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Le Blog des Humanos

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L'interview de Niko Henrichon

jeudi 10 novembre 2016

Niko Henrichon nous parle de son dernier album, Méta-Baron T3.


Niko, comment as-tu été amené à travailler sur ce projet du Méta-baron ?

Un jour, le directeur des Humanos, Fabrice Giger, m'a appelé pour m'expliquer qu'il cherchait un dessinateur pour la suite du projet ; Valentin Sécher avait déjà commencé les deux premiers tomes, donc il cherchait trois dessinateurs pour faire les autres diptyques. Il m'a présenté la chose d'une manière bien sympathique et j'ai tout de suite été assez tenté. Les Humanos, la belle époque de Métal Hurlant, Moebius, Bilal et Druillet, ça m'a fondamentalement formé comme artiste et c'est sûr qu'il m'était impossible de refuser un projet lié à l'univers de Jodorowsky.


Comment s'est déroulé le processus de création avec Jerry Frissen et Valentin Sécher ?

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Évidemment, dans un projet avec plusieurs dessinateurs impliqués sur la même histoire, il faut trouver des manières de rendre le tout cohérent.
Valentin avait déjà mis en place plusieurs éléments visuels : le Méta-bunker, le look du Méta-baron, l'univers, le robot Tonto … 

Moi, j'ai commencé à travailler au moment où lui était toujours sur le premier tome, donc il restait encore des choses qu'il n'avait pas dessiné et on a naturellement collaboré sur certains éléments. 

Le palais du gouverneur par exemple que j'ai d'abord dessiné en état de ruine et que Valentin a dessiné intact dans ses albums.

Ensuite, un petit vaisseau chasseur interstellaire que Valentin avait dessiné très petit dans son premier tome que j'ai repris dans mes deux albums en le dessinant de plus près et que j'ai donc dû détailler un peu plus. 



Et enfin, le Simak, qui apparaît dans le tome 1, que j'ai mis à mon goût et que du coup Valentin a un peu retravaillé. Voilà le genre d'allers-retours qu'on a pu faire sur les tomes 1, 2 et 3.


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De gauche à droite, le Simak par Valentin Sécher et par Niko Henrichon


Tu te considères « plus comme un illustrateur que comme un dessinateur de bande dessinée ». Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi ?

Déjà je suis illustrateur de formation puisque j'ai fait mes études à Saint-Luc à Liège qui est très porté sur l'illustration…

Ensuite, je suis encore incapable d'égaler l'efficacité d'auteurs qui dessinent en noir et blanc comme Hugo Pratt ou Jordi Bernet. Je dois pour ma part utiliser la
couleur pour donner de l'impact à mes pages. Ce qu'il faut avoir en tête c'est que la bande dessinée, ce n'est pas une illustration. Chaque case doit pousser le lecteur à lire la suivante. Il ne faut pas s'attarder trop longtemps sur le dessin d'une case. J'ai le défaut de l'illustrateur : une tendance à fignoler, à mettre des petites éclairages, des effets spéciaux supplémentaires, plus, toujours plus… 

Mais des fois il faut se rendre compte que moins, c'est plus. Je dois constamment pratiquer l'auto-modération pour préserver la fluidité de la lecture.


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Scène de Méta-Baron T3, par Niko Henrichon


Quelles ont été les scènes les plus difficiles à réaliser dans ce Méta-Baron T3?

Je crois que… Il n'y a pas de réponse possible.

La première scène, celle qu'on m'a demandée en tant que « test » pour faire le
Méta-Baron, est ce qui a été le plus compliqué pour moi. Je n'étais pas tout à fait certain d'avoir le bon style pour pouvoir prendre la suite de Valentin. Il a vraiment fallu que je pousse mon niveau de réalisme au maximum de ce que j'avais fait jusqu'à maintenant. Ça, c'était le plus gros challenge. 

Ensuite dans l'album, je dirais que les scènes sexuelles avec le Méta-Baron n'étaient pas si évidentes, car je ne voulais pas que ce soit trop « pseudo-romantique », mais la nudité ainsi représentée est un bon challenge graphique à relever !

Tags : Méta-Baron