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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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Les années Creepy, 2è partie

vendredi 24 avril 2009 par "Jean-Pierre Dionnet "

Le volume 1 (numéros 1 à 5 de Creepy) avec le mythique numéro 1 et sa couverture de Jack Davis, un transfuge des EC Comics justement, et les suivants presque toujours avec des couvertures de Frazetta dont je me suis lassé depuis mais qui à l’époque me firent forte impression.

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Je ne voudrais pas être injuste avec Frank Frazetta dont j’ai même, tant était grande mon admiration, imité la manière de faire les « T » et les « F » dans ma signature. Cela m’est resté. Simplement au fil du temps, je trouvais qu’on parlait trop de lui et pas assez des autres. Qu’il était un immense dessinateur de bandes dessinées, voir « Johnny Comet », sublime comic strip sur la course automobile dessiné d’une manière frénétique qui était un peu l’équivalent au cinéma de Douglas Sirk montrant des avions dans « La Ronde de l’Aube », mais quand on voit « Lil' Abner » récemment réédité avec la mention – Al Capp doit se retourner dans sa tombe – « Les planches du dimanche » de Frazetta, puisqu’il aidait le maître…On a oublié que Al Capp fut un moment le dessinateur de bandes dessinées le plus cèlèbre du monde et pour vendre ses livres désormais, on met sur la couverture le nom de son assistant.
Vous savez sans doute déjà que « Creepy » était édité par un nommé James Warren qui voulut refaire en gros, après « Famous Monsters of Filmland », des EC Comics avec au départ les mêmes auteurs.

Et dans ces histoires où quelques scénaristes débutèrent, il y eu surtout Archie Goodwin, formidable scénariste à la fois classique et moderne qui nous a quitté trop tôt et tous les grands noms des EC justement : Orlando, Williamson qui hésitaient constamment entre deux traités : un très Prentice « à la Rip Kirby » et un autre plus floral « à la EC », avec l’aide parfois de Roy Krenkel, mystérieux dessinateur admirable qui n’a jamais produit de bandes dessinées au sens propre mais qui a rendu sublime quelques œuvres de Williamson justement ou de Frazetta et de quelques autres en rajoutant des architectures merveilleuses directement issues de Franklin Booth, sans jamais faire autre chose que de les aider et deux ou trois proches de BD ici ou là.

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Il y avait aussi Reed Crandall, grand maître de l’aventure, chez DC d’abord, avec « Blackhawk », puis maître des EC Comics avec ses petites hachures maniaques et qui au moment de Warren, va nous donner quelques chefs-d’œuvre encore, avant hélas que son trait ne commence à se maniérer, à s’arrondir et à s’autoparodier.
Lui aussi était de l’école « Booth » mais matinée de Joseph Clement Coll et de Gibson avec des petites hachures qui seyaient merveilleusement par exemple à ses adaptations de contes d’Edgar Poe.
Il y eut Frazetta donc, qui fit là l’une de ses rares bandes dessinées tardives, Gray Morrow, illustrateur de science fiction, apparu trop tard pour être dans les EC mais digne d’eux, Angelo Torres qui aidait Williamson depuis quelques temps sur « X9 » mais dont on découvrit ici – tous les deux venant d’Amérique du Sud – qu’il était aussi fort et aussi passionnant dans cette école interchangeable qui ressemblait un peu à la famille tuyau-de- poil et où quand Georges Evans, un autre maître des EC qu’on ne retrouvera pas ici, remplaçait Caniff sur la bande dessinée quotidienne de « Steve Canyon », pendant que Williamson remplaçait Prentice sur « Rip Kirby » et pendant qu’il se faisait lui-même remplacer sur « X9 » par Angelo Torres, etc, etc, etc….

On aperçoit aussi dans ce premier volume Alden McWilliams, dessinateur de « Terres jumelles » et d’un magnifique « Dracula » en pocket book, et Bob Lubbers, très mauvais dessinateur de « Tarzan » mais excellent dessinateur de Pins-Up avec la sublime série « Robin Malone ».

La suite demain à propos du tome 2.