×

Lou - Version Originale

Lou, la blondinette de la bande

8,50 €

Moko - Version Originale

Ready for the battle

8,50 €

Molly - Version Originale

La première fille Muttpop est jolie et fière, comme nous quoi !

37,00 €

Molly - Version Xtra Spicy Twilight

Molly dans une version inspirée par l'animation japonaise

40,00 €

Tequila - Version Originale 2.0

Il revient et il n'est toujours pas content

55,00 €

Show and Tell - le blog de Jerry Frissen

Le Blog de Jerry Frissen

Retrouvez le blog de Jerry sur le site de Muttpop : www.muttpop.com

Liste des billets

L’Apologie de la peur #1

mardi 4 mai 2010

La vraie raison de mon émigration vers les États-Unis est que la Belgique m’a toujours fait peur. Depuis dix ans, j’évite soigneusement d’y mettre les pieds. Je n’y suis retourné que deux fois. La première, il y a six ans pour des histoires de papiers d’immigration et la deuxième, il y a presque deux ans. J’étais en France et j’ai fait un crochet par la Belgique pour voir mes parents. J’ai réussi l'exploit d’y arriver un dimanche à midi et d’en repartir le lundi à 11 heures, soit moins d’un jour. Une performance dont je ne suis pas peu fier. Pourtant même une journée sur place m'a suffit pour garder des souvenirs impérissables. Le lundi matin, comme je ne voulais pas forcer mes parents à me reconduire à Bruxelles, je me suis retrouvé dans un train à 6:30. Une quarantaine de minutes de trajet qui ont été la somme de tout ce qui m’a toujours fait peur dans ce pays. Je me suis retrouvé dans un wagon rempli de zombies en anorak, dont un, en face de moi, qui dormait en bavant sur la vitre. La réflexion de sa tête dans la vitre lui donnait un air de monstre comme j’ai rarement vu. Il faisait froid, les gares étaient à peine éclairées et personne ne parlait. Au sordide de la situation s’est ajouté un accès de paranoïa dont j’ai le secret. Je me suis demandé avec horreur si ma vie n’était pas qu’un rêve et que je venais de me réveiller. Je me suis mis à douter de ma propre réalité. J’ai croisé mon propre regard dans la vitre et je me suis dit que même si je n’avais pas d’anorak, peut-être que je prenais ce train tous les jours, que je partais pour mon boulot de merde dans une administration belge quelconque. J’ai dû fouiller mes poches –et je ne plaisante même pas– pour trouver mon passeport et avoir la confirmation que je ne vivais plus en Belgique. Ouais, voilà l’effet que ce pays a sur moi. Même un passage au consulat Belge de Los Angeles me fout des angoisses. C’est consternant, je sais et vu de l’intérieur, croyez-moi, c’est encore pire. Demain, un autre souvenir terrifiant. Putain d’anoraks.

L-Apologie-de-la-peur-1_homeblog_defaultbody

Commentaires (6) Tags : Putain dix ans