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L'Ange du Bizarre - le blog de Jean-Pierre Dionnet

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GLENAT ? OUI, MAIS GLENAT Espagne (7)

jeudi 23 septembre 2010 par "Jean-Pierre Dionnet "


Et puis la vie de Fernando Fernandez, je l’ai un peu lu comme la mienne, la manière dont une bande de copains arrive à devenir forte en se réunissant pour faire ce qu’elle a envie, de la bande dessinée, lui il a connu la guerre mais il était tout petit, moi on me l’a raconté après, on vivait à la campagne puisqu’il y avait encore les tickets de rationnement, et plus fortement en Espagne moins en France car le Général de Gaulle qui se battait comme un diable face à l’hégémonie américaine, nous avons tous, partout en Europe, subi et adoré dans un premier temps cette invasion de la culture américaine qui quelque part nous a fait, et qu’il ne faut pas regretter car culturellement c’est de là que nous venons, il y aura la BD et ensuite le rock’n roll : nous sommes tous, jusqu’à en gros le moment où les anglais, les Beatles et les autres groupes anglais, nous prouvèrent que la vérité pouvait venir d’ailleurs, des enfants d’Amérique.

 

Plan Marshall pour l’Espagne et forte présence américaine en France, je pense à la manière dont nos rockers européens découvrirent la musique US dans les P.Xs, ce magazine pour G.I. où les adolescents français d’ailleurs allaient trouver, bandes dessinées et disques, en cachette et avec la complicité des G.I., qui définitivement allait balayer notre culture d’avant.

 

A propos de Fernando Fernandez, faites attention à ce que je vais dire car à un moment cette maison faite par une bande de copains, tout comme j’allais avec une bande de copains participer fugacement à « L’Echo des Savanes » puis au lancement de « Métal Hurlant », fut mon ennemi.

 

Eux aussi voulaient envahir le monde entier, sortir d’Espagne, la raison était essentiellement économique. La raison pour moi était hégémonique, mégalomaniaque. Ayant été conquis par l’Amérique, je voulais conquérir l’Amérique à mon tour et quand arriva « Heavy Metal », assez vite, Toutain qui était malin commença à leur vendre des planches.

 

Au début, « Heavy Metal » c’était du pur « Métal Hurlant » puis en cours de route, les rédacteurs en chef changeants, il y en eu certains qui se dirent que tant qu’à faire si on payait les planches un peu moins cher ça serait mieux.

 

Il y en eu d’ailleurs d’excellents qui venaient d’Espagne, mais ce n’était plus mon « Métal Hurlant » et j’en ai voulu à Toutain. Mais d’un autre côté, quelques années avant, quand j’étais encore en train de me construire, j’allais souvent en Espagne et j’étais fasciné par les travaux par exemple de Juan Gimenez encore auteur de science fiction ou par les petits westerns espagnols étranges qui paraissaient en France en petit format. On le connait maintenant par l’humour grâce à « Fluide Glacial » mais il fut un moment un maître d’une science fiction ludique et très mode qui m’enchanta. Je me rends compte maintenant que j’avais tort d’en vouloir à Toutain, il défendait son épicerie et moi la mienne. Car la seconde partie du livre parle de ce redéploiement des espagnols en Amérique et ailleurs. On aperçoit tous ceux que j’ai aimés, les Béa, Fernando Fernandez, Maroto et les autres. Mais fin de l’aparté, il ne faut donc pas m’en vouloir : je vais essayer d’oublier cette guéguerre qui maintenant me semble si lointaine.

 

La suite demain.