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"Le Jour où ça Bascule" : interview de Paul Pope

mercredi 10 février 2016

Y'a-t-il eu un Jour où ça Bascule qui vous a amené à devenir dessinateur ?

Je dessine et peins depuis tellement longtemps que je ne me souviens même plus de quand j'ai commencé ! J'ai toujours adoré les dessins animés et les costumes colorés de science-fiction. Ainsi que la musique et en particulier le rock'n'roll. Je suppose que j'ai trouvé ma voie vers 16 ans, à l'époque où les jeunes doivent commencer à songer à ce qu'ils vont faire du reste de leur vie. Je me souviens lire à cette époque Herman Hesse et Camus et déjà être emprunt d'un fort existentialisme. La vie n'est pas si longue que ça. L'amour et la beauté, l'invention, l'expression et le respect de soi sont des possibilités humaines. J'ai trouvé ma voie au travers du dessin et de la peinture, plus spécifiquement, des arts graphiques.


Comment avez-vous réagi lorsqu'il vous a été proposé de participer à ce livre et lors de la découverte de la liste des autres auteurs ?

J'ai immédiatement voulu prendre part à ce projet. La liste des auteurs est très impressionnante. J'ai toujours considéré la bande dessinée, et plus précisément le fait de pouvoir raconter des histoires au travers du dessin, comme un langage international. L'optique de ce projet était donc très intéressante pour moi. J'ai grandi en lisant des BD européennes, j'ai vécu et travaillé au Japon et je suis maintenant solidement implanté à New York, donc ça semblait une évidence pour moi.

Y'a-t-il eu un Jour où ça Bascule que vous auriez voulu vivre et qui aurait pu changer votre carrière ?

Oui, je suppose. À un moment, j'ai fait le choix d'étudier les arts visuels et d'abandonner la musique. Plus tard, j'ai choisi de lâcher mes études au profit de la bande dessinée, Je pense que la vie est une série de « jours où ça bascule ». Je ne pense pas être capable d'en sélectionner un en particulier.


Lisez-vous des auteurs non américains ? Lesquels vous ont inspiré ?

Je suis attiré par les techniques de dessin et de composition classiques, mélangées à un style très personnel. Et cela pour toutes les formes d'art. En terme de bande dessinée, je reviens toujours à Jack Kirby, Mézières, Mœbius, Alex Toth, Minetaro Mochizuki, Robert Crumb, Lorenzo Mattotti…


Votre histoire comporte des éléments de conte de fée, notamment avec la répétition de la menace lancée à la protagoniste. Choix délibéré ?

Oui. C'est une sorte d'allégorie du mythe personnel, lié à l'histoire de
Parvati, la déesse Hindu. Je suis attiré par l'idée émise par la mythologie
indienne que les dieux et déesses puissent avoir différents noms et aspects,
certains animés par de bons sentiments, d'autres par un instinct destructeur.
Parvati a plusieurs autres noms et aspects, on ne la voit pas toujours telle
qu'elle est. C'est le cas ici pour ses adversaires.

Quel a été votre processus de création pour votre histoire du Jour où ça Bascule ?

Je pense que c'est un court récit classique d'aventure à la manière de ceux crées aux Etats-Unis durant le 20ème siècle, un genre de récit qui vient ici épauler les éléments plus ésotériques. Je suis très heureux d'avoir pu créer cette histoire faite d'éléments piochés dans mes autres projets, Battling Boy et Psychenauts. Je me suis dit que faire quelque chose typé « grande aventure » serait un bon point de départ pour ce récit, je suis donc parti de l'image de deux personnes enchainées sur la barque de secours d'un bateau en train de couler. Le grand requin antique est venu ensuite. Je suis parti de ces éléments.


La suite pour vous ?

Je travaille sur le second tome de Battling Boy, et sur un autre livre avec le rêve pour sujet, Psychenaut, édité par Dargaud. Également, la couverture de Thousand Faces pour Humanoids.

Tags : Interviews