui passent comme par magie d’un corps esquissé à un dessin superbe en deux ou trois stades, et qui font penser à ces terribles manuels destinés à vous apprendre à monter tout seul votre mobilier : l’étagère sera toujours de travers, mais ils me fascinent tous car ils sont riches en beauté académique, ont pris depuis que l’académisme a mauvaise presse et a disparu des écoles d’art comme des livres rebelles, tout à fait fascinants, où l’on peut passer des heures.

Ils étaient la norme, maintenant ils sont la révolution et je vous montre ici à titre d’exemple, en dehors de quelques pin-up, un combat de squelettes de Loomis qui me semble être une des plus belles images de science fiction du monde.

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Commentaires (3)

Druillet enfin

mardi 4 mai 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je me suis aperçu qu’au fil du temps j’avais préfacé presque tout le monde, je veux dire presque tout le monde dans la bande dessinée française des années 80/90.
Et parmi les dessinateurs que j’aime dont certains venus depuis, il y en a encore deux ou trois, dont j’attends la demande pour être bien complet.

En fait, j’aime bien les préfaciers mais je préfère les postfaciers : je transforme les préfaces en postfaces la plupart du temps, j’aime bien lire un livre puis lire la préface et voir si la perspective de l’auteur est la même que la mienne.

Mais dans certains cas il m’est arrivé aussi, quand j’étais jeune surtout et quand il y avait « La bibliothèque de Babel » préfacé par Borges, d’avoir lu d’abord la préface de Borges pour certains auteurs qui ne me disaient rien et que j’aurais peut-être ignorés autrement.
Moi je n’ai préfacé que de la grosse cavalerie, à quelques exceptions près. J’enfonçais donc un clou supplémentaire dans un billot déjà garni. Et bientôt il n’y aurait plus de place entre les têtes de clous. Et ces temps-ci, je m’y remets de temps en temps, je crois bien que c’est la première fois que j’ai l’occasion de faire une préface pour Philippe Druillet que je connais depuis toujours, je me suis dit que l’exercice, en tout cas pour les derniers ouvrages que j’ai dû introduire, devenait périlleux car je faisais trop souvent appel à des souvenirs personnels : c’est peut-être intéressant mais c’est facile.

C’est pour cela que quand les éditions Zanpano qui font de l’excellent travail, m’ont demandé de préfacer « Métal Mémoires » de Druillet, je me suis dit que je pourrais peut-être faire autrement et essayer d’oublier notre longue amitié et la connaissance que j’avais de l’individu, essayer de m’abstraire en somme.

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Je ne sais pas si j’ai réussi mais voici en tout cas la préface en question :

Préfacer le livre d’un ami dont on a été extrêmement proche est un exercice difficile car on doit fouiller dans les souvenirs, empilement de roses séchées et d’épines cassées.

Seule la ficelle du bouquet est intacte, et le parfum déletère.

Je vais donc essayer de vous dire pourquoi Druillet est grand dans l’absolu, le plus objectivement possible.

J’étais à San Diego il y a trois ans, j’avais pris un motel qui ressemblait à celui de « Psychose », pour être juste en face du porte-avions « Enterprise » que j’allais contempler chaque matin à l’aube, et l’après-midi, n’en pouvant plus de la Comicon surpeuplée, j’allais souvent me recueillir dans la plus belle boutique de jouets du monde qui plairait bien à Druillet d’ailleurs : le musée des voitures de pompiers américaines.

Je suis quand même passé sur un stand, celui de « Last Gasp ».

Il restait là quelques hippies en bon état qui avaient survécus à tout : aux expériences psychédéliques, aux accidents divers et aux noyades alcoolisées dont un, le maître de séant, qui avait participé au tout début de l’underground avec Crumb, Robert Williams et les autres.

Il avait changé, moi aussi, il ne m’a pas tout de suite reconnu.

Puis, il a eu un grand sourire et il s’est tourné vers sa fille, une jolie californienne goth, la trentaine et lui a dit : « Tu vois, c’est avec lui que tout a commencé ».

S’en est suivie une conversation à trois où je l’ai contredit en disant que c’était eux qui avait tout commencé et lui, expliqua à sa fille que non : ils s’étaient contenté de distribuer des petits fascicules dans la rue, qui firent leur chemin doucement, tandis qu’un jour avec « Heavy Metal », j’avais changé le point de vue américain sur la bande dessinée puisque la génération suivante de créateurs locaux, Frank Miller et les autres prirent la suite.

C’était vrai.

Nous vendions alors  plus de 200 000 exemplaires par mois et Marvel et DC s’en inspirèrent immédiatement.

J’ai alors réalisé qu’il avait tort : que celui qui avait fait exploser la bande dessinée avant « Métal Hurlant », c’était Druillet.

Parce qu’il était tombé au bon endroit, au bon moment, dans l’hebdomadaire « Pilote » qui était encore un journal classique lu par tous où soudain apparurent « Les Six Voyages de Lone Sloane », grenade à fragmentations qui balaya d’un coup tout ce qui existait avant. Il avait fait imploser la page des petites cases bien rangées, ses planches ressemblaient à des tableaux, à des œuvres d’art et on sait que depuis les marchands se sont emparés du temple pour le meilleur et pour le pire.

Et aussi pour la première fois, quelqu’un racontait le monde d’après : un monde sans dieux, un monde de sauvagerie primitive, de peurs et de terreurs mais où l’individu, à condition d’être fort, peut continuer le voyage et survivre.

La fin du monde a eu lieu et nous vivons après et c’est pour cela que Druillet est grand.

Il a inventé les formes du futur qui sont devenues les formes du présent avec ses personnages aux yeux rouges, brûlés par trop de visions d’apocalypse et créé les nouveaux dieux aux bouches grandes ouvertes, incarnation du chaos et de l’anthropie qui tous les jours nous dévore.

Il est peut-être tout simplement le plus grand visionnaire du monde où nous vivons désormais.

Evidemment, maintenant il faut que vous achetiez le livre, dépêchez-vous car il n’est tiré qu’à 350 exemplaires. Il n’y en aura pas pour tout le monde.

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Message dans une bouteille (12)

lundi 3 mai 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Pour Pascal Jaquot qui se demande comment me joindre : c’est simple, il a réussi.

Mais oui, bien sûr je vais garder mes archives le plus longtemps possible ou si du moins je ne les garde pas et en fais don à un organisme, je garderais des scans, d’autant que je compte bien tirer un maximum d’informations de tout cela pour en faire un livre un jour ou l’autre avant de ventiler.

Cher Lupo Mnema, dis-moi comment s’appelle le livre d’Oscar Capristo, l’histoire de gladiateurs chez un éditeur uruguayen par le même scénariste, ça me passionne. Et si tu peux m’envoyer un scan c’est encore mieux.

A Olive, sans redire ce qu’il a déjà dit, je dirais juste que Lee Brown Coye n’a peut-être pas influencé Will Eisner mais qu’en tout cas un autre grand dessinateur de pulps, lui l’a définitivement fait, c’était le grand Edd Cartier.

A Olive toujours, je dirais que oui bien sûr si on est patient, j’ai l’impression que tout ressort ou va ressortir un de ces jours dans les grands classiques américains.

Quant au « c’était mieux avant » magazine et diversité des talents graphique, je suis plus ou moins d’accord.

La vérité c’est qu’il y a énormément de bonnes choses qui paraissent, parfois chez des éditeurs mal distribués et que la surproduction nous empêche de voir les quelques pépites mais il y en a toujours. En fait, il y a autant de bons albums qu’à la grande époque mais ils sont noyés dans un fatras qui rend bien difficile l’accession aux pépites véritables comme l’éblouissant Carlos Nine.

Cher Baron Rouge, je vois que Morgan et Hirtz t’ont répondu.

Moi par contre je regrette un peu mon article né d’une colère légitime mais en fait j’ai réalisé que mon travail n’était pas de détruire mais plutôt de construire et je pense que je ne referais jamais la même chose, j’ai pris trop de place pour un livre qu’effectivement je n’ai pas aimé.

Cher Mantichore, oui pour Welles nous ne saurons jamais rien vraiment car l’homme était affabulateur et dans certains cas je l’ai surpris à mentir carrément. Quand on lit « Memories of an actor », le formidable premier tome des mémoires de Charlton Heston qui raconte comment il a quitté le tournage de « La Soif du Mal » avant la fin pour aller tourner un autre film qu’il n’a pas réalisé, au Mexique, et comment il a laissé le montage entre les mains des gens qui étaient restés, cela contredit tout ce qu’on a dit ensuite, lui y compris, sur le saccage de « La Soif du Mal ».

Il aurait juste laissé quelques notes sur un ou deux papiers.

Et Charlton Heston qui l’avait imposé (car à ce moment là il était le roi de Hollywood), était apparemment effondré par les difficultés qu’il y avait à travailler ainsi avec lui.

Cher Jean-Daniel Breque, tu as raison de me dire que je suis gâteux car effectivement c’est dans « Marathon Man » que Laurence Olivier est nazi dérangé.

Cher Juju Collector, pour m’envoyer des EC comics saupoudrés d’antrax, c’est à cette adresse : DES FILMS c/o Les Humanoïdes Associés – 24 avenue Philippe Auguste 75011 Paris – Attn : Jean-Pierre Dionnet.

Et oui cher Thomas Ragon tu as raison, « Ilya » est bien anglais, tu me l’as d’ailleurs prouvé depuis.

Par contre, je reviendrais sur les autres dessinateurs que j’annonçais comme russes car non seulement russes ils sont, mais parfois publiés en France et j’ai appris que l’un d’entre eux serait même publié chez « Actes Sud », le plus doué, celui que j’appelle « le nouveau Breccia » russe. Mais je n’ai pas pu le trouver : ce serait une adaptation de « Le Maître et Marguerite ».

Cher Jean-Alain Moens, pas d’accord pour le sombre crétin Lacassin, sur Lovecraft oui, et il vaut mieux en revenir à Truchaud qui lui savait tout ce qu’on pouvait savoir à l’époque, mais dans tant d’autres domaines Lacassin a ouvert tant de portes que personnellement je lui pardonne.

Il en a d’ailleurs plus rien à foutre.

A Martial et à d’autres je répondrais que je suis bien content que vous vous mettiez tous à De Luca, ça serait bien qu’un éditeur en France fasse pareil.

A Clément je dirais que pas mal d’œuvres de Kurtzman sont parues en France mais en revues, et grâce à Wolinsky, c’était dans « Charlie ».

Encore pour Pascal Jaquot qui a presque mon âge puisqu’il lisait « Comics 130 », je dirais que pour l’œuvre de Frazetta, il n’y a pas trop à s’inquiéter, comme il a atteint une cote considérable, ses originaux maintenant circulent et sont faciles à tracer et on a maintenant accès à presque tout, sous toutes les formes, un jour j’ai pris mon étagère Frazetta et j’ai vu que j’avais une cinquantaine de livres, fanzines, catalogues d’exposition, non pas 50 d’ailleurs, j’en avais compté 64 ! sans compter les rééditions de ces bandes dessinées signées par lui ou en collaboration avec d’autres comme Al Capp et Dan Barry.

Le Reclus a raison de me dire qu’il y a une grande parenté entre « Weirdo » qu’on peut effectivement toujours se procurer et « Humbug » et oui c’est évident, Crumb et les autres se sont inspirés de « Humbug », je l’avais oublié.

Quant aux ventes de « Humbug », je n’en sais pas plus.

Peut-être est-ce dit dans le beau livre sur Harvey Kurtzman qui vient d’être publié par Abrams, que je n’ai pas et peut-être que cela peut se trouver sur des sites américains mais je n’ai pas pour l’instant trouvé de statistiques fiables.

Cher John Mac Pudead, dis m’en plus, je ne retrouve plus mes « Lady Snowblood » dont j’ai fait la préface, c’est un comble. Je ne peux donc rien te dire sur le bouquin sur le gekiga. Non, il n’est pas paru en France, non je ne me souviens plus s’il est paru en anglais, il faudrait que tu me rafraîchisses la mémoire.

Cher Pierre, content que « Geek » t’est conduit jusqu’à moi, j’aime bien cette revue.

Quant aux rééditions des fumettis, puisque cela repart, j’en parlerai au fur et à mesure.

Merci aussi du renseignement sur la réédition de « Fu-manchu », confidentielle certes mais qui sort, cela est bien. Et sur les renseignements sur la BD de Robert Bressy qui vient de sortir « Phèdre » aux éditions du signe que je vais m’empresser de chercher.

Cher Siestacorta et Mantichore, décidément le Dionnet perd la tête, évidemment que c’est Speedy, le compagnon de Green Arrow qui est un drogué et non Bucky, partenaire de Captain America.

Problème du blog, je veux aller vite et parfois, fatigué, je mélange tout.

Peut-être faudra-t-il bientôt que j’arrête si je continue comme ça.

A Jean-Daniel Breque encore, bonne nouvelle le nouveau livre sur Infantino chez TwoMorrows, je n’attends que ça.

Cher Yann Pierre, comme d’habitude nuançons les choses, il y a parfois de bons livres en tête de gondole, mais c’est vrai que certains livres me semble être écrits par des morts et pour des morts, ce sont pourtant bien des vivants qui font leur succès, des zombies culturels en somme.

Et cher Martial, en ce qui concerne Infantino, je ne regrette pas mes articles à l’époque dans la revue « Phénix », ce que je regrette par contre c’est que Infantino comme beaucoup de grands auteurs américains, n’aimait pas trop parler à l’époque de son œuvre et puis c’était le patron de DC, il n’avait pas beaucoup de temps, si bien que je n’ai pas pu lui tirer un certain nombre d’informations qu’il commence d’ailleurs à lâcher ici ou là, peut-être plus dans le prochain livre sur lui, ses interviews qui le rendent encore plus intéressant, entre autres par la manière qu’il a de s’auto-diminuer en disant qu’il n’est jamais parvenu à faire exactement ce qu’il voulait.

Ce qu’il a fait, moi, en tant que lecteur, me va fort bien et il a tort.

Vous êtes deux à saluer Xavier le libraire et j’en suis content mais j’ai un vrai problème avec « Le questionnaire de Prout », c’est que la plupart des libraires à qui je demande de répondre, en trouvent pas le temps.

C’est ce qu’ils me disent, ils ont un métier harassant.

En vérité, je crois que certains d’entre eux n’ont pas envie de répondre et quelque part je les comprends car être libraire, ce n’est pas se mettre en avant mais c’est mettre les livres en avant.

 

 

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