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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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THE UNIT « Commando d’Elite » Saison 4

jeudi 24 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

 

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« The Unit – Commando d’Elite » s’achève sur une saison 4 avec une fin ouverte « à la Cendrillon » puisque le plus moche de la bande va finir par épouser la princesse. « The Unit », c’est une drôle d’histoire. C’est le retour de David Mamet, grand cinéaste des groupes disparates, joueurs ou autres, qui parlent beaucoup, et l’on comprend au travers de ce qu’ils disent, et surtout au travers de ce qu’ils ne disent pas. Il est définitivement du dernier millénaire. Il a dû se replier sur une série télé, et une série, qui plus est, d’action, autour de la vision paranoïaque habituelle sur l’état du monde : il y a dans les services spéciaux américains des unités si spéciales que personne, même les autres corps d’élite de l’armée ne savent qu’ils existent. En gros ils ne rendent compte qu’au président.

 

L’histoire avait bien commencé, autour du fait qu’ils sont censés avoir des métiers normaux, une vie normale, et ne pas exister en tant qu’espions, et que leurs familles sont tenues au même secret. Leurs femmes surtout. Progressivement les épouses des protagonistes sont prises dans l’engrenage et se trouvent entraînées dans leur monde, sombre. Il y a des dérapages, sexuels et autres, comme il y en a dans tous les groupes, il y a des erreurs ou des ratages qui une saison plus tard, effet papillon, aboutissent à des résultats désastreux : on veut tuer un président américain, à cause d’un président de l’Amérique du Sud qu’on a râté la saison précédente.

 

En gros, ce que fait Mamet, c’est reprendre les ingrédients habituels de séries souvent un peu bêta et de les sanctifier, d’en faire autre chose.

 

C’est une mini série admirable en quatre saisons donc, que j’appellerais plutôt un long film, puisque, à part quelques épisodes, tout se tient : c’est l’histoire d’un groupe contre le monde entier, cela s’achève avec le même groupe, toujours, qui pourrait repartir demain, mais déjà cela ne nous intéresse plus.

 

A noter que le très malin Mamet arrive à faire le nécessaire dans les scènes d’action mais sans en rajouter, et que l’intensité est plutôt dans les affrontements verbaux, paroles entre chefs et sous-chefs, entre maris et femmes, entre président et hommes à tout faire du président. C’est avec une annonce d’attaque spectaculaire, une série feutrée, qui ne prend pas partie.

 

On dirait que maintenant on a tous accepté le fait qu’il y a partout, peut-être est-ce vrai, peut-être est-ce faux, dans le monde de l’espionnage, des agents qui font tout et n’importe quoi au nom du bien collectif et qui ne sont pas tenus par la loi. Ils ressemblent à « Parker », le héros de Richard Stark : dans un contexte discutable ils se contentent de faire leur métier le mieux possible.

 

Les seuls reproches qu’ils peuvent se faire, ce sera par exemple leur chef qui a commis l’acte terrible : non pas bombarder une ville ou tuer un président ou enlever une famille ou détruire une usine vitale pour le pays, mais coucher avec la femme d’un de ses officiers. Là c’est impardonnable car ça dérange le groupe. On est donc dans une logique de guerre, une logique de groupes fermés, une logique de western, mais aussi dans le monde de Mamet.

 

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