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Dossier Jodorowsky

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Partez à la rencontre d'Alejandro Jodorowsky, créateur de génie.

Le Cinéma

Jodorowsky et le cinéma, Je t'aime moi non plus


Avec la sortie de son 8ème long métrage - Dune mis à part - Alejandro Jodorowsky a été une fois de plus présent à Cannes en 2016. Lui que Télérama qualifie de « candidat perpétuel du festival », participait déjà à l'évènement il y a 40 ans. Mais si l'histoire d'Alejandro avec le cinéma remonte déjà à quelques années, elle n'a pas toujours été un long fleuve tranquille.

Jodorowsky se tourne vers le Cinéma dans les années 60. Son premier long-métrage, réalisé au Mexique en 1968 avec très peu de moyens, est une adaptation de Fando y Lis, à l'origine une pièce de théâtre surréaliste écrite par son ami Fernando Arrabal. Si l'entreprise est peu coûteuse, la sortie en salle de l'œuvre fera grand bruit. De par son hermétisme, sa violence et son ambiance morbide, le film choque les spectateurs. Une émeute éclate lors de la première et le film sera rapidement interdit au Mexique. 

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Diana Mariscal, Fando y Lis

Le scandale provoqué par Fando y Lis n'empêchera pas Jodorowsky, devenu cinéaste, de réitérer l'entreprise deux ans plus tard avec la sortie de El Topo. Le film, également réalisé au Mexique, sera qualifié par John Lennon de « Western allégorique », et le chanteur très impressionné proposera même à Jodorowsky de financer son prochain long-métrage. Celui-ci verra le jour en 1973 sous le nom de La Montagne sacrée et restera sans doute le projet le plus ambitieux que Jodorowsky ait fait aboutir. Il se charge, comme à son habitude, de l'écriture du scénario et de la réalisation, mais il travaille également sur la musique et endosse un des rôles principaux, celui de « l'alchimiste ». 

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Horacio Salinas, La Montagne sacrée

Par la suite, Jodorowsky réalisera encore cinq films, dont La Danza de la realidad (2013)et Poesia sin fin (2016). Deux films autobiographiques burlesques dont les rôles principaux sont attribués à ses deux fils, Adan et Brontis.


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Les films de Jodorowsky font souvent figures d'OVNI dans le paysage cinématographique international. S'ils ne ressemblent à nuls autres, c'est que chacun d'eux plonge le spectateur dans un trip psychédélique et provoque son adhésion complète, ou au contraire, son rejet. C'est en effet la volonté de leur auteur de fournir aux spectateurs via le cinéma « ce que les hippies demandaient à la drogue ». 

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En plus de faire vivre des expériences sensitives uniques, le cinéma de Jodorowsky est également engagé. Dans ses œuvres, souvent qualifiées d'anarchiques et d'anticléricales, Jodorowsky rejette « l'art industriel » qui prédomine aujourd'hui, notamment sous la tutelle d'Hollywood. Comme il le dit lui-même dans une interview accordée au journal Le Point en Août 2016 : « Le cinéma a été colonisé par les Etats-Unis… À quoi est ce qu'il sert maintenant ? Je ne fais pas, comme à Hollywood, du cinéma pour gagner de l'argent, je pose la question : " Qu'est-ce que je peux donner ? " ». 

Loin de se soucier de l'avis de la critique, qui a pourtant très bien accueilli sa dernière œuvre, Jodorowsky affirme qu'un vrai artiste a très peu de public, et continue de laisser libre cours à sa frénésie créatrice. En effet le « chilien fou » vient de terminer le script d'une suite d'El Topo, d'ores et déjà à lire en bande dessinée.

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