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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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MESSAGE DANS UNE BOUTEILLE (13)

mardi 22 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

Je ne répondrais pas à tout le monde même si certaines blagues m’ont fait rire et aussi parce que vous êtes plusieurs, ce qui m’a troublé, souvent à me dire la même chose.

 

Par exemple, nombreux à répondre sur Lovecraft et son racisme et sur ce qu’il faut en penser et sur Lacassin, et je vous laisse vous lire entre vous.

 

 A Pierre je dirais juste : ce qui me déplait dans « Harry Potter », (je suis de mauvaise foi) c’est son succès d’arbre qui cache une forêt entière. En réalité « Harry Potter » n’est pas si mal que ça et même pas mal du tout, simplement je suis toujours énervé, tant mieux pour l’auteur, quand tout d’un coup un succès planétaire fait qu’on ne lit plus que ça. Peut-être que si « Harry Potter » n’avait pas marché, aurais-je adoré.

 

A Hectorvadair, je lui dirais bien d’aller voir, pour les « Creepy » français, ils ont peut-être une collection, dans les une ou deux bonnes librairies spécialisées dans ce genre de choses, soit celle de Christian Journé – Librairie « Le Petit Roi » - 39 Passage Jouffroy 75009 Paris, soit chez Gérard Thomassian – Librairie « Fantasmak » - 17 rue Belzunce 75010 Paris. Moi-même, je dois bien avoir une collection quelque part puisque j’ai collaboré entre autres à « Creepy » et à « Vampirella », si je les retrouve un jour je vous le dirais.

 

J’ai jeté un œil sur BDoubliées.com, bon travail.

 

Vous êtes plusieurs, jl.boutel en tête, à être revenus sur moi pour dire tout le bien qu’il faut penser du livre sur le cinéma japonais de Donald Ritchie sur la traduction de Slocombe. C’est bien, je ne suis pas seul.

 

Vous êtes nombreux à me parler de Tibet, en disant que j’annonce que je vais être méchant et que je ne le suis pas, en me demandant le titre (je l’ai oublié), de l’album avec les vestes toutes pareilles, en me soulignant qu’il y a de jolies choses dans « Chick Bill », en me disant que le gag sur le costume de Ric Hochet existait déjà dans Donald. Je ne me rendais pas compte que j’avais remué tant de choses.

 

Cher 2 jules, oui la mission Pelliot pour soutenir le baron Ungern est une histoire à la Raspail, et donc à la Terpan, j’espère qu’ils y penseront un jour.

 

Cher lupo mnema, le nouveau space opera s’appelait donc en anglais « The New Space Opera » mais ce n’était pas obligé d’en faire NSO quand même.

 

Et puis vous êtes nombreux, bibliothécaires qui m’expliquez que votre métier est difficile ou voleurs de livres, à être revenus sur moi et là aussi j’ai l’impression que mon caillou fait beaucoup de remous.

 

Quand vous volez, vous choisissez bien.

 

Cher le reclus, j’ai adoré ton texte sur Lovecraft où tu reviens en détails sur des tas de points, assez fascinants d’ailleurs, qui ne résolvent rien mais il y a-t-il quelque chose à résoudre ? C’est le mystère de Lovecraft qui nous plaît. Par contre, j’aime beaucoup ta comparaison entre les univers de Lovecraft et ceux de Jim Woodring et son dernier livre paru à l’Association, avec son côté diable surgit de fresques médiévales dans un univers à la Félix le Chat, est admirable.

 

Cher Siestacorta, je vais me jeter sur « Fighting » de Dito Montiel qui m’a l’air tout à fait intéressant. Par contre, pas d’accord pour dire que Wesley Snipes est bêta. Je l’ai un peu connu, il m’invitait à ses anniversaires, il vivait à l’époque et je crois même qu’il était marié avec une jolie japonaise et sa conversation était tout à fait intéressante. En plus, il était une très grosse star à l’époque et il ne se la jouait pas du tout, il n’y avait pratiquement à son anniversaire pas de personnes de Hollywood mais beaucoup d’anciens copains de « The Hood ».

 

Cher Kieran, j’aime bien, c’est presque le début d’un film, tout ce que vous me racontez sur les traumatismes que peut subir un bibliothécaire.

 

Quand je lisais vos lignes, je parlais avec un camarade qui me disait qu’il y aurait de formidables sujets de films qu’on n’aborde jamais, par exemple lui qui est collectionneur de robots et moi qui l’ai été dans le passé, la manière dont ça nous a amené dans des endroits improbables, aussi improbable que quelqu’un qui cherche des amphétamines presque pures en Californie, et qui se retrouve dans des villes qui n’existent pas et dans des coins très paumés. Des aventures minuscules mais qui pourraient faire de bons films, apparemment bibliothécaire aussi.

 

Par contre, attention, en ce qui concerne « Mister X », les plus beaux ne sont pas ceux illustrés par les frères Hernandez, ni les suivants, mais les premiers, les vrais, dûs à ce dessinateur qui s’appelait Paul Rivoche et qui hélas est parti depuis vers l’animation. Apparemment, il ne s’entendait pas bien avec Dean Motter mais c’est définitivement le plus haut sommet de « Mister X ».

 

Parmi les voleurs de choses défendables, il y en a un qui m’a fait rire, c’est celui qui a volé une carte postale de Samantha Fox, ce qui est évidemment indéfendable et encore mieux.

 

Oui cher boutel, les livres rares de science fiction sont légions et il se passe quelque chose d’extraordinaire en ce moment, contrairement à ce que vous dites, c’est que en gros tout ce qui est antérieur aux années 50, sauf chez quelques libraires qui s’entêtent, ne vaut plus rien, je dirais même antérieur aux années 60, et qu’on peut maintenant s’acheter des Maurice Renard originaux pour le prix des rééditions Omnibus si l’on sait fouillasser.

 

Alain Brion, illustrateur que j’aime des fois et d’autres fois moins, a apparemment de l’humour, bravo. Cher fridobec, « Nasdine Hodja » est réédité par Le Coffre à BD, formidable petite maison qui fait un excellent travail même si leurs livres sont durs à trouver. Il faut aller voir sur internet. Ils viennent d’ailleurs de rééditer, paraît-il, l’admirable et très sexy « Robin Malone » de Bob Lubbers.

 

A olivier qui me demande quels sont les plus beaux films du monde, je vais lui répondre qu’aujourd’hui, pour moi, j’ai le droit de changer d’avis et j’en change souvent, ce sont deux films avec Tusday Weld, « Le jour du vin est des roses » de Blake Edwards avec Jack Lemmon et « Thief » qui s’appelait en français je crois « Le Cambrioleur » de Michael Mann avec James Caan.

 

J’aime bien me faire mentalement des listes au coucher ou au saut du lit, des trois ou cinq meilleurs films du monde et je me suis aperçu que j’ai souvent changé d’avis.

 

Certains films pourtant reviennent périodiquement dans ma liste, ils sont peut-être mes vrais plus grands films du monde car tous les cinq ans ils remontent, c’est « L’Aventure de Madame Muir » de Mankievicz, c’est « La Prisonnière du Désert » de John Ford, c’est « Comme un Torrent » de Minelli, c’est « Ecrit sur du vent » de Douglas Sirk, c’est « Le Voyeur » de Michael Powell…

 

Je suis très content (et je ne vous citerais pas tous) que vous soyez plusieurs à vous êtes rendus compte en même temps que moi que « Planète Hurlante » était la meilleure adaptation de Dick.

 

Cher Juju Collector, pour le Wolverton tu devrais essayer dans quelques bonnes librairies spécialisées en comics, chez « Déesse » par exemple rue Cochin ou bien plus simplement sur internet ou alors chez Jacques Noel à la librairie « Un Regard Moderne ».

 

Darren Aronofsky avec qui j’ai fait l’entremetteur (je lui ai présenté Moebius, son dieu) et nous nous sommes croisés plusieurs fois à New York, et pour son film « Black Swan » qui rendrait hommage à « Les Chaussons Rouges » ça ne m’étonne pas, je vais me renseigner.

 

Cher kaze, merci sur tous les renseignements sur le dessin sur ordinateur et le speedpainting. Ce que je remarque, c’est que chaque fois qu’une technique nouvelle apparaît, il y a deux sortes de gens qui s’y intéressent : ceux qui ont déjà œuvré dans d’autres domaines et qui rajoutent ce nouveau moyen technique à leur palette et ceux qui inventent quelque chose de nouveau en commençant à travailler directement sur ce nouvel engin. C’est souvent eux les plus intéressants.

 

Quant à Gilles, dire que les dessinateurs d’aujourd’hui sont moins imaginatifs que ceux d’hier, ce que j’ai d’ailleurs dit, non je ne pense pas que cela soit dû au formatage des écoles car il existe depuis longtemps surtout pour les arts graphiques ni à l’accès universel à tout ce qui précède, ça devrait au contraire inciter…

 

Mais je pense très sérieusement que la disparition du mysticisme et de la transcendance d’une part et le fait que nous avions des rêves, par exemple marcher sur la lune, quête qui a aboutie et qui n’ont été remplacés rien, sinon par des rêves médiocres, font beaucoup pour la disparition de l’imaginaire collectif.

 

Nous nous projetions dans un futur probable exaltant. Maintenant que nous vivons après la fin du monde, « Mad Max » est presque devenu un documentaire dont je retrouve des images en Afghanistan ou ailleurs, et bizarrement l’imaginaire colle au réel alors qu’avant le réel, voir toutes ces inventions qui furent envisagées par les écrivains et qui devint réel comme les télés de Robida, devenues télévision plus tard : on peut dire que préalablement la science fait souvent partie de l’imaginaire alors qu’aujourd’hui, ancéphalogramme plat de nos devenirs, à part les théories un peu quantiques qui permettent de dire qu’il y a une infinité de mondes possibles et que tout est légèrement différent, donc toujours semblable, nous sommes dans une période qui manque peut-être d’enjeux, d’enjeux autres qu’économiques.

 

Cher Mantichore, tu m’a foutu un coup. Oui, car je n’ai jamais lu les livres de Keith Henderson illustrant les bouquins de E.R Eddison « The Worm Ouroboros » et ses « suites », ça me passionne.

 

Merci à lupo mnema sur tous ces noms nouveaux qui s’ajoutent à ma liste des gens dont il faudrait chercher les œuvres.

 

Et quant à Y.Egly, c’est un peu l’histoire d’Alain Brion, avec le traducteur de « Jumper », mon histoire de jumper ou de sauter (sa femme) l’a fait réagir de manière assez rigolote. Encore quelqu’un qui a de l’humour. « L’humour étant la politesse du désespoir » comme le disait Jacques Steinberg, nous ne devrions plus en manquer désormais.

 

Cher Pierre-Florian Aznar, merci de signaler et j’aurais dû le faire, le formidable coffret Samuel Fuller édité aux Etats-Unis mais alors il faut aussi parler de l’incroyable coffret Bud Boetticher où les intervenants sont soit Quentin Tarantino qui n’y comprend rien puisque pour lui leur seul intérêt était d’avoir fait des petits film B, mais par contre Clint Eastwood ou Taylor Hackford disent des choses formidables sur ces extraordinaires westerns, tous avec Randolph Scott.

 

Quant à castelet, il a raison. Bien sûr que « Les Visages » de Jesse Kellerman doit venir plus ou moins de la révélation après sa mort des peintures guerrières et pédophiles de Darger.

 

Cher Raùl Mora, merci de me signaler qu’il y aura pour bientôt une exposition Helios Gomez à Ivry et merci pour me signaler qu’il y a deux autres livres sur cet auteur palpitant qu’on trouve chez deux libraires, un à Paris au « Point du Jour » rue Gay Lussac et un en banlieue à « Envie de Lire » à Ivry.

 

Cher Vincent Rif, c’est bien que quelqu’un à chaque fois revienne sur Schlingo même si de lui je retiens moins la noirceur de sa vie que les moments de bonheur et la loufoquerie plus que le désespoir.

 

Je viens d’ailleurs de tomber sur mon portrait par Schlingo, derrière mon bureau au téléphone, costume croisé, je dis à ma femme d’alors que « le zen c’est fini ». Du pur Schlingo : je ne savais pas si il se foutait de ma gueule ou non.

 

Cher Powerranger, je vais lire derechef « Rex » et « Invitation à la Danse » de Zezelj, d’autant que c’est une surprise dont je vous reparlerai, nous allons peut-être collaborer tous les deux un de ces jours sur une bande dessinée. Je lui ai proposé l’histoire la plus barrée du monde et il s’est contenté de chercher deux ou trois détails logiques ou pas logiques dans quelque chose qui, je le pensais de par son ambiguité, risquait, même lui, de l’effrayer ou de le révolter. Cela n’a pas été le cas.

 

Et si je fais bien mon ouvrage dans cette grande série sur laquelle je travaille pour les éditions Dargaud avec pas mal d’auteurs connus et qui se veut une série populaire, et où je pense Zezelj a sa place, cela permettra peut-être à ses autres livres admirables de se vendre davantage à postériori.

 

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