×
L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

Liste des billets

ETONNANTS VOYAGEURS 2010 ET LE GRAND PRIX DE L’IMAGINAIRE

vendredi 18 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

2ème PARTIE

Et voici maintenant les livres récompensés.

 

Les Grands Prix de l’Imaginaire

 

Le prix a été remis à La Rotonde Surcouf, (on est chez les pirates), le samedi 22 mai à 18h00.

 

Le prix du roman francophone est allé cette année à « Chien du Heaume » de Justine Niogret, aux éditions Mnémos, c’est un premier roman d’une auteur qui gagne à être connue et dont on attend maintenant ce qu’elle va donner ensuite : en ce qui me concerne, j’attends beaucoup.

 

Le prix du roman étranger a été attribué à « Dans les limbes » de Jack O’Connell aux éditions Rivages.

 

Pour vous la faire courte, Jack O’Connell est un prodigieux écrivain de polars dont j’ai adoré les livres précédents, que ce soit « Porno Palace » ou « B.P.9. », toutes ces histoires situées dans sa ville imaginaire et quasi gothique de Quinsigamond, au bord du lac de Quinsigamond qui lui existe vraiment.

 

« Dans les limbes » est un ouvrage curieux puisque O’Connell gratte là où ça fait mal dans ses traumatismes de jeunesse, le livre commence comme un polar, il dérive vers le fantastique, d’ailleurs très influencé par la bande dessinée, et cela finit en un livre sur l’écriture et sur le pardon, le pardon de ses fautes car c’est aussi une autobiographie déguisée. Je ne vous en dirai pas plus, sinon que c’est un livre prodigieux qui transcende le polar, qui transcende la science fiction mais en tout cas un ouvrage sur l’imaginaire prodigieux.

 

Le prix de la nouvelle francophone a été attribué à « Les Trois livres qu’Absalon Nathan n’écrira jamais » de Léo Henry. Léo Henry se révèle avec cette nouvelle être un auteur lui aussi considérable, d’autant qu’être auteur de nouvelles aujourd’hui, ce n’est pas un jardin de roses : il y a il aurait sans doute été publié à la NRF, plus tard dans « Planète » ou dans d’autres revues qui avaient pignon sur rue. Maintenant il naît dans une anthologie, formidable d’ailleurs, « Retour vers l’Horizon » chez Denoël, où d’ailleurs les autres textes sont tout à fait lisibles.

 

En tout cas ne manquez pas Léo Henry, si les petits cochons ne le mangent pas, il va devenir un écrivain de premier plan.

 

Le prix de la nouvelle étrangère a été attribué ex-aequo à « Exhalaison » de Ted Chiang (Bifrost n°56) et « Océanique » de Greg Egan, aux éditions Le Belial.

 

Ted Chiang produit peu mais chaque année il a un prix, que ce soit Le Nebula ou Le Hugo.

 

A cela une raison.

 

C’est un écrivain parcimonieux mais extraordinaire.

 

Le prix du roman jeunesse francophone a été attribué à « Eté Mutant » de Victor Dixen aux éditions Gawsewitch.

 

J’ai eu l’occasion à Saint-Malo de rencontrer Victor Dixen qui est fou comme un lièvre de mars, ce qui pour moi est un compliment.

 

Il ressemble bien à ce qu’il dit dans son livre, un insomniaque qui profite des décalages produits par l’insomnie et de la distorsion du réel afférente pour nous raconter une histoire sidérante où affleurent ses peurs, ses terreurs mêmes, qui se mêlent au réel si bien que l’on perd pieds.

 

« Eté Mutant » est un survival pour adolescents. Il est beaucoup plus que cela, c’est un livre extrêmement dérangeant. Ceci aussi est bien sûr dans ma bouche un compliment. Le prix du roman jeunesse étranger a été attribué à « Le Livre des Choses Perdues » de John Connolly aux éditions « L’Archipel ».

 

Oui, le grand écrivain John Connolly, bien connu des adultes, va maintenant vers le roman jeunesse, cela semble être désormais la norme pour nombres d’écrivains anglo-saxons qui travaillent désormais aussi pour la jeunesse sans rien perdre de leur force.

 

Au contraire.

 

Le syndrome Kipling – Stevenson en somme.

 

Le prix Jacques Chambon de la traduction a été attribué à « Interférences » de Yoss par Sylvie Miller aux éditions Rivière Blanche. J’ai croisé Sylvie Miller. Elle m’a dit que le prix a fait qu’elle va donner une suite à son livre sur la science fiction cubaine. C’est très bien car elle fait de l’excellent travail et la science fiction cubaine est une des plus importantes aujourd’hui.

 

Le prix Wojtek Siudmak du graphisme est allé à Alain Brion pour « Chute et Rédemption » de Brandon Sanderson aux éditions Orbit.

 

Je vous ai déjà parlé de Alain Brion et vous avez lu la petite note qu’il m’a renvoyée, comme je commentais ses couvertures. Non seulement il a du talent mais il a de l’humour.

 

Le prix de la bande dessinée a été attribué à « Black Summer » de Warren Ellis et Juan José Ryp, aux éditions Milady.

 

C’est celui que j’ai le plus regretté de ne pas vous vendre préalablement car entre le scénario déviant et délirant de Warren Ellis qui pousse au bout le raisonnement qu’il avait déjà dans « Authority » et ses super héros tout puissants dont ici, un particulièrement nocif qui va tuer le président de manière atroce, grâce aux dessins de Ryp, si fouillés et si riches que l’on doit choisir ce que l’on regarde et revenir plusieurs fois sur les pages pour tout comprendre, nous nous trouvons devant une bande dessinée terminale, au stade terminal, du genre super héros.

 

Je suis sidéré de voir que Warren Ellis arrive à un grand écart impossible, pouvant être mainstream, voir « Iron Man Extremities », pouvant être novateur, voir « Fell », et quasi d’avant-garde et en même temps, selon la branche sur laquelle il est assis, détruire totalement le genre super héroïque chez Avatar, avec des ouvrages comme l’incroyable « Black Summer ».

 

J’espère que Milady prendra ça comme un signal et qu’ils nous traduiront progressivement tous les livres de Warren Ellis parus chez Avatar, qui sont tous extraordinaires, même quand il parle de « La Bataille de Crecy », et un jour les textes extraits de son blog qui sont aussi des ouvrages de réflexion considérables.

 

En manga, le prix est allé à « Ikigami : Préavis de mort (tomes 1 à 4) » de Motorô Mase, aux éditions Asuka.

 

En Essai, le prix a été attribué à « L’Encyclopédie de la Fantasy » de Jacques Baudou.

 

Jacques Baudou d’ailleurs nous manque dans « Le Monde » : c’était lui qui recensait le fantastique, le merveilleux et l’imaginaire. Et maintenant qu’il n’est plus là, ces genres sont oubliés dans ce journal qui pourtant depuis les années 70 était le plus fidèle aux littératures de l’imaginaire, plus maintenant, c’est bien dommage, ils ont perdu un abonné : moi.

 

Effet pervers et positif, Baudou a eu tout le temps nécessaire pour finir le livre de sa vie, ce livre sur la Fantasy dont je vous ai déjà parlé puisqu’il m’a fait réviser mon opinion sur ladite Fantasy.

 

Enfin, le Prix Spécial a été attribué à Jean-Marc Lofficier et Brian Stableford pour leur travail de promotion et de traduction de la science fiction chez Black Coat Press.

 

Un prix mérité pour ces fous furieux, encore une fois chez moi ceci est un compliment, car ils ont sorti en Amérique des ouvrages rares de la littérature française imaginaire de la fin du XIXème et du début du XXème siècle qu’on ne trouve plus en France depuis longtemps et qui maintenant sont disponibles en Amérique. C’est gonflé et le pire c’est que ça a l’air de marcher.

 

La suite demain.

 

Commentaires (3)

ETONNANTS VOYAGEURS 2010 ET LE GRAND PRIX DE L’IMAGINAIRE

jeudi 17 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

 1ère PARTIE

 

Saint-Malo s’achève.

 

Le festival « Etonnants Voyageurs » est pour moi le plus beau festival du monde, rectifions, le plus beau festival français, et peut-être le plus beau festival du monde.J’aime Cannes que je n’ai pas râté pendant quinze ans, j’aime Angoulême où depuis les origines je suis allé une année sur deux, mais j’adore Saint-Malo.Il y a les écrivains voyageurs, reporters, historiens, explorateurs, chercheurs, critiques de la littérature de voyages de tous les temps et de tous les pays.Je dois avoir des ancêtres nomades plus que sédentaires car pour moi les voyages, forcément initiatiques, quelque part, sont ce qui me meut.

 

Cette année, comme les précédentes, fut trop riche, puisqu’il y avait Haïti, en rattrapage du festival « Etonnants Voyageurs » à Haïti, interrompu dès son premier jour par le terrible cataclysme que l’on sait, magiquement recréé à Saint-Malo, et en parallèle, presqu’à l’affrontement frontal mais qui fut amical, il y avait la Russie.

 

Il y avait aussi autour des « fractures du monde », d’autres pays.

 

Le seul défaut rédhibitoire et magnifique de ce festival qui le rend exaltant et passionnant justement, est qu’il y avait à Saint-Malo cette année, soixante dix sept évènements parallèles, si bien que quand on en choisissait un, on ne voyait pas les autres. Moi, malheureusement, j’avais accepté, de participer à un certain nombre, ce qui fait que je n’ai rien vu à Waterloo. Et puis comme les voyages peuvent être dans la tête, dans l’imaginaire, virtuels en somme, moi et mes collègues du Grand Prix de l’Imaginaire (je suis juré), nous étions à Saint-Malo, après avoir été longtemps à Nantes, dans l’excellent festival de science fiction « Utopiales », mais nous avions le sentiment confus, nous les jurés, que cela faisait un peu redite par rapport aux autres prix remis à Nantes et Michel Le Bris nous ayant fait une très belle danse du ventre, nous sommes allés à Saint-Malo pour conserver les fans de science fiction mais élargir, peut-être, notre assise en nous adressant à des gens qui ne lisaient pas forcément de Fantasy ou d’anticipation.

 

Hélas, cela m’a privé : je n’ai pas pu vous parler de certains livres que j’adorais car comme ils étaient en ballotage pour les prix à Saint-Malo, nominés d’abord et pour certains depuis récompensés, je n’ai pas pu vous en parler avant.

                           Etonnants_defaultbody

Voici donc les livres nominés et qui tous valent le jus :

 

1) Roman francophone

- Le Soupir de l'immortel d' Antoine Buéno (Héloïse d'Ormesson)
- Homo Vampiris de Fabien Clavel (Mnémos)
- Nuigrave de Lorris Murail (Robert Laffont)
- Chien du heaume de Justine Niogret (Mnémos)

2) Roman étranger

- L'Homme-rune de Peter V. Brett (Milady)
- Dans les limbes de Jack O'Connell (Rivages)
- Chute & Rédemption de Brandon Sanderson (Orbit)
- La Clé de l'abîme de José Carlos Somoza (Actes Sud)

3) Nouvelle francophone

- Les Trois livres qu'Absalon Nathan n'écrira jamais de Léo Henry (Retour sur l'horizon, Denoël)
- Hilbert Hôtel de Xavier Mauméjean (Retour sur l'horizon, Denoël)
- Louise ionisée de Norbert Merjagnan (69, ActuSF)

4) Nouvelle étrangère

- Exhalaison de Ted Chiang (Bifrost 56)
- Océanique (recueil) de Greg Egan (Le Bélial')
- Interférences (recueil) de Yoss (Rivière Blanche)

5) Roman jeunesse francophone

- Salicande de Pauline Alphen (Hachette)
- Eté mutant de Victor Dixen (Gawsewitch)
- La Reine des lumières de Xavier Mauméjean (Flammarion)

6) Roman jeunesse étranger

- Hunger games de Suzanne Collins (Pocket)
- Le Livre des choses perdues de John Connolly (L'Archipel)
- Lombres de China Miéville (Au diable vauvert)

7) Prix Jacques Chambon de la traduction

- Lionel Davoust pour Immortel de Traci L. Slatton (L'Atalante)
- Sylvie Miller pour Interférences de Yoss (Rivière Blanche)
- Michel Pagel pour La Conspiration du loup rouge de Robert V.S. Redick (Fleuve Noir)
- Henry-Luc Planchat pour La Louve et le démon de Alfred Angelo Attanasio (Calmann-Lévy)

8) Prix Wojtek Siudmak du graphisme

- Alain Brion pour Chute & Rédemption de Brandon Sanderson (Orbit)
- Gilles Francescano pour Marouflages de Sylvie Lainé (ActuSF)
- Diego Tripodi pour l'anthologie 69 (ActuSF) et Petits arrangements avec
l'éternité
de Eric Holstein (Mnémos)

9) BD

- Jason Brice (tomes 1 à 2) de Alcante et Milan Jovanovic (Dupuis)
- La Brigade chimérique (tomes 1 à 3) de Fabrice Colin, Serge Lehman et Stéphane Gess (L'Atalante)
- Black Summer de Warren Ellis et Juan José Ryp (Milady)
- King of Nekropolis de Danijel Zezelj (Mosquito)

10) Manga

- Superior (tomes 1 à 3) de Ichtys (Ki-oon)
- La Cité Saturne (tome 1) de Hisae Iwaoka (Kana)
- Ikigami : Préavis de mort (tomes 1 à 4) de Motorô Mase(Asuka)
- Le Samouraï bambou de Taiyou Matsumoto (Kana)

11) Essai
- L'Encyclopédie de la Fantasy de Jacques Baudou (Fetjaine)
- Les nombreuses vies de Cthulhu de Patrick Marcel (Les Moutons électriques)
- Sexe ! Le trouble du héros de Alexandre Mare (Les Moutons électriques)

12) Prix spécial
- Richard Comballot pour l'ensemble de ses anthologies
- Jean-Marc Lofficier et Brian Stableford pour leur travail de promotion et de traduction de la SF francophone chez Black Coat Press
- Jean-François Thomas pour l'anthologie Défricheurs d'imaginaire. Une
anthologie historique de science-fiction suisse romande
(B. Campiche)

 

Demain les prix.

 

BACK TO VHS

mercredi 16 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

 3ème PARTIE

 

Jacques Boyreau rappelle que pour nous la VHS, parfois baveuse (et pour certains films, par exemple « La dernière maison sur la gauche », cela valait mieux), était pour nous un pense-bête, dans l’attente de revoir le film un jour dans de bonnes conditions. Maintenant, quand dans le confort de votre Home Cinéma vous regardez un film sur grand écran, vous avez l’impression de le voir « pour de vrai ». C’est évidemment une grave erreur puisqu’on a tout amélioré, avec ce son lyophilisé, et cette image « améliorée », mais dans une case mentale nous cochons le film, une fois pour toute : nous l’avons !

          Vhs7_defaultbody

Ce que défend Boyreau ce sont surtout les films trash, mais il ne sait pas qu’en vérité il défend le cinéma en général, et je suis content que ce soit un homme du troisième millénaire qui dise ce que je n’ai pas osé dire, qui pense ce que je n’ai pas osé penser : la dématérialisation des supports et leur amélioration, soi-disant vers une qualité ultime, est en fait une dénaturation et une perte.

           Vhs8_defaultbody

Alors ? Alors je ne sais pas, je ne sais pas si je ne vais pas ressortir pour certains films mes VHS qui seront donc des pense-bêtes, et si je ne vais pas arrêter d’acheter systématiquement des DVD de films juste pour les posséder. On ne possède pas un film, c’est lui qui vous possède.

           Vhs9_defaultbody

Commentaires (2)

BACK TO VHS

mardi 15 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

2ème PARTIE

 

Jacques Boyreau, l’auteur de « Portable Grindhouse », vit à Portland dans l’Oregon, il fait du marketing pour la bière japonaise « Asahi », mais il a aussi produit des films que je n’ai pas vus mais qui sans doute valent leur jus comme « Hippy Porn », produit des vinyls comme le « Peter Fonda Albums », ça je l’ai, et nous a donné un beau livre : « Trash : the Graphic Genius of Exploitation », et désormais il projette des films super trash au « Andy Warhol Museum » assez régulièrement.

          Vhs4_defaultbody

Quand on ouvre ce livre, on tombe sur des reproductions de jaquettes de VHS, innombrables : je vous cite, au hasard, quelques grands succès de l’époque, qui étaient grand public mais en même temps pouvaient intéresser les amateurs de bis, de « Cat People » de Schrader, (Ah ! la musique de Moroder !), à « Robot Cop 2 » ou à « Les Rues de feu »,

mais il y a bien d’autres choses encore, du vrai bis, de « Ilsa » à « La Proie nue » en passant par « Asphyx », un joli film dont le dos de jaquette a le culot d’annoncer non pas le metteur en scène mais le directeur de la photo, Freddie Young, sous prétexte qu’il a été le directeur de la photo de presque tous les David Lean et donc de « Lawrence d’Arabie » ou de « La fille de Ryan », ce qui n’était peut-être pas l’argumentaire idéal pour faire acheter les cassettes par les chalands qui passaient sur Broadway.

 

Il y a aussi deux ou trois cassettes que je n’ai pas vues et qui m’ont laissées rêveur, comme « Barbie and the Rockers out of this world », dessin animé où Barbie part à la conquête de l’espace avec son orchestre, et surtout « Schwarzkopf : How the War was won » qui contient les prévisions du Général Schwarzkopf qui annonçait l’opération « Bouclier du désert » en 1983, avec les résultats que l’on sait, et son briefing et le récit de la guerre…

          Vhs5_defaultbody

Mais ce qui compte plus c’est le texte d’introduction de Jacques Boyreau, qui est extraordinaire. D’abord il est nostalgique, il raconte comment il vit les premières vidéos apparaître, puis plus de vidéos encore et la manière dont les systèmes changèrent, il remonte à l’Umatic, au bétamax et en arrive enfin à la VHS. (Il rappelle d’ailleurs en exergue, que ses voisins achetèrent « Le Magicien d’Oz » dès les premières cassettes qui apparurent sur le marché : il en fallait alors trois pour voir le film). Il donne tous les détails techniques sur chaque système et attaque sur sa théorie : la VHS nous montre le film, le DVD digital le restaure et l’améliore.

 

Il dit que c’est comme quand on a remplacé dans les cinémas les lampes à arc par des lampes au xénon qui duraient plus longtemps, mais l’image était moins belle même si l’appareillage était plus solide. Tous les exploitants s’y mirent. Ce fut une des premières pertes dans ce qu’on pourrait appeler la définition du cinéma. Et surtout il parle des fameuses soi-disant améliorations du DVD, les cassettes béta avaient cinq cent lignes de résolution, les VHS deux cent cinquante lignes, le Blue-ray allant jusqu’à mille ou mille deux cent, on est pratiquement au-dessus du seuil de ce que l’humain perçoit, seule une mouche pourrait faire la différence.

          Vhs6_defaultbody

Il explique aussi comment la restauration des DVD amène à avoir des images égales, toujours le plus brillant et le plus contrasté possible, si bien, l’avez-vous remarqué, que parfois on ressent un grand vide à la fin du visionnage, devant ce barriolage superbe mais où il n’y a pas de respiration. Cela m’a amené à repenser aux CD, puisque je suis revenu au 33 tours, et à la manière dont le son est lyophilisé, puis on remet de l’eau, un peu comme du lait en poudre, mais l’expérience n’a rien à voir avec le 33 tours, les silences ne sont plus des silences, certains vides disparaissent, remplacés par une absence de son, ce n’est pas la même chose, il y a parfois même une égalisation du volume, surtout pour les disques classiques : quand vous écoutez la musique de Ron Goodwin pour « Quand les aigles attaquent » qui commence par un roulement de tambours à peine audible et qui finit dans une orgie sonore, écoutez le CD, cela commence un peu plus fort et cela finit un peu plus bas. Quand on écoutait le disque, on savait qu’en route, pour ne pas rameuter les voisins, on serait forcé de baisser le son avant la fin.

 

Ca c’est pour le CD mais c’est aussi vrai pour le cinéma et le son THX qui est moins bon au niveau justesse de rendu que le son optique qui a pourtant presque disparu. Si bien qu’on en arrive à des absurdités comme Gaumont prenant « Les Tontons flingueurs » et mettant les « pops ! pops ! » des pistolets à silencieux en THX.

 

Mais surtout et c’est là qu’il me passionne, et c’est là que cela aurait valu un grand livre qu’il nous donnera peut-être un jour, il explique que le DVD tel que nous l’achetons aujourd’hui, avec la copie restaurée qui parfois est la première correcte depuis trente ans, donne l’impression que nous avons la copie ultime, et de posséder le film.

 

La suite demain.

 

Commentaires (2)

BACK TO VHS

lundi 14 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

                      Vhs0_defaultbody

1ère PARTIE

 

« Portable Grindhouse – The lost Art of the VHS Box » de Jacques Boyreau, sous un aspect futile, est un ouvrage philosophique indispensable.

 

De quoi s’agit-il ? D’un objet lisant non identifié (O.L.N.I.) qui ressemble exactement au boîtier d’une cassette vidéo de la première génération, au temps où les boîtes étaient immenses. Je me souviens des premières VHS que j’ai achetées, c’était rue du Colisée, il y avait une boutique qui les vendait la peau des fesses : 800,00 francs de l’époque ce qui était une somme, (à comparer avec les 80 dollars US qui semblaient là-aussi faramineux, mais qui l’étaient moins), et j’ai quelques bons souvenirs : une VHS d’un duo entre Willie Nelson et Ray Charles qui les fit mal voir de leur communauté respective, de Houston au Texas pour Willie qui était déjà mal vu là-bas, outlaw, et surtout de la communauté noire pour Ray Charles. C’était très rigolo, ils blaguaient tout le temps, et quand l’un deux interprétait une chanson de l’autre, l’autre faisait semblant de ne pas la reconnaitre en disant : « c’est bizarre, moi je ne l’aurais pas chanté comme ça ». On en trouve parfois des bouts sur You Tube. J’avais aussi acheté rue du Colisée les premières vidéos éditées par Christophe Gans, des merveilles, et surtout un incroyable coffret énorme, qui s’appelait « Un week-end de cinéma », et qui contenait trois films d’avant-guerre, dont « Golgotha » de Julien Duvivier. Il y avait comme un défaut, car à la fin de « Golgotha », au moment où on crucifiait Robert Le Vigan, on passait à un porno de Marc Dorcel, de la série des « Folies bourgeoises », je crois. J’ai été le changer et paf, au même endroit, ça recommençait, avec « Folies bourgeoises », j’ai abandonné et j’ai toujours ce coffret. Des vidéos, j’en ai des tonnes quelque part, je n’y vais presque plus jamais, mais il y en a deux ou trois auxquelles je tiens, par exemple la magnifique vidéo du film de jeux hongkongais « God of Gamblers » : la cassette est dorée et dans un emboîtage en velours noir avec un fermoir genre Hermès.

      Vhs1_defaultbody

Et donc à part quelques films, (il y en a beaucoup et Jacques Boyreau le souligne aussi), qui n’ont pas été édités en DVD, je n’y retourne plus. Car comme tout le monde, j’ai cédé aux sirènes suivantes. D’abord le laser que je trouvais beau, on aurait dit un 33 tours et le grand format permettait de lire les notes de pochettes au dos (ce qui n’est pas le cas du format CD), puis il y a eu le DVD et j’en étais encore à me tâter sur le Blue-ray. mais j’avais parfois l’impression que quelque chose n’allait pas, mais je ne voulais pas être passéiste et j’ai laissé ma pensée s’enfuir.

     Vhs2_defaultbody

Ce que Jacques Boyreau explique, c’est extraordinaire, c’est que le DVD n’a pas remplacé la VHS, qu’il a amené une nouvelle déperdition par enrichissement, et surtout un rapport aux films complètement faussé. Mais je vais vous le laisser, parlant désormais par ma bouche, vous expliquer ça.

 

La suite demain.

     Vhs3_defaultbody

L’ENIGME DITKO (7)

vendredi 11 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "


                        Ditko-7-4_defaultbody

7ème PARTIE

 

Presqu’en même temps que ce manifeste de Ditko, est paru il y a un an, mais le formidable Craig Yoe me l’envoie seulement, un autre livre « The Art of Ditko », avec des essais entre autres de John Romita qui lui succéda sur « Spiderman » et qui était dans ses petits souliers, de Craig Russell qui fut amené à l’encrer et qui lui aussi était dans ses petits souliers, de Jerry Robinson avec qui, comme je vous l’a dit, il avait étudié et qui le voyant élève savait déjà qu’il aurait un grand destin tant il mettait d’énergie, de force et de conviction dans son travail, et une introduction de Stan Lee qui a dû rendre fou Ditko puisque c’est un long compliment au co-créateur de « Spiderman » et de « Docteur Strange ». Je ne vais pas vous la raconter puisque Ditko va forcément y répondre. Le livre s’appelle donc « The Art of Ditko » et reprend justement en couverture son auto-portrait paru dans « Witzend » avec son masque de fer et son nom tatoué, il est sublimement maquetté, il a comme on dit dans l’édition, une « belle main », il est tout en couleurs et reprend plein d’histoires de Ditko parues chez Charlton avec les couleurs des magazines imprimés jaunis ce qui leur donne un côté vintage très agréable car vintage, hélas, elles le sont désormais. Il y a une préface du toujours perspicace Craig Yoe qui a vécu son épiphanie jeune car il avait grandi en lisant Ditko et ensuite en le copiant : il était devenu directeur artistique et vice-président pour le « Muppet Show » et travaillait donc avec Jim Henson ce qui lui permettait, profitant de sa position, de rencontrer les gens qu’il admirait, comme Chuck Jones, Leonard Bernstein et Steve Ditko. C’était là où il travaillait et Ditko qui s’était fait annoncer, lui apparu soudain devant un trompe-l’œil il était entre Kermit et Miss Piggy, il a levé la main et, oui, dit Yoe, ça ressemblait à un geste du « Docteur Strange ». Il a déjeuné avec lui et Ditko a répondu à ses questions, de manière amicale mais minimaliste, Yoe savait bien que c’était dans les dessins de Ditko qu’il fallait trouver les réponses. Par contre il a été beaucoup plus intéressé ensuite à parler technique avec ceux qui s’occupaient des Muppets, ensuite il se sont serrés la main avec Jim Henson, Yoe donc vivait toujours son épiphanie. Il s’est rendu compte après coup que c’était lui qui était excité, pas Jim qui préférait ses marionnettes aux comic books et pas Steve Ditko qui reste à ce jour un mystère.

               Ditko-7-18_defaultbody

Ensuite Steve Ditko l’a invité dans son studio avec tous les magazines et livres de Ayn Rand et tous les ouvrages inspirés par sa philosophie et tous ses magazines de références, et il raconte comment, comme Jim Henson était mort et qu’il avait monté son studio, il le fit travailler sur un comic book qui s’appelait « Big Boy » et que j’aimerais bien voir un jour. Ensuite il dit, je suis assez d’accord avec lui, qu’il a été immense chez Marvel, chez Warren et aussi dans les Tower comics sur les « T.H.U.N.D.E.R. Agents », mais que ce qu’il préfère chez Ditko c’est son travail pour Charlton. Ca tombe bien, moi aussi.

               Ditko-7-16_defaultbody

D’accord aussi pour dire que c’est dans les années 60/70 qu’il donne son meilleur. Et maintenant je le cite in-extenso, pour une fois que quelqu’un voit mieux quelque chose que moi, j’en profite, il explique pourquoi il a toujours aimé ses histoires : parce que chez lui les cases deviennent des personnages principaux, parce que dans (je traduis en français) « le cœur de Jeremy Mith » les cases ressemblent à des pages de classeurs ce qui fait partie de l’histoire, parce qu’il y a une image d’ouverture de « La Machine à explorer le temps » (« Time Machine ») qui provoque visuellement à un vertige temporel, parce que dans « Escape » ça commence par des images parfaitement symétriques et qui s’écroulent quand l’image devient cubiste, la folie du héros étant rendue par le chaos des images, il souligne que « la neuvième vie » avait été écrite par Ditko et c’est pour cela qu’on dirait du Ayn Rand,

               Ditko-7-17_defaultbody

il dit qu’il a pris routine à cause de ses qualités psychédéliques et « Automata Ultima » à cause de ses qualités d’économie totale, il dit que les femmes sont belles dans le « Fantome Surfer » ou dans « La Planète Enchantée », qu’il y a également beaucoup de luxure dans la couverture qu’il reproduit de « Sex Adventures » et que « Way Out » est drôle, ce que Ditko se permet rarement. Que vous dire d’autres sinon qu’il y a donc là des histoires d’horreur, magistrales, économes ou chargées, une histoire avec le « Mysterious Traveller » qui apparaît entre les cases pour raconter l’histoire et même dans l’écran d’une télé qui est celle de la maison des habitants de l’histoire, il y a de la science fiction et des robots qui me semblent être exactement ceux que j’imagine pour le beau roman où Karel Kapeck, un autre auteur de l’Est, inventait les robots avec « R.U.R. », il y a une scène avec des zazous qui fait penser à Audrey Hepburn déguisée en existentialiste dans « Drôle de Frimousse » mais ici ce n’est pas Fred Astaire mais Ditko qui se moque desdits zazous ou desdits existentialistes.

               Ditko-7-15_defaultbody

Il y a des hommes mouches avec de gros yeux qui font écho à « Spiderman », des hommes sveltes qui soulèvent facilement d’énormes monstres, forcément ils sont plus intelligents, il y a même une seconde histoire avec le « Voyageur Mystérieux », encore plus étonnante, puisque dans certaines cases le narrateur prend plus de place que l’histoire qui se raconte autour, et le choix, parcimonieux, me paraît d’autant plus judicieux car si vous deviez tout lire de Ditko, il vous faudrait des milliers de pages d’autant qu’il y a aussi entre les histoires des reproductions d’originaux, sans doute la collection de Craig Yoe, décidément ce livre est indispensable.

 

La suite demain.

              Ditko-7-19_defaultbody

 

Commentaires (3)

L’IMAGE MYSTERE ETAIT UN PIEGE

jeudi 10 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Pendant trois semaines (en réalité ça a été plus long), vous avez vu des images extraites de « The Romaunt of the Rose » (« Le Roman de la Rose » tel qu’on l’a anglicisé), publié par Chatto & Windus en 1946. De belles peintures au traité étrange puisque la page de garde par exemple est une image préraphaélite ou presque, avec un côté hyperréaliste : visage de femme définitivement fifties. Dans le même livre, il y a une image que vous avez vue, qui semble surgir d’un jeu vidéo avec ce personnage fait de globules flottantes et volantes, et d’autres portraits à la fois rigoureux et floraux qu’on pourrait imaginer comme un mélange de « l’Ophélie » de Millais et du « Christina’s World » de Andrew Wyeth.

 

Mais là où ça devient très étonnant, c’est que le même auteur a également illustré en 1926 pour Duckwurth, le beau roman de W.H. Hudson « Green Mansions » (« Vertes Demeures »), l’histoire de cette jeune fille qui a été élevée parmi les oiseaux et qui est l’équivalent féminin de « Tarzan » quelque part et de « Mowgli » surtout et du « Petit Prince ».

 

Ce sont des bois gravés forts et simples extrêmement rigoureux, extrêmement prenants, qui valent presque ceux de Rockwell Kent et de Lynd Ward mais qui en même temps pourraient être d’aujourd’hui dans leur rigueur et leur somptuosité parfois baroque. Je vous en ai montré un dessin.

 

L’autre image que vous avez vue est extraite de « The Conquest of Mexico » publié par Chatto & Windus en 1922 où là, dessinée d’une manière plus dramatique mais avec force et détails, une conquête du Mexique qui pourrait être le mariage, décidément avec lui on ne sait jamais où situer les choses, de W. H. Robinson et de Geoff Darrow dans l’accumulation, mais cela ne suffirait pas à le définir tant son dessin est singulier et personnel.

 

Or, ces trois œuvres sont dûes au même homme qui s’appelle Keith Anderson et pas la peine d’aller chercher sur Wikipédia : je m’y suis amusé. Ah les homonymes ! Il n’a rien à voir donc avec l’artiste reggae qui s’appelle et qui signe Bob Andy, rien à voir non plus avec le héros du sitcom « Good Times », ni bien sûr surtout avec le chanteur contemporain country du même nom.

 

Jim Vadeboncoeur me confirme : c’est bien le même artiste mystérieux, même pour lui, cela voudrait dire qu’il y a eu dans les années 20 à 40, un dessinateur aussi singulièrement diverse que Moebius qui lui aussi a su mélanger tous les styles et toutes les influences pour en tirer quelque chose de neuf.

 

Je suis content car pour une fois mon artiste mystère coïncide avec un mystère véritable.

 

Commentaires (6)

L’ENIGME DITKO (6)

jeudi 10 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

6ème PARTIE

 

Paru en mars 2010, « A Ditko Act 2 » comporte deux histoires : « The Mad Men » dessinée à toute vitesse où le héros se fait bousculer par un zazou, mélange de clown et de voyou et « The Cape », une autre histoire très bizarre et très vite dessinée qui conspure la lâcheté des hommes de bien qui pourraient être des héros, en enlevant le droit à la vie des tricheurs et suit une histoire étrange et assez confuse d’un homme juste qui hésite à utiliser son droit à supprimer la vie des « gris » et s’en veut presque, tandis qu’en parallèle, les parents d’un méchant, mort, finissent pas s’entretuer… après avoir voulu venger leur fils, il y a donc une fin heureuse.

    Ditko-6-1_defaultbody

Dans « The Avenging Mind », il y a aussi « Le marteau de Lazlo » (« The Azlo’s hammer ») autour d’un fait divers, le jour où Lazlo Toth mutila pour se grandir une statue de Michel Ange, se donnant ce que Ditko appelle « Le Droit divin ».

           Ditko-5-5_defaultbody

Il parle de l’école, de la méthode Montessori par opposition à l’imbécilité,

c’est lui qui le dit, des « libres enfants de Summerhill » où on apprenait à penser ensemble au lieu de penser individuellement.

Il parle encore de « Spiderman », à propos du livre de Stan Lee et Georges Mair consacré à la vie de Stan Lee et Ditko réfute encore

avec un certain nombre d’articles longs et denses, il explique comment Stan Lee faillit détruire (il le fit ensuite, du point de vue de Ditko du moins)

« Spiderman » en créant « Spiderwoman », alors que lui avec ses héros ensuite chez DC ou ailleurs comme « The Creeper » ou « Shade » continuait à être cohérent et à se donner tous les moyens possibles pour exterminer les méchants. Et il revient au fameux article de « Comic Book Marketplace ». Et il finit avec quelques dessins, un d’un Prométhée préhistorique, replet, beat et volant : sans doute Stan Lee, puis deux ou trois croquis montrant l’imbécilité des fans, dans les conventions.

 

« Once more » publié en mai 2009 est du même tonneau, le héros « H » finissant par détruire le vilain qui est un faible au fond et qu’il suffit d’affronter. Encore un fascicule, j’en oublie car ils sont publiés et republiés à petit tirages dans le plus grand désordre : « Ditko présente », il contient deux histoires, « The Mad Man » où il met en avant un personnage qu’on a déjà croisé, le fou Zazou, et juste derrière moins dessinée, à peine esquissée, « Miss Erre », avec une héroïne qui se déguise en monstre pour faire davantage peur à des méchants lambdas qui ne sont pas de vrais gangsters mais qui ont fait des choses malhonnêtes et qui ont leur dû, c’est-à-dire que ça finira très mal pour eux. Curieusement au moment où je pense à Steve Ditko, parait le « Jack Kirby Collector » numéro 54, format 30 x 40, une somptuosité comme d’habitude, où il y a un grand papier sur le fait que la famille Kirby et donc sa femme Roz toujours vivante, à l’exemple de Siegel et Shuster dont les héritiers ont fini par toucher le pactole, attaque enfin Marvel, autour d’un mouvement tournant économique puisque Walt Disney a racheté Marvel, la famille Kirby attaque donc pour toucher les droits sur toutes ses créations comme les « X-Men » et les « Fantastic Four ». Vous demanderez alors « qu’attend Ditko » ? Il y a d’ailleurs à ce propos un grand article dans le même numéro qui en parle et qui parle de la création de « Spiderman ». Et bien, je pense que Ditko doit ressembler à Alan Moore : quand celui-ci a vu que le producteur des « Watchmen » disait qu’il (Alan Moore) avait trouvé le script de Terry Gilliam formidable, il a envoyé une lettre, simple et toute claire, disant qu’il ne voulait aucun droits d’auteurs mais qu’il ne voulait pas qu’on dise qu’il avait aimé un script, qu’il n’avait pas lu, et qu’il demandait juste en échange, du fait qu’il ne toucherait pas d’argent, qu’on retire son nom du film. Ditko ça doit être encore pire, peut-être n’a-t-il même pas envie d’être représenté et de toucher des sous : il continuera à faire ses fanzines pour dire ce qu’il pense.

 

Synchronicité donc quelque part, même si cette synchronicité ne provoquera sans doute pas chez Ditko « The day of the Preacher » (comme disait Willie Nelson dans une chanson qui ressemblait à du Johnny Cash : puisque « The day of the Preacher » c’est le jour où il faut sortir les flingues pour se venger).

 

La suite demain.

 

Commentaires (3)