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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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L'Expert Friedkin

mardi 21 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Il y a dans la sixième saison de « Les Experts à Las Végas » (« CSI Las Vegas »), le meilleur film de l’année. Il ne dure que cinquante minutes.
Il suffit d’ailleurs de revoir les grands films des années 30 aux années 50 pour se rendre compte qu’à l’époque, double programme ou pas, ils étaient souvent pleins comme des œufs et duraient généralement une heure et demie et souvent même une heure et quart. Désormais, presque tous les films sont trop longs et gagneraient à être coupés.

Le meilleur film de l’année donc, est dû à William Friedkin.
Je ne sais pas comment l’équipe des Experts l’a convaincue :
je n’ai pas regardé les suppléments où pourtant il doit tout expliquer. Je préfère garder le mystère et que vous les regardiez pour moi. J’aime me créer des zones d’ombre.

Ma théorie qu’il infirme peut-être par ailleurs, mais il n’a pas forcément raison, est qu’ils lui ont fait un scénario sur mesure et qu’il n’a pas pu refuser, comme on aurait dit dans « Le Parrain ».
En tout cas, lui qui, ces temps-ci, avait plutôt envie de monter des opéras à la Scala ou de faire des films expérimentaux à trois dollars cinquante, comme son passionnant « Bug », et à qui j’ai proposé deux ou trois fois des sujets qui ne l’ont pas intéressés car, comme beaucoup de grands narrateurs, il n’a plus envie de raconter des histoires pour raconter des histoires, connaissant tous les trucs et de faire des films pour faire des films, nous a donné ici un de ses chefs-d’œuvre.
Le héros c’est Gary Dourdan, personnage secondaire dans la série, un black sympathique qui avait été jusqu’à présent un personnage attachant mais un peu en retrait.
Tout à coup, il devient le héros d’une espèce de cauchemar éveillé à la « Insomnia » - je pense plus au film suédois qu’à son remake américain - s’empêchant de dormir par des moyens chimiques et dans sa vie se superposent progressivement des faits épouvantables, leurs déformations et des hallucinations dûes au manque de sommeil. Il va commettre maladresses sur erreurs se mêlant de ce qui ne le regarde pas, oublier vite son éthique policière et descendre aux enfers jusqu’à une fin terrifiante qu’on a l’impression quand on la voit de connaître déjà.

Il se peut d’ailleurs que ce vieux renard rusé de Friedkin qui comme Zorro fait toujours sa loi comme dans « Cruising », utilise quelques images subliminales ici ou là, pour nous préparer à cette fin car quand l’atroce intervient, nous avons l’impression que nous avons déjà vu l’image finale.

La suite demain.

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