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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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ETONNANTS VOYAGEURS 2010 ET LE GRAND PRIX DE L’IMAGINAIRE

lundi 21 juin 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "

3ème PARTIE

 

Et puis si je n’ai rien vu à Saint-Malo, c’est aussi parce que je courais donc comme un lièvre de Mars, pour par exemple vous présenter « Ilya Mouromets » (« Le Géant des Steppes ») de Ptouchko, cet extraordinaire film russe qui, à la revoyure, s’avère être le premier film d’héroic fantasy sauvage, avant « Conan », avec des différences

- slavitude –

avec un lyrisme extraordinaire et des images incroyables, dû au fait que Staline qui aimait beaucoup les enfants, comme beaucoup de tyrans, et qui aimait beaucoup Ptouchko qui avait eu le « Prix Staline » en 1945, lui donna son armée : plusieurs divisions et au final une charge de mongols ou des centaines de milliers de soldats déferlent sur l’écran face à nous. La première et dirais-je même la dernière où on a vu la guerre représentée de façon aussi ample avec ces nuées humaines se mêlant à d’autres nuées humaines en un combat rouge de sang : l’ennemi.

 

J’ai revu aussi un bout de « Aelita » dont je disais en le présentant qu’il était le film fondateur de l’imaginaire de la SF, puisque des traces de « Aelita » il y en a partout.

 

C’est un des premiers films de science fiction (1924), dû essentiellement à des futuristes russes, et son visuel et une partie de sa thématique vont se retrouver quatre ans plus tard dans « Métropolis » de Fritz Lang. Plus tard encore, une partie de son imaginaire visuel va se retrouver dans le « Flash Gordon » d’Alex Raymond et par ricochet, dans toute la science fiction visuelle, des origines à nos jours.

 

En y repensant, j’ai même réalisé que dans « Mothra contre Godzilla » que j’ai distribué il y a longtemps avec le Studio Canal+, il y avait deux petites créatures imaginaires merveilleuses qui s’appelaient les « Alitas » et que c’était évidemment un hommage à « Aelita », peut-être bien le jalon le plus important de la création du cinéma de science fiction.

 

PS : A propos de « Ilya Mouromets », j’ai eu l’occasion aussi de parler d’un formidable éditeur trop mal distribué car on ne trouve pas ses livres partout, « Anacharsis », qui publie des livres de recherches, d’histoire, et des ouvrages anciens jamais réédités en totalité à ce jour, et qui fait beaucoup pour la connaissance de la Russie, avec entre autres le recueil de Bylines : « Ilya Mouromets et autres héros de la Russie ancienne », traduit du russe par Viktorya et Patrice Lajoye, qui permet de mieux connaître le personnage et donc de mieux connaître la Russie, avec aussi dans mes autres livres préférés chez le mêmé éditeur, « La Chronique de Nestor », mélange de récits historiques et d’histoires merveilleuses, venus de la tradition orale également, qui raconte la Russie du début, celle où elle devint « La Rus  de Kiev », carrefour du monde où se rencontraient aussi bien les nordiques que les visiteurs de Byzance ou de Samarcande : les débuts de cette Russie gigantesque qui, entre son centre slave ou mongol et ses extrêmes, froid ou chaud, est définitivement le plus grand pays du monde au niveau des brassages culturels.

 

Et des russes j’en ai vu à Saint-Malo, bien sûr mais pas beaucoup.

 

Il paraît que fidèles à la légende, ils étaient souvent enfermés dans leurs chambres à boire de la vodka jusqu’à des pas d’heure.

 

J’en ai croisé un dans une grande surface qui achetait de la vodka. Petit pied, il n’a prix que six bouteilles.