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Manuel Garcia nous parle de ''La Terre des Vampires''

mercredi 24 juin 2015

Qu'est ce qui vous a séduit dans le projet de La Terre des Vampires ?

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C'était il y a 4 ans. À cette époque, il y avait seulement du travail sur le marché du comics américain mais je désirais ardemment essayer quelque chose de nouveau. Cela a coïncidé avec un basculement de situation : il devenait de plus en plus dur de trouver du travail aux États-unis lorsque j'ai appris qu'on recherchait un dessinateur pour une série franco-belge. Moi qui rêvait d'ailleurs, ça m'a semblé une option tout à fait logique. J'ai eu la chance d'être sélectionné après avoir accompli une série d'épreuves. Comble de joie lorsque j'ai appris qu'en plus de cette sélection, je travaillerais avec David Muñoz, qui est un brillant scénariste.

Vous dessinez également pour une autre série sur les vampires (Bloodshot, chez Valiant Entertainment). Avez-vous un intérêt particulier pour ce mythe ?

Je ne crois pas que le mythe du vampire soit l'axe central de l'histoire de La Terre des Vampires. À mes yeux, c'est surtout une histoire de survie, dans un univers post-apocalyptique. C'est donc un prétexte pour développer les problématiques de l'amitié et de la confiance. On se demande à qui on peut vraiment se fier. Je crois que c'est ça qui fait le cœur de l'histoire. C'est une histoire triste, dont aucun personnage ne sort indemne… Certains arrivent à survivre, mais à quel prix ?

Que lisiez-vous lorsque vous étiez plus jeune ?

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J'ai toujours été un plus grand fan des auteurs, plus que des personnages : j'avais des goûts très différents, tels que Liberatore, Howard Chaykin ou encore Alex Toth. Ce sont sans doute mes trois artistes favoris, pour autant, je ne suis pas certains qu'ils aient eu une influence directe sur mon art. Ils ont porté mon intérêt pour la bande dessinée mais je ne sais pas à quel point ils m'ont marqué dans mon travail.

Vous êtes plutôt un dessinateur de comics... Quelles ont été les difficultés pour la réalisation d'un album de style franco-belge ?

Je pensais que ce serait difficile de m'habituer au changement, mais je crois que le travail de David m'a beaucoup aidé. C'est un scénariste qui donne à voir ce qu'il écrit, c'est donc très simple de dessiner les pages au fur et à mesure qu'on lit le scénario. Tout semble s'emboîter parfaitement, on voit quelles sont les cases principales et leur importance dans l'histoire. Plusieurs fois, j'ai changé des choses parce que l'éditeur suivait de près ce que l'on faisait. Bruno Lecigne – quelqu'un de remarquable ! – me disait que mes solutions étaient trop « américaines » et que cela ne conviendrait pas au public français. Je l'ai toujours écouté, car je savais qu'il en connaissait plus que moi sur les codes «franco-belges ».


Quelles sont les différentes étapes, les techniques que vous utilisez, et quelles ont pu être les évolutions dans votre manière de dessiner depuis le tome 1 ?

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D'abord, je lis le script tout en faisant des croquis de page. Une fois que je réussis à m'imaginer quelques pages, à les « penser », je commence à toutes les dessiner correctement.
Ces planches, je les transmets au scénariste et à l'éditeur pour remettre en perspective mon travail. On peut ensuit résoudre les éventuels problèmes : au niveau de la composition, de l'histoire, du dessin… Si tout va bien, je passe à l'encrage de la page.
Quant aux évolutions, j'imagine qu'il y en a beaucoup, mais elles ne se sont jamais réalisées de manière consciente, puisque j'essaye toujours de dessiner du mieux que je peux, mais des modfications s'opèrent forcément quand on prend l'habitude de dessiner un personnage.
D'ailleurs, il m'est arrivé quelque chose d'assez amusant pour les personnages de Leire et de Sonia. Pour les imaginer, je me suis basé sur mes deux grandes filles : à cette époque-là, elles avaient plus au moins le même âge que les personnages. Ça m'a paru être une bonne idée, mais je ne savais pas quel futur David leur réservait, et bon… disons qu'au final je ne sais pas si c'était si brillant que ça. Je ne veux pas non plus dévoiler l'histoire, mais je suis certain que ceux qui l'ont lue savent ce que je veux dire ! (rires).

Comment travailliez-vous avec David Muñoz ?

C'est un des points les plus compliqués... Normalement, dans mon travail pour le marché américain je n'ai presque pas de contact avec les scénaristes. Dans le comics, il y a moins d'échanges, plus un travail d'éxécutant.
Dans le cas présent, j'ai essayé d'inscrire mon travail dans le cadre d'une collaboration fluide et participative avec David, où mes travaux passés n'auraient pas trop eu de conséquences sur notre travail. Mais au final, je n'ai pu m'empêcher de rendre ces expériences antérieures contagieuses, et elles ont fortement influencé notre travail… Mais David semble être très content du résultat, alors j'imagine que finalement, ce n'est pas un mal ! Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié l'histoire, j'ai vraiment aimé travaillé dessus. J'ai ressenti une véritable connexion avec les personnages et j'avais la sensation que je pouvais les comprendre, et c'est une énorme source de motivation dans le travail. Ce fut un véritable plaisir.


Tags : Interviews