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Izunas 4

Liste des commentaires

  • 1 Pierre-Paul mercredi 30 avril 2008

    Ce que j’aime bien chez vous c’est votre franchise, ce message est très intéressant. L’aspect “réassort” du problème recoupe bien un propos de Jean Van Hamme qui a avoué à BoDoi que les ventes du fonds de la plupart de ses séries s’étaient éffondrées.


    Si les marges des éditeurs sont de plus en plus faibles, les maisons d’édition de taille restreinte ont-elles encore une raison d’être ? Un des actionnaires belges de Media Participations, la Sofina, a vendu ses parts (4% je crois) il y a 2-3 ans (je dois vérifier la date) parce que cela ne leur rapportait plus d’argent. Pareil pour Unibra, l’autre belge de service, qui avait une petite participation dans MP. Cette désaffection des holdings d’inevstissement est confirmée par la revente par la CNP (merci de ne pas douter de la compétence de Gilles Samyn, je l’ai rencontré dans le passé et je puis vous assurer que c’est un homme brillantissime) de Dupuis, à la différence près que ils l’ont fait au prix fort, sur une base saine. Vu de l’extérieur (hélas peu de chiffres sont disponibles), il semble que l’industrie de la bd et probablement du livre en général a vu sa situation se détériorer nettement ces 2-3 dernières années. Cela ne peut que mener à des regroupements ou alors à la filialisation de maisons moyennes dans des groupes d’édition généralistes pour répartir le risque financier sur un plus grand nombre de produits (sic ! désolé pour le mot) avec des croissances différentes et donc des rentabilités différentes. Il y a des exceptions, comme les véritables microstructures (L’Asso, Cornelius, La Boite à Bulle, etc) qui bénéficient de subsides et ont une base de coûts très différente de mastodontes comme Glénat ou MP.

    J’aimerais avoir plus d’information financière pour comprendre les dessous de chacune des maisons d’édition, grandes ou petites, je déplore que les données utiles ne soient pas disponible.


    Merci pour ces éclaircissements et pour votre capacité à ne pas éluder les questions les plus gênantes.


  • 2 jack mardi 13 mai 2008

    salut


    J’aurai juste 2 questions (si vous souhaitez vous pouvez me répondre par email).


    La “restructuration” des humanos aura-t-elle une incidence sur Shogun ?

    Les publications liées à Shogun seront-elles supprimées, retardées, etc ?


    En tout cas, je vous souhaite toutes les réussites possibles et je suis de tout cœur avec les humanos, en espérant que tout cela se passe au mieux pour vous ;).


  • 3 Fabrice Giger mardi 13 mai 2008

    Merci pour votre message de soutien.


    La restructuration des Humanos a bien etendu un impact sur Shogun, mais je le pense positif. Quelques titres supprimés, d’autres repositionnés, mais en définitive des décisions qui auraient été prises, restructuration ou non.


    Ce qu’il faut savoir sur Shogun, c’est que pour les Humanos c’est avant tout une formidable expérience sur une façon de développer des récits de bande dessinée autrement. Bien entendu, il peut y avoir des ratages, mais je vois déjà que la refondation des Humanoïdes Associés à laquelle nous travaillons intègre certains aspects de celle-ci.


  • 4 Pierre-Paul mardi 13 mai 2008

    bonjour, je viens de relire mon commentaire et je constate que j’ai oublié de vous signaler que en fait de faillite de Casterman vous confondez les editions Casterman (groupe Flammarion / Rizzoli) et l’imprimerie Casterman qui a en effet été en faillite, ou en concordat je ne sais plus.


  • 5 Fabrice Giger samedi 17 mai 2008

    C’est techniquement correct, mais relatif car il était de notoriété publique que la cession de la branche édition de Casterman était faite pour éviter la faillite. Je me souviens d’ailleurs que cette cession partielle du fond de commerce de Casterman à l’époque m’avait surpris, en particulier du point de vue juridique.


  • 6 john samedi 17 mai 2008

    Bonjour, monsieur Giger.


    Je m’intéresse à l’histoire des maisons d’éditions et notamment à celle d’Alpen plubisher. J’aimerai obtenir des informations sur la genèse de ce label.


    Cette maison d’édition est née en 1988 avec l’album Kriegsspiel de Arno (tirage limité de 2500 ex.?) et de Pytagore (Derib et Job) et a été créée pour cibler un public d’adolescent, était-ce pour se démarquer des Humanos plus ciblés adulte (sous-question pourquoi Alpen comme nom) ?


    2.En 1990, vous reprenez 3 séries du catalogue de l’éditeur Namurois Miroir (Mauro Caldi; François Julien; Alexe) de Bayard (Beaudragon) des Archers (Durango) et de Dupuis (Alceister Crowley); sur quelle critère se sont basés ces choix ?


    3.On retrouve dans votre catalogue plusieurs séries de J-M Charlier (Barbe rouge, les gringos, Blueberry et toutes ses déclinaisons, Ron clake), comment s’est effectué le passage de ces séries chez Alpen et aussi avec les ayants droit ? Pour Barbe rouge et les chevaliers du ciel (projet non abouti) je crois savoir que les héritiers de Jijé détenaient 50 % des droits est-ce correct ?


    4.Pour les Gringos, une série créée pour le magazine Super as en 1979, c’est surprenant de la retrouver chez vous, était-ce du à une demande de Philippe Charlier ou de Guy Vidal de les rescuciter ?


    5.Dans votre maison d’édition on retouve énormément de série western (Durango, Jerry Spring, Blueberry, Gringos), la crème du genre mais pas de Jim Cutlas (la seule série qui était déjà présente dans le catalogue Humano et qui était signé Charlier et dont vous repreniez plusieurs

    séries et de Giraud qui était un des fondateurs des Humano et qui était aussi présent chez Alpen avec Blueberry), pourquoi a-t-elle continué chez Casterman et pas chez vous ?


    6.On retrouve aussi Jerry Spring, une des plus belle série Westen, je suppose que c’est du à un coup de coeur,comment c’est effectué le choix de Franz comme dessinateur et aussi l’arrivé de Spring a-t-elle permis le passage des séries de Charlier dessinées par Jijé (Barbe Rouge, Tanguy et laverdure) ou est ce l’inverse?


    7.Qui a eu l’idée de créer une troisième version de Blueberry (Marshal Blueberry) et d’y associer Vance ?


    8.On retrouve aussi dans votre catalogue la série Leonard, Pourquoi a-t-elle trouvé place dans un nouveau label (Appro) et non chez Alpen, était-ce du à l’absence de série humoristique chez Alpen ?


    9.J’ai lu que vous espéreriez relancer Johan et Pirlouit, Blake et Mortimer (vous avez expliqué pourquoi cela ne s’est pas réalisé dans le livre de Thierry Bellefroid sur les éditeurs), mais aussi Lucky luke jusqu’où les tractations ont été mené concernant cette dernière série ?


    10.On trouve très peu de nouvelle série réalisé par des auteurs confirmés excepté Dany (Equator), est-ce difficile de signer des pointures quand on se positionne dans le même créneau que les Dargaud,Lombard, Dupuis, n’ont-il pas essayé de vous mettre des bâtons dans les roues ?


    Je vous remercie d’avance d’avoir prêté attention à mon courriel et j’espère que vous répondrez à certaines de mes questions.


    Salutations distinguées.

    John


  • 7 Fabrice Giger samedi 17 mai 2008

    Wow ! Que de souvenirs, et pour certains, je devais avoir dans les 21 - 22 ans. J’ai beau prendre régulièrement mon Omega 3, certains détails se sont estompés. Je vais essayer de répondre à vos questions, mais il va me falloir le faire par petits bouts et dans le temps.

    Pour faciliter votre lecture, je reprendrai la question en italique en début de commentaire.


    Cette maison d’édition est née en 1988 avec l’album Kriegsspiel de Arno (tirage limité de 2500 ex.?) et de Pytagore (Derib et Job) et a été créée pour cibler un public d’adolescent, était-ce pour se démarquer des Humanos plus ciblés adulte (sous-question pourquoi Alpen comme nom) ?



    Alpen Publishers a été créée avant même que nous ne reprenions les Humanoïdes Associés avec mes compères d’alors (l’équipe des Editions Gilou). C’est à la suite du rachat des Humanos que nous avons voulu en faire, en effet, une entité dont la cible était essentiellement les 10-16 ans.


    Le parisianisme de l’époque et une vision assez prétentieuse de ce que représentaient les Humanos nous empêchaient d’imaginer faire se cotoyer Léonard et Le Garage Hermétique sous une même marque.


    Bien entendu, il y avait également là-derrière une vraie réfexion et un bon sens du point de vue du marketing, mais d’une certaine façon, nous sommes restés prisonniers de ce que représentaient les Humanos. J’ai le sentiment que ce n’est que maintenant que nous sortons de cette époque. Vingt ans plus tard.


    Pourquoi Alpen ? Je suis né à Genève, entouré de montagnes…


    La suite au prochain épisode.


  • 8 Fabrice Giger vendredi 23 mai 2008

    La question : En 1990, vous reprenez 3 séries du catalogue de l’éditeur Namurois Miroir (Mauro Caldi; François Julien; Alexe) de Bayard (Beaudragon) des Archers (Durango) et de Dupuis (Alceister Crowley); sur quelle critère se sont basés ces choix ?


    En réalité, c’est tout le catalogue Miroir que nous avions repris, avec pour objectif de renforcer le programme Alpen, centré sur les 10-16 ans.

    Leonid Beaudragon est arrivé chez nous pour les mêmes raisons, après la volonté de Bayard de se désengager de la collection gérée par Forest et du fait de notre relation avec Forest (nous avons aussi publié Barbarella).

    Durango a été repris à Dargaud (et non à son premier éditeur, les Archers), en prenant quasiment le même bateau que les auteurs du fonds “adulte” de Dargaud (baptisé Images Passion).


    Les Gorilles de l’Apocalypse, n’était pas un rachat; c’était une création de Cossu faite à la demande de Jean Léturgie, l’un des directeur de collection de Alpen de l’époque.