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"Le Jour où ça Bascule" : interview de Boulet

lundi 8 février 2016

Y'a-t-il eu un « Jour où ça Bascule » qui vous a amené à devenir dessinateur ?

J'étais étudiant en école d'art à Strasbourg. Je devais participer à un concours de dessin, mais par paresse, j'ai manqué la date limite pour rendre mes dessins. Au lieu d'essayer de rattraper le coup, j'avais décidé à la place d'aller boire un coup. Sur le chemin du pub, je suis tombé sur un de mes amis qui rentrait chez lui préparer ses dessins pour le concours : il m'appris que la date limite venait d'être changée et que nous avions du temps supplémentaire pour rendre notre travail. Je me rendis malgré tout au pub où après avoir beaucoup bu, je décidais finalement de participer au concours. Complètement ivre, j'ai dessiné une page. J'ai gagné la troisième place et ma page fut sélectionnée pour une exposition. Un éditeur l'a vue et me donna par la suite mon premier projet, qui a donné suite à d'autres, puis à des albums…

Tout ça parce que je suis tombé par hasard sur un ami dans la rue.


Comment avez-vous réagi lorsqu'il vous a été proposé de participer à cette anthologie et lors de la découverte de la liste des autres auteurs ?

Ma première réaction fut de dire « Oui », tout en me disant « Ce doit être une erreur, mais restons naturel. Ils me prennent peut-être pour quelqu'un d'autre ».


Y'a-t-il eu un « Jour où ça Bascule » que vous auriez voulu vivre et qui aurait pu changer votre carrière ?

Non. J'ai la chance d'avoir toujours fait ce que je voulais. Je n'ai donc aucun regret d'un point de vue professionnel. Je suis heureux de faire ce que je fais aujourd'hui, et tout ce que j'ai fait par le passé a contribué à m'amener là où je suis aujourd'hui, donc je ne changerais rien.

Evidemment, certaines de ces décisions ont énormément influencé ma vie personnelle et je me dis souvent « que serait-il arrivé si... », mais cela relève plus de la curiosité que du regret !



Lisez-vous des auteurs non européens ? Lesquels vous ont inspiré ?

J'ai grandi avec beaucoup de bandes dessinées ! Mes plus fortes influences restent malgré tout Franquin, Moebius, Quino, Gotlib et beaucoup d'autres. Lors de mon adolescence, j'ai découvert le manga et ai été énormément influencé par Otomo, Toriyama, Rumiko Takahashi…



Aimeriez-vous collaborer avec des auteurs étrangers ?

Je suis beaucoup plus à l'aise pour travailler seul, je ne collabore donc qu'avec des amis proches. Mais ça ne me déplairait pas d'être le « stagiaire qui apporte le café » à des auteurs tels qu'Eichiro Oda ou Otomo. Et si jamais un spin-off parisien de Walking Dead est réalisé, je veux le dessiner ! J'adorerais dessiner un Paris dévasté et infesté de zombies.


Avez-vous déjà répondu à un email d'un « millionaire » nigérien ? (rires)

Figurez-vous que j'ai connu quelqu'un qui l'a fait ! C'est une histoire incroyable, mais à la tournure assez effrayante (harcelement téléphonique, menace de kidnapping…). Je ne prendrais pas le risque !


Votre histoire est-elle liée au fait que vous soyez très actif sur internet ?

Oui, je suis un grand fan de légendes urbaines et histoires effrayantes. Internet est comme un cerveau géant, doté d'une grande capacité de réflexion, avec une énorme mémoire et de puissants outils de création, mais il aurait tendance à être emporté par ses rêves et à délirer. C'est un cerveau géant à la fois fou et génial.


Vous avez mentionné vouloir dessiner une version parisienne de Walking Dead. Quelle serait votre méthode de survie face à une apocalypse zombie ?

Paris a beaucoup d'avantages. J'irais à Montmartre (terrain en hauteur, rues étroites faciles à barricader). Ou mieux, j'irais au sud de la France où je connais des villages médiévaux fortifiés : des collines avec de hauts murs renfermant de très faibles populations, le tout cerné par des forêts remplies d'animaux. Avec une poignée de survivants nous fabriquerions des leurres pour les zombies (par exemple : mettre la musique à fond au pied d'une falaise pour attirer et faire tomber les zombies d'en haut). Grâce aux barrières naturelles (rivières et collines), nous pourrions délimiter un large périmètre de sécurité. Ensuite, nous prendrions des mesures de sécurité : obligation de s'enfermer à clé pour dormir, pour ne pas pouvoir sortir et mordre quiconque en cas d'infection etc…

Les héros de cette série sont parfois tellement bêtes... Hey Rick, pourquoi tu creuses pas une tranchée remplie de pointes autour de la prison ? Tu avais le temps et la main d'œuvre pour le faire. Pense « médiéval », bordel !



Quelles sont vos lectures du moment ?

Je lis Saga, étrange, beau et novateur, j'adore ! Je lis également One Punch Man et je suis assez curieux de voir la tournure que cette série va prendre. Carnet de santé foireuse par Pozla est un très beau livre traitant de la lutte de l'auteur contre la maladie de Crohn. Enfin, je lis LastMan de Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville, car j'y trouve tout ce que j'aime dans la bande dessinée, et de plus réalisé par des auteurs que j'apprécie !


La suite pour vous ?

Deux gros projets :

- Infinity8, une série de 8 livres écrits par Lewis Trondheim et Olivier Vatine et publiés par Rue de Sèvres. Un Space Opéra géant avec beaucoup de dessinateurs. Je dessinerai le 7ème volume.

- Bolchoi Arena : ma nouvelle série. Je scénariserai et mon ami Aseyn assurera le dessin. Ce sera une longue histoire prenant place dans un futur proche. J'y traiterai de l'espace, de la réalité virtuelle, de l'intelligence artificielle… Ce sera mon premier long projet comprenant tous les sujets auxquels je suis attaché. Le premier volume paraîtra en 2017 chez Delcourt.


Et peut-être d'autres choses si j'arrive à trouver du temps libre !


Visitez le blog de Boulet : bouletcorp.com

Le Jour où ça Bascule, anthologie en librairie.


Tags : Interviews