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Carthago
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Pour survivre aux dangers de la France post-apocalyptique, Mo a fait le choix de voyager. Seul. Mais sa route croise celle d’Hélène, une jeune femme qui cherche à atteindre Paris…

Scénario : Mathieu Masmondet
Oeuvre originale : Julia Verlanger
Dessin : Zhang Xiaoyu

science-fiction
parution en 1 volume
œuvre terminée

Le monde d’aujourd’hui n’est plus. Au milieu des décombres de notre époque, les hommes évoluent dans un environnement sauvage et menaçant, où la survie a pris le pas sur l'humanité. Certains forment de petites communautés, on les appelle les Groupés. Les autres suivent leurs chemins seuls et prennent le nom de Solitaires.
C’est le cas de Mo, imposant et taciturne, qui parcourt l’autoroute au rythme des saisons. Lorsque celui-ci sauve Hélène d’une bande de pillards, tous deux poursuivent leur route ensemble, unissant leurs destinées…

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Interview de Mathieu Masmondet

mercredi 3 juin 2015

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Nouveau venu dans le monde de la bande dessinée, pouvez-vous revenir rapidement sur votre parcours et vos premiers pas dans ce domaine ?

Après une formation d'acteur en France et aux Etats-Unis, après une errance entre ces deux continents, j'ai enfin trouvé ma voie dans l'écriture. J'ai repris des études à 24 ans à l'ESRA où j'ai décroché au bout de trois années un diplôme de scénariste et réalisateur cinéma, puis j'ai enchaîné sur le CEEA, à mon sens la meilleure école de scénario en France. Ce fut là deux années qui m'ont permis de vraiment devenir scénariste. Je n'avais pas encore fini ma formation quand j'ai signé mon premier film avec TF1, un épisode de la série Navarro !

Pour mon entrée dans la bande dessinée, c'est mon ami Bruno Lecigne, scénariste et éditeur aux Humanoïdes Associés qui m'a proposé ce projet. Ça faisait un moment que les Humanos cherchaient un scénariste capable d'adapter le roman de Julia Verlanger à la fois en BD et pour le cinéma. C'est tombé sur moi ! J'ai dit à Bruno que je n'y connaissais rien à la BD, mais que niveau cinoche, je savais faire. Bruno m'a juste répondu « On essaye, tu as carte blanche pour adapter ce roman ! » Voilà comment ça a commencé…

Quel est votre rapport à la bande dessinée ? Quelles sont les premières cases que vous avez lu ou qui vous ont marqué ?

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J'ai lu beaucoup de BD petit et ado et j'ai été très marqué par la BD franco-belge. J'étais accro' à Thorgal et XIII. Je suis encore très fan des BD de Jean Van Hamme ! En vieillissant, je me rends compte qu'étant jeune, j'ai toujours été attiré par les bons scénarios plutôt que par les bons dessins. Aujourd'hui, je me régale autant des deux !

Habitué à scénariser pour la télévision et le policier, comment avez-vous réagi face à un projet comme L'Autoroute Sauvage, qui est une bande dessinée de science-fiction ?

C'est vrai que le plus souvent, je fais de la télévision et du polar. J'ai passé quelques mois dans les rangs de la Police Nationale – une des meilleures périodes de ma vie – et je suis issu d'une grande famille de flics. Le polar, c'est ma vie ! Mais quand Bruno Lecigne m'a proposé L'Autoroute Sauvage, j'ai sauté de joie : sortir de mon univers policier m'a semblé être une véritable oppurtunité. Et surtout, j'avais carte blanche pour cette adaptation du roman de Julia Verlanger, une vraie liberté, loin des contraintes de la télé où l'on ne doit pas être trop violent.

Comment se passe l'appropriation de l'univers d'un autre artiste ? Quelles sont les facilités, les contraintes ?

Comme il a fallu moderniser l'histoire, j'ai puisé dans ma culture cinématographique. Pour moi, L'Autoroute Sauvage est un Mad Max à la française. Dans sa puissance, dans son énergie et dans sa violence. Mais il a fallu que j'aille plus loin pour la chute de cette histoire que vous découvrirez dans le tome 3. Une chute qui met en cause l'homme, sa soif de pouvoir, sa décadence et sa lâcheté. J'ai toujours eu en tête depuis le début de l'écriture de cette bande dessinée le film de Franklin Shaffner La planète des singes. J'ai été très marqué, déjà tout gamin, par cette scène à la fin du film où Charlton Heston découvre la Statue de la Liberté enterrée sur une plage. Mon objectif, pour L'Autoroute Sauvage, c'était d'avoir une fin aussi puissante. De dire : « Finalement, nous les hommes, avec notre volonté de toute-puissance, nous ne sommes qu'une sacrée bande de c**s... »

Vous êtes-vous contenté du livre de Julia Verlanger pour construire votre histoire ou avez-vous puisé votre inspiration dans d'autres œuvres ?

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Dans mon métier de scénariste, je suis assez réputé pour jouer le bon « pompier » : on m'appelle souvent pour refaire des scénarios qui ne fonctionnent pas. Les américains appellent ça un script doctor, terme que je trouve un peu pompeux. Moi, je me considère juste comme un technicien du scénario. Quand les Humanos m'ont commandé L'Autoroute Sauvage, j'ai analysé le roman, je l'ai passé au crible, j'ai découvert sa puissance mais aussi son gros défaut : le roman était daté. J'ai donc fait comme d'habitude : j'ai cherché à ne pas trahir l'auteur, à conserver l'esprit de l'oeuvre tout en remettant l'histoire au goût du jour, « à la sauce de notre époque ». C'était ça le plus compliqué, même si j'avais la carte blanche de l'éditeur.

Avez-vous rencontré d'autres « obstacles » dans la rédaction de votre scénario ?

Mes obstacles ont résidé dans l'écriture « technique » du scénario. Habitué aux scénarios de télé et de cinéma, il a fallu que je m'adapte et que j'apprenne l'écriture BD. Ce n'est pas une écriture en mouvement comme au cinéma. Il faut penser « case ». Et j'ai découvert, ce que je ne savais pas, que le scénariste doit aussi découper en « cases » son histoire. J'ai fait appel à mon savoir de réalisateur, et comme on fait un storyboard, j'ai découpé L'Autoroute Sauvage aux petits oignons avec les cadrages, les angles de caméra, etc, comme un film !

Avez-vous des anecdotes sur la création de cet album ?

Au début de l'aventure, les Humanoïdes Associés m'avaient dit : « Tu ne rencontreras jamais le dessinateur, c'est un chinois qui ne sort jamais de chez lui ! » Au final, surprise ! Zang a débarqué à Paris en décembre 2013, on a dîné ensemble, et on est tombé dans les bras l'un de l'autre. C'est un homme adorable qui m'a dit : « Super boulot sur le tome 1. Mais si tu pouvais moins découper le tome 2, ça serait bien. Histoire que je puisse avoir un peu plus de libertés. » ce que j'ai évidemment fait sans hésitation. Zang est un dessinateur de génie et c'est formidable de bosser avec quelqu'un comme lui, capable de transformer une scène « molle » en une scène épique.

Que pensez-vous de la bande dessinée comme support narratif, comme moyen de raconter des histoires ? Par rapport à la télévision et au roman ?

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La BD est un espace de liberté incroyable. Contrairement à l'écriture télévisuelle ou cinématographique, il n'y quasiment aucune contrainte comme, notamment, celle du budget. La BD permet également d'aborder tous les genres, du western à la SF. En France, on a encore beaucoup de mal à sortir des genres académiques au cinéma, et surtout à la télé. On reste très frileux et très classique : drame, polar, comédie. Je suis moi-même un enfant du polar, comme je l'ai dit, mais s'enfermer peut être limitant. La SF, le fantastique, l'anticipation, l'horreur, tout ça est quasi proscrit en France. C'est ça qui me plaît le plus dans l'écriture de BD, le champ des possibles est infini.


Quelle musique imagineriez-vous pour lire L'Autoroute Sauvage ?

J'aime écrire en musique. Et, de par mon parcours, je suis un grand amateur de musique de films. J'avoue être un fan absolu du compositeur Hans Zimmer. Il est capable de composer pour n'importe quel genre de film, de Gladiator à Batman en passant par Le Roi Lion. C'est une musique de cette trempe et de cette puissance-là qu'il faut pour L'Autoroute. Et puis il y a une chanson, dans un tout autre registre, qui colle parfaitement à l'histoire : c'est l'incontournable Riders on the storm des Doors. En mettant le tout à fond en lisant L'Autoroute, ça va décoiffer !

Avez-vous d'autres projets de bandes dessinées ?

Les Humanos, et notamment mon ami Bruno Lecigne, m'ont inoculé le virus de la BD. Alors oui, j'ai d'autres projets dont j'ai déjà pitché les prémices. Ce que j'aime particulièrement, c'est le mélange des genres. La BD pour moi, c'est un laboratoire, j'ai envie de croiser polar et SF, western et horreur. En gros, j'ai envie de me faire plaisir, et je suis sûr que les lecteurs me suivront dans mes futurs délires !


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